mercredi 23 décembre 2015

HELDEN DER PROVINZ - DIE BLUMENTOPFERDE

(2015)


  Vous connaissez Montreal ? Un groupe de power-pop, pop-punk, ramonescore à tendance post-blink. Super groupe, je vous le recommande vraiment, surtout si vous commencez à être un peu blasé du fatras dégueulasse anarcho-crust. Je sais pas pour vous mais moi mon immersion dans le punk rock au début était à mille lieues des pochettes en noir et blanc avec des photos d'enfants carbonisés au Vietnam ou des aiguilles d"héroïnomanes survivant dans un squatt autonome. Tout ça c'était pour les intégristes et les dépressifs de merde trop à fond dans une anarchie mortifère. Alors oui c'est sûr le monde est moche et injuste et ça fait parfois du bien les disques immondes mais dans le fond ? Viens forcément le moment où la boucle est bouclée et où se retrouve bien las de toute cette merde de rebelles provinciaux. A l'image des super-héros  un brin au bout de leur peine sur la pochette, ces héros de province pour le coup certes déguisés plus comme Batman ou Nova que comme de simples crêteux gauchos à la con (où est la différence au final ?), vous en aurez marre et vous retournerez là où pour vous tout a peut-être commencé. Non pas le bar, vers le son honni par les trve punkers jusqu'au-boutistes qui ont bien vite oublié qu'au début punk et pop étaient frères.


  Ah oui, je parlais de Montreal en guise d'intro et  vous lisez un "article" sur die BlumentoPferde. Pourquoi ai-je pris donc ce chemin tortueux ? Hé bien parce que Montreal est le groupe qui m'a lentement remis dans le droit chemin malgré les tentations extrémistes, et que die BlumentoPferde  n'ont fait qu'enfoncer le clou. Née en 2002, la formation transpire encore aujourd'hui la période bénie de la fin des 90s-tout début des 00s où le punk à roulette californien et ses équivalents d'Outre-Rhin étaient à leur zénith. Instinctif et léger, leur son empreint tant des Ramones originaux que des Ärzte (dont vous trouverez carrément des extraits à chaque tiers de l'album !), n'en oublie pas d'être porteur de mélodies travaillées et de variations d'ambiance bien vues. A mi-chemin entre insouciance et douce mélancolie, se dégagent pour les connaisseurs différents parfums qui vous rappelleront à n'en pas douter vos années acnéiques. Dès l'introduction, 'Nichts verpassen', tout est posé de façon magistrale : refrains accrocheurs, chorus cataclysmiques, breaks bien tournés, solis jamais superflus, le cahier des charges est dûment rempli sur près de 15 pistes. Jadis Nevermind et plus récemment Kotzreiz avec le désormais reconnu 'Punk bleibt Punk' avaient opté pour une voie similaire, même si ici le côté bubble gum est nettement plus marqué.

  Tout comme leurs inspirateurs, outre une musique accessible et immédiate, l'ingrédient bonus miraculeux ce sont encore une fois les paroles. Ici ce sont les histoires de cœur et autres relations entre homo sapiens qui occupent le gros des sujets traités, avec un chant certes basique mais rudement efficace. Justes et jamais injustes, sensibles, porteuses d'une certaine réflexion sur la vie, les paroles n'en oublient pas d'être touchantes ('Noch niemals' vous mettra sans doute la larme à l’œil si vous êtes germanophone) et parfois simplement drôles. Ainsi 'Und manchmal Manowar' est une très bonne analyse de certaines relations asymétriques que l'on a tous eu l'occasion de croiser et les interjections diverses sur 'Für dich (Bimm bimm)' font mouche avec le reste du texte nettement plus sérieux.  Un autre trait particulièrement agréable est que l'ensemble même si hautement critique - ça reste du punk quand même !- est largement sous-tendu par un propos positif, chose qui manque à l'abîme des groupes de vilains pas beaux de l'Anarchie de la mort qui tue.


  Au final, une des très bonnes surprises de l'année. Tout simplement. A l'heure où l'on sort des simulateurs de MSN, un excellent moyen musical de bondir de 10 ans dans le passé. Mais sans nostalgie béate, oh non !




Recommandé, globalement tout mais plus particulièrement :
- 'Nichts verpassen'
- 'Und manchmal Manowar'
- 'Auf vynil'
- 'Für dich (Bimm bimm)' et son xylo de Netto 3000
- 'Noch niemals'
- 'Alles muss raus'
- 'Im Nacken', une des plus tristes du lot

Note : la chro qui m'a convaincu de jeter une oreille à cette galette (VA).

jeudi 12 novembre 2015

FLIKICIDE - FLIKICIDE

(2010)


  Faisons court, faisons bien. Flikicide est une de ses petites découvertes francophones qui valent vraiment le détour. Rien que le nom vous donne d'emblée une indication du niveau des mecs. Incompromission complète. Ensuite leur origine géographique joue largement en leur faveur : les Vosges. Je ne sais pas si vous connaissez les Vosges. C'est joli les sapins et les maisons à écailles mais niveau social ça craint. Avant-poste de la diagonale du vide, parangon de la civilisation française, les Vosges sont une terre sacrifiée où seul l'alcool peut encore vous donner une raison de vous lever le matin. Pour oublier que vous êtes une merde dans un monde capitaliste loin des "ghettos" multikultis surmédiatisés depuis près de 35 ans. Telle est la tragédie de l'Est Républicain.

  J'ai coutume de dire ici-même que le punk rock français est un peu à l'image de l'ensemble de la culture de cette non-nation qu'est la France : merdique, pourri, flétri, mort-né car ranci par des aïeuls bien loin des rivages keuponniques véritables. Fuck le dada, fuck Sartre, fuck la musette populaire, fuck Gaultier et les Rita Mitsuko. Saloperies bourgeoises imposées par les relais de propagande socialo, traîtres démagos des classes populaires. C'est évidemment inexact il y a même au sein de cette République dévoyée des groupes qui valent la peine (Charge 69, Hexazone) et Flikicide est l'un d'entre eux.

  Unique démo de la formation à ma connaissance, leur EP de 2010 constitue une de ces baffes dans la gueule qui vous rappelle qu'au milieu de toute cette mélasse death/black/grind/doom le punk rock est le meilleur style du monde. Ou presque. Dès l'intro on retrouve toutes les vraies racines du hardcore brittannique (UK Subs etc...) mais avec une vitesse d’exécution plus frustre, stressée et actuelle, et même un peu de groove. L'orgie auditive à mi-chemin entre colère, mélodie, frustration et quasi-épique. Les morceaux plus compliqués qu'ils en ont l'air, se révèlent une piste de jeu intéressante pour des riffs certes classiques mais fort bien tournés, une basse ronde et présente, et  enfin une batterie qui a intégré les codes du genre au mieux (vrai D-beat, breaks à tome basse, roulements à l'anarcho et cymbales sur chaque temps, tout y est, vraiment !). Du punk pur jus comme on se désespère d'en trouver en Gaule.

  Le chant n'est pas en reste. Difficile avec cette langue de Molière bien pauvre en intonations de faire quelque chose qui a de la gueule, mais ici force est de constater que le résultat est étonnamment corrosif et urgent. Les textes pourtant riches sont débités à une vitesse plus qu'adaptée au reste et avec une force de conviction gueularde que l'on pensait cantonnée aux terres germaniques. Les chœurs sont également présents et exploités très judicieusement.  Enfin au niveau des paroles, LE point sensible en général, comme le révèlent les pages intérieures de la très bonne pochette on a le droit à quelque chose de très engagé comme disait la prof de français névrotique qu'on a tous eu au cours de notre parcours scolaire. Mais pour une fois engagé ne veut pas dire encarté et complice du système, loin de là.

  Montrant clairement les dents les anti-flics primaires n'y vont pas par quatre chemins. Visant principalement les forces de l'ordre, expression la plus concrète de la Staatsgewalt, les anti-chtards n'ont pas peur. Si je ne partage pas cette attitude extrémiste envers les forces de l'ordre, rempart contre bien pire 95% du temps, les agressions contre l’État, le capitalisme et le patronat "local" qui pourrissent la vie de millions de gens au quotidien sont assez jubilatoires. Le groupe prône donc une certaine violence, avec comme toujours en France des postures anti-fascistes attendues mais pour une fois vraiment anars, loin des komsomleries. Dernier point discutable peut-être, le choix de l'extrait du journal de France 2 au début de 'Corruption', mais vous jugerez sur pièces.


  Ah oui, faisons court, faisons bien qu'on disait en début de page. Au final, à deux trois positions gauchos bien franchouillardes près, Flikicide, chapeau bas, vous êtes le meilleur groupe keupon francophone que j'ai écouté de ma vie !

Ne pouvant mettre directement la vidéo en bas, cliquez donc ici.

Recommandé : tout !

lundi 5 octobre 2015

FASZINATION WELTRAUM - FARIN URLAUB RACING TEAM

(2014)


  Alors oui, c'est sûr on pourrait aborder Echosmith (non, j'ai pas honte), Tony Montana ou la quinzaine de skeuds de black/thrash plus ou moins redondant qui ont été streamé sur mon Mac de petit bourge de merde, mais je vais me contenter d'aborder la musique qui me berce en secret depuis tant d'années, la worldmusic tendance afro-beat. Aujourd'hui je vous embarque donc pour un voyage auditif au Swahili, avec la troupe des tambours de oh et puis merde, direction l'Allemagne comme d'hab'. Et même on va remonter aux sources de mon immersion dans le deutschpunk en abordant le dernier rejeton de Farin Urlaub, LE mec qui quand j'avais 13 ans m'a poussé dans les bras du punk allemand. Farin à part qu'il ait l'air immortel et qu'il soit indirectement responsable du fait que vous lisiez ces lignes, est passablement connu pour être une des deux têtes pensantes des géniaux et cultissimes Ärzte. Mais les années passant, il faut croire que même dans le meilleur groupe du monde on commence un peu à se faire chier, aussi dès 2001 M. Urlaub entama le sombre chemin des side-projects, d'abord en solo puis carrément avec toute une Racing Team. FURT ou ce qui ressemble à une officine occulte Ärztique était né.

   15 pistes se trouvent sous cette très belle pochette. Connaissant l'Allemand on s'attend à trouver une certaine volubilité, voire versatilité avec une partie de titres orientés clairement pop (bonne pop on s'entend), une autre plus rentre-dedans, le tout noyauté par de bons gros étrons typé acoustique ou jazzy. Et bien on en a pour notre argent ! L'album commence sous les meilleurs auspices avec 'Mein Lied' et 'Dynamit' et son riff oriental particulièrement vicieux, deux bombes dignes du meilleur du pop-punk de la fin des 90s et très proches de l'album '13'. 76 figure sur le maillot de Herr Urlaub, vous pensiez vraiment que c'était innocent ? Non, c'est bien sûr pour nous rappeler que les fondamentaux sont toujours là sous la couche de maturité, Pistols et Ramones hantent toujours les aspects les plus punks de l'album ('Keine Angst' et son rythme bien old school). On peut se réjouir car sur ce genre de morceau on retrouve une plus grande technicité à la guitare qu'à l'accoutumée avec la présence de soli mélodiques rudement catchys et émotifs, amenant un réel plus à l'ensemble. Une bonne surprise, Farin Urlaub disant lui-même être plutôt médiocre techniquement parlant.

  Je parlais de worldmusic dans l'intro mais ce n'était pas que pour troller dans le vide, en effet l'album aborde l'air de rien une variété de registres assez importante et on est ainsi confronté à plusieurs des marottes de Farin U., le flamenco, le ska, le music hall et la pop sirupeuse des 70s, généralement mâtinés de lignes pop légères voire dansantes quand ce n'est pas la ballade triste (la bien nommée 'Das Traurigste'). Parfois se contentant d'être juste sympathique pour ne pas dire de second rang -'AWG', 'Heute tanzen'- ces morceaux offrent cependant une belle rampe de lancement pour des textes plus intelligents et sensibles que ceux des standards de la pop radiophonique. Abordant une flopée de thèmes, Farin nous livre ses états d'âmes et ses réflexions sur la vie nous régalant en métaphores parfois absconses. Difficile à résumer en quelques phrases, mais disons qu'il se place en observateur un brin caustique du quotidien quand il ne verse pas dans les sentiments simples mais exprimés avec une honnêteté qui fait mal au cœur. Côté chant, comme côté production, c'est un sans faute, tout concourt à donner une vie propre à chaque chanson.



Au final, au vu de la qualité de cet album et de sa très forte ressemblance avec les titres de 'Auch' ou 'Jazz ist anders', on peut se poser a question si être fan de die Ärzte ne se résumerait pas simplement à être fan de Farin Urlaub tout compte fait. Vous aimiez les Médecins ? Vous aimerez cet album, garanti, on est loin d'y écouter les chutes refusées par le meilleur groupe du monde.



Recommandé (entre autres, 80% vaut la peine) :
-'Mein Lied'
-'Fan'
-'Newton hatte recht', putain de Ramones encore et toujours eux
-'Dynamit'
- 'Herz ? Verloren !', le single un peu poussif du truc mais qui passe bien
-'Was die Welt jetzt braucht'
-'Keine Angst', vraiment prenante

dimanche 27 septembre 2015

MOTORSÄGE - INKASSO MOSKAU

(2015)


  Dans mon post précédent je passais en gros mon temps à me plaindre en anglais que ma vie était difficile jadis, que j'étais un pauvre petit et blabla et blablabla... Pour redresser un petit peu la ligne éditoriale de ce navrant blog, je vais donc vous convier -auf französisch natürlich- à vous livrer mes impressions sur un album bien sale comme vous les aimez. Certes il y a eu pas mal de galettes venant d'horizons divers ce mois-ci, et de dans tous les styles, mais c'est avec celui-ci que je vais relancer cette bonne vieille mule qu'est richtermusik. Asseyez-vous confortablement, graissez vos tympans, on y va.

  La Sainte Patrie Germanie a celà de bon qu'elle enfante des groupes avec de vraies racines punk à la pelle, et qu'en général ils restent relativement fidèles à leurs inspirateurs, même lorsqu'ils vont voir un peu ailleurs et se décident à incorporer des éléments plus exotiques. Nous venant directement d'Osnabrück, Basse-Saxe, le combo déboule d'emblée avec un 'Nicht besser.Neuer' à la première partie dévastatrice. Du sludge épais et malsain au possible que l'on ne pensait pas forcément retrouver en keuponnie allemande. Ce morceau d'attaque est tout à fait révélateur de l'esprit du groupe qui se situe dans le magma hardcore/sludge/death des premiers jours avec toujours de fortes réminiscences de punk hardcore, pour le coup plus américain qu'allemand. C'est donc autant une musique d'ambiance que droit-dans-la-face à laquelle nous sommes invités à assister, à l'image des premiers Sepultura période 'Arise' . On trouvera ainsi des accélérations bien marquées comme sur 'Das gibt Ärger' ou sur le bien mal nommé 'Wir kommen in Frieden', les plus 80er deutschpunk du lot, ou des ambiances puisant dans les classiques de l'extrême ('Aufregen' et son passage black), ce qui devrait suffire à faire plaisir aux amateurs de son "non-mainstream". Les éléments les plus convaincants de cette recette étant certainement que les parties punk sont vraiment punk (avec D-beat et tutti quanti) et que le dosage est bien équilibré sur l'ensemble de la galette (pas d'overdose de drop ou de double-pédales, pas de solo foireux).

  Au niveau du chant on retrouvera par contre avec plaisir, une voix dans la plus grande tradition du deutschpunk ras-du-front (plutôt orienté 80er pour les plus spécialistes d'entre vous), à la Vorkriegsjugend. La production légèrement étouffée rend justice à ce chant  typé ainsi qu'aux sonorités de langue de Goethe, sèches et intransigeantes, idéale pour camper une atmosphère pesante et menaçante. Les paroles, parfois difficilement intelligibles il est vrai, viennent compléter ce panorama plutôt sombre et désolé, où flotte l'incompromission et la rancœur (les "Arme Schweine" scandés de 'Frei zu atmen' donnent le ton). Assisté parfois de chœurs  puissants, le frontman nous livre une vision crépusculaire terrifiante car ô combien terre-à-terre, bien plus efficace que le charabia satanique avec lequel on nous a rabattu les oreilles pendant 20 ans.

  Au final, depuis le temps que les styles jugés comme extrêmes se côtoient il était tout naturel de voir émerger ce genre de production au mitan de bien des horizons. Le fait qu'un groupe allemand amène le savoir-faire (anti)national est par contre une réelle bonne surprise. Un album comme disent les collègues de Thrasho et Métalorgie "solide", c'est-à-dire qu'il ne marquera pas une génération de fans en délire mais suffisamment peaufiné et radical pour qu'on s'y retrouve.



Recommandé :
- 'Aufregen'
- 'Nicht besser. Neuer'
- 'Wir kommen in Frieden'

samedi 19 septembre 2015

RAINY CITY SOUNDTRACK

Today in the mood of telling my life. Again...



  I never found a job where I could use my "scientific" skills despite all what the nice Sanofi/Novartis/Bayer/whatever propaganda shows us. You know I'm talking about the commercials exposing us those smiling happy people from several multicultural backgrounds wearing white coats or blue ties, all living peacefully in the best of the worlds and all aiming to give Mankind a brigther future. They represent a living nightmare for me, the physical expression of the inhumane capitalist system we're trapped in. As I grew older, all my ideals are facing reality, and somehow I'm starting to bow before the system like everyone before me did.

 But what I always refused, even when I was just a kid who had no idea what anarchy and capitalism really meant, was to be like the lame white trash piece of shit I grew up with. They even hadn't the opportunity to live the slave life of their fathers and to work 45 years in the same factory and to drink cheap wine in order to forget their shitty lives. I had to live within the French Republic most of my life, and you all know french economy is not really that strong anymore. The future for us kids of the old damned streets meant unemployment and misery despite the "Equality of chances" motto every government tell us every fucking day. Lies, lies just fucking lies...

  The only thing that hold some of its promises was school. Since I was 13 I dreamt to leave my shitty country and to get a better life abroad. I never did it. All I did was to go at the university, to learn tons of shit you couldn't even care less about biochemistry, cell receptors, DNA structure and so on. In order to do so I moved from my hometown to the "next big city" when I was 17. The first year there I lived in a project and I was too young to have a day job according to the french law, so I walked a lot in the streets and started to really  understand what the punks said back in the days. This world was insane. Capitalism was insane. I was trapped and had no hope to be more than a consuming slave, this was supposed to be the meaning of my life, just like yours.

  This week I left the day job I had since I opened this shitty blog. I had no choice but to go back to this fucking city I hated so much. Nothing has changed, except people seem even more inhumane in 2015 with their connected devices and their PC hipsterish attitude. Quite naturally I wanted to share with the whole world the records that remember me the most the harsh days I had ages ago. To be more precise, I've listened to some of them only years later but they reflect how I felt back when I left home (this is the main reason why you won't find here any Adolescents, Anti-Flag or Exploited records I listened to death just a few months earlier).


13. Alvin és a mókusok - Jézusnak volt-e szakálla? (1995)


 I already talked about most of the records in this list elsewhere on this blog, and this one makes no exception. To be honest Alvin és a mókusok is one of the bands I respect the most on this damned planet and I heard most of their stuff. But it all started by chance. The French late 90s-mid 00s "culture mafia" encouraged youngsters like me  to consider hip-hop and especially "french rap" as the music of our generation. French rap dealt mostly about smoking weed, lives of barely criminal losers with various african/"peace-loving" backgrounds and cops hate. Greeeeeaaaaaaaaat...When I was 17 I was already totally fed up with this bullshit, so I searched more acceptable stuff (and ideas!) in the East. The first band I found was this one and I immediately loved them. Musically speaking Alvin was something really new to me, and the quite lo-fi quality helped me to get even more into their stuff. I didn't understand a word of hungarish, but that didn't bothered me at all, the music spoke for itself. Today like yesterday I still found this record so fucking cool, I can't explain it with better words.


12. Def Leppard - Hysteria (1987)


  This album is a little bit special for me since it remembers my childhood as well as this annus horribilis. In fact I'm pretty sure this has some freudian explanation, like the will to go back to some mental placenta in a depressing time. I knew the days where hair metal ruled the world, I can't help !







11. Smashing Pumkins - Siamese dreams (1993)


  Before I was into punk and into more extreme stuff what bothered me was grunge. Grunge was a word who meant nothing as there never was a grunge wave in France. We had a lot of shitty pop rock with french lyrics but nearly none of them could be considered as grunge or whatever-else-could-had-been-close-enough-to-be-relevant. They were all dicks. The only true marking grunge event was Nirvana playing at "Nulle Part Ailleurs" back in '94. The television rock experts liked to tell the country that real rock was dead back then, but as I was one of those who dreamt of a movement more than of a fashion I started to look for grunge bands, and was disappointed most of the time because I generally found alt-rock in disguise without any impressive sound. Pearl Jam ? Not my thing. Soundgarden ? Not bad, but not so great. Grunge seemed to be just a marketing brand before I found the perfect grunge album with the fuzzy drab guitar sound I always loved. Adolescent music right, but one of the best of this kind.



10. Debil - Die Ärzte (1984)


  I made me only one true friend at the end of my first year in the rainy city and guess what he wasn't even French. He gave me this record after he heard me "sing" some lines from 'Meine Freunde' (on '13') with really bad german grammatics. He thought it could be useful for me to start with "the starter" and that I could finally have a true physical german record to listen to over and over. I started to learn german again with those guys. I discovered deutschpunk with them.  And until today I've never regretted both, so if you ever read this FG, thanks a lot !




09.Aus-Rotten - The System works for them (1994)


  I said about 10.000 times that american punk rock is not really that great and that it has been over-hyped since the Internet came to our houses. But in another hand half of the records that changed my life come from the USA. This one belongs to this category because it's officially the one that made me fall into anarcho-punk. Raw, definitely angry and bitter, the first time I heard the opening song was one of those musical kicks in the ass you remember all your life. Filled with the good old anarchist rethoric I somehow searched for most of my youth, you can't go wrong with this classic.



08. Defiance - No future no hope (1995)


  A few months after Aus-Rotten's masterpiece I discovered another of those american punk rock albums I still consider today really enjoyable. Even more pessimistic but with way more melodies this 90s East Coast gem put the things on simple terms : like the Sex Pistols said there is no future for us, and we have to keep in mind that in the capitalist game we also have no hope for better times. Punk rock ruined my life ? Pretty much.







07. Midnight Oil - Redneck Wonderland (1998)


  During my last year in what we call "lycée" and the rest of the world calls "high school" I started to listen to more agressive bands than the classic rock ones we all know by heart (Cranberries, Oasis, Blur, U2, blablabla). But the record that I listened the most before leaving my hometown was probably this one. The music isn't as complex as their earlier stuff and has somehow a 90s punk rock flavour on some songs, but it's still diverse and well-built. The lyrics are among the most politically aware I've heard (ecology guys, real ecology... plus some forgettable anti-white angst) and Garett's voice is sick as fuck. When it came out, they all talked about that Marilyn Manson dork, but this is way darker than any satanic crap. In the train to Rainy City I took only a few records from the lycée, but I took this one.




06. Normahl - Blumen im Müll (1991)


  For 90s brats like me german punk started with Terrorgruppe or Wizo songs we downloaded as mp3 or bought at the local punk shop near Kaufhaus. But even beginners had to face one day or another the older bands, and my favourite one during those days was Normahl. They managed to fuse the old hard rock sound à la Guns'n'Roses with classical deutschpunk elements. On this record some songs aren't really good, because they sound too volksmusik that's true, but others are fucking killer like 'Drecksau' or 'Keine Ueberdosis Deutschland' and are definitely a must hear for every deutschpunk fan. Using a close formula, I started to listen to death some months later das Untergangskommando, one of the best punk band from Germany, but Normahl will forever be linked with my first days in the rainy city.


05. R.E.M - Automatic for the people (1992)


  I listened from times to times to R.E.M. but this band was never a huge influence for me, just like Björk. Anyway those "old" crytpic, folky and depressed songs resume quite well the general atmosphere of my flat. Sad, grey and resigned... Hopefully I've never been that much into such pop songs, otherwise you would read hisptermusik not richtermusk...







04. AC/DC - Back in black (1981)



  In my early teens AC/DC was my favourite band, so quite naturally I took with me to the rainy city what's one of their best records. Those who grew up with this band know that somewhere there's always a little bit of AC/DC left in our lives.








03. The Offspring- The Offspring (1990)


  Of course back in '98 even the french pop radio played Offspring songs, but not the best ones that's for sure. Once I knew they were pretty fly for whites guys, a friend gave me some of their songs. 'Black ball' and 'Tehran' convinced me that this band used to be pretty good at being a real punk band in their early days and just as I left my hometown, I started to listen a lot to this record, way more than at the lycée. As I rowed the streets alone I started to understand what the early Offspring expressed. After this one came the older 80s hardcore bands from California, but this record is definitely my favourite among all.




02. Sonic Youth - Day dream nation (1988)


  In my late teens I found most of the people stupid (me included sometimes...) and that got me on my nerves. It was then pretty obvious I didn't wanted to listen to dumb music, like the one french radios promoted. Teenage pop-rejection, that's the only way guys. Inevitably I crossed Sonic Youth's path some day and their "no wave" concept sounded somewhat interesting. Back in those days I enjoyed a lot modern art and happened to visit some galleries filled with snobbish and rubbish people. It was funny, from times to times entertaining, but it seemed those arty autists missed most of the time their encounter with the outside world reality.  I always felt the same with Sonic Youth. They were intelligent and had a real artistic approach of rock music for sure, but in the end they were just old white snob new yorkers who happened to play in a band and to know Andy Warhol and Kurt Cobain. Sonic Youth was maybe the smartest band I ever listened to but it was the last one of the kind. Today ? I listen to dumb music with lyrics as "Fuck you all. Fuck off", and I'm totally fine with it.


01. Nirvana - Outsecticide I (1994)


  Which band embodies more than Nirvana teenage angst ? Of course it isn't original at all to talk about them, but I have to face the truth, Nirvana was the perfect soundtrack for uncomfortbale days like the ones I lived. Some days I hate this band...but fact is they still belong to the "great" bands of my early life. As a kid I wore the flanel shirts like Kurt Cobain did, as a teen I had some long hair just like he did and I learned a lot about rock music while listening to Nirvana. I always had the feeling that grunge could have been something much bigger if Cobain didn't blew himself, and we wouldn't had to bear 15 long years of hip-hop supremacy. In those depressing times I faced songs written by someone who had summed up the whole rock history and couldn't face anymore his own neurosis. Fascinating but frustrating. On this unofficial bootleg stands everything I liked with Nirvana. Especially this almost pop touch along with this heavy punk attitude à la Melvins (if I knew who the Melvins were back then, I would have been a huge fan of them I guess) you could find in the underrated Nirvana songs. As a child 'In Utero' had a significative impact on me and ten years later the songs on this compilation had the same effect.



dimanche 23 août 2015

KEINE HALBE SACHEN, NUR HALBE LITER - ÄRGER

(2015)


  Quand je m’ennuie vraiment je vais faire un petit tour dans le café dansant de ma tante Gerda. Gerda a des goûts un peu particuliers mais de par sa connaissance poussée des lieux à fréquenter dans la punkerei d'Outre-Rhin, elle se révèle souvent être intéressante. Parfois un peu trop snob pour moi et parfois de très bon conseil. Aussi quand avec mes potos zikos on a décidé de faire un point sur nos connaissances respectives en crust, vint la question qui devait fatalement me tomber sur le coin de la figure : "Et au fait, ça existe le crust allemand ?". Euh... à part Alpinist, 17th November et des groupes un peu à la masse/limite post-emo (brrrr....) du genre je ne voyais rien d'aussi puissant  que ce que les Suédois, les Américains ou même les Anglais avaient pu produire. Alors j'ai demandé à Gerda, et elle m'a ramené la démo d'Ärger.

  La pochette met de suite dans l'ambiance et c'est sans surprise que10 pistes déglinguées et volontairement lo-fi nous attendent. Dès le premier morceau on retrouve ce qui a fait la force du genre, depuis les pionniers de Conflict jusqu'aux derniers rejetons de cette facette extrémiste du rock. Une basse rondouillarde et inquiétante, des stridences acides à la guitare et une batterie brouillonne mais terriblement énergique sont au menu d'un ensemble bruitiste et urgent qui vous projettera d'emblée dans une atmosphère de nervosité et de rancœur sur fond de déclin civilisationnel. Du lourd. Un pur concentré de punk radical et bien dans ses bottes qui sur certains riffs vous offrira votre dose d'énergie salutaire, et même parfois un peu d'espoir ('3 chords', 'Tyrannosaufusbecks', 'Straszenkampf' ). La cassette compte par contre malheureusement certains autres passages plus dispensables à l'image de 'Aufdiefressekonferenz' confinant aux limites du médiocre.

  Au niveau des paroles on reprend son guide de "comment faire du punk pour les nuls" et on applique la méthode un chapitre/une chanson. Tout y passe, sans finesse, sans originalité mais toujours en tapant juste.
L'ethos est respecté à la règle, nazis, politiciens, et petits cons vegans/straight-edges sûrs d'eux-mêmes et de leur connaissances en punkologie sont clairement visés. Toute la mythologie punk à base de contestation, de "pennerviolence" et de rejet aigri du monde est bel et bien là, tournée de la façon la plus authentique qui soit avec un propos plus malin qu'il n'y paraît. La palme revient à 'Pulverfass' qui résume tout avec un laconique "No speed ? No punk ? Fick dich." Le seul bémol est le chant un peu trop étouffé et émotif auquel il faut s'habituer avant de profiter complétement de l'ensemble. Un parti-pris risqué et qu'il faut savoir accepter dans le contexte du reste. Enfin, mention spéciale aux nombreux extraits de reportages ou autre mises en abîme sonores, rudement bien choisis.

  Au final une bonne grosse claque dans la gueule à la fois deutschpunk et anarcho-crust qui vous tirera 5 minutes de votre confort matérialiste et vous prouvera que le sale punk de merde en révolte de vos 15 ans n'est pas tout à fait mort. Théorie et pratique se conjuguent ici au service d'un très bon album, direct, nerveux et frappant là où ça fait mal. A réserver aux amateurs éclairés.








Recommandé :
- 'Straszenkampf'
- 'Szenekrieg'
- '3 chords'
- 'Naziscum'
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vendredi 24 avril 2015

IMMER WENN ICH MUSST DU - SUPERNICHTS

(2010)


 Avant d'aborder frontalement le cœur du sujet je vais vous parler un peu de ma vie, puisqu'un blog est essentiellement une mise en avant narcissique d'un individu. Tous les jours ou presque pour me rendre sur mon lieu de servitude appelé "entreprise" je traverse deux zones bien distinctes : une grosse banlieue, bien grise, bien dégueu, bien française dans le fond malgré ce qu'en dit le FN, et ensuite un joli petit coin résidentiellement ennuyeux avec des gens tatillons et attachés à leurs rosiers. Je déteste les deux à peu près autant, les prosélytes nouveaux et les joggingmen valant dans le fond les MGEN à la retraite et les propriétaires votant PS "parce que ce sont des gens biens". Si vous avez un peu trainé sur richtermusik, vous savez que je me suis fortement intéressé à la mouvance punk, et plus particulièrement à son expression allemande. On trouve un peu de tout dans la keuponnie germanique, depuis le gros hardcore furax anti-capitaliste, anti-national et anti-religion jusqu'au pop-punk le plus juvénile et faussement inoffensif. Jusqu'ici j'ai beaucoup parlé des groupes haineux typés "Banlieue", il est temps d'aborder le côté "Suburbia". Et personne en Germanie n'exprime le vide inhérent à cette zone que Supernichts.

 Supernichts ou en VF " Super rien" -tout un programme-, est loin d'être un groupe débutant. Fondé en 1993, ils ont pondu une tripotée d'albums tous plus ou moins sympas et abordant essentiellement la stupidité de la vie quotidienne dans les zones qu'il est convenu d'appeler "pavillonnaires, essentiellement blanches et de classe moyenne". Leur dernier effort en date n'est pas bien différent au niveau des thèmes abordés mais il tape toujours autant là où ça fait mal avec des textes mi-ironiques mi-descriptifs. Oubliez la quincaillerie classique antifasciste, embrassez la réalité bien concrète et bien plate de nos vies. Depuis le début du punk il y a des groupes qui délaissent la lutte des classes pour mieux nous raconter des tranches de vie mettant particulièrement en lumière les contradictions de notre société occidentale (les autres on s'en bat les steaks, elle sont encore plus caricaturales trolololololo). Ainsi on a régulièrement droit à des histoires d'amour vides ('Nur du und ich un Dr Hartz', 'Gesternauseinandergelebt' ), des hymnes au rien du tout ('Die blöde Welt','Schlecht in kleinen Dingen') , et quelques regrets diffus quant au manque d'alternative viable à ce fatras illusoire appelé civilisation. Mieux que de regarder un journal de Jean-Pierre Pernaut ou TPMP en s'étouffant tellement le spectacle est navrant.

  Musicalement je vous le dit d'emblée si vous aimez le ramonescore un peu péchu, c'est l'orgie. Sur les 20 morceaux, il y en a 18 qui envoient du pâté du début à la fin. Si vous avez retourné 'Insomniac','Milo goes to college' ou les premiers Terrorgruppe, jettez-vous sur Supernichts ! Les morceaux sont courts, simples, furieusement mélodiques et vous scotchent dès la première seconde tant de par leur songwriting doux-amer que par l'énergie dégagée par le groupe. Un doux parfum d'années 90 flotte sur l'ensemble mais le propos est des plus maitrisés entre des choeurs bubble-gum, des solis bien rocks des plus réussis et une production quasi-parfaite venant mâtiner ce bon vieux son punk tirant juste ce qu'il faut sur la pop.
  Certes la musique en elle-même dévoile son ingénieuse composition au fil des écoutes, mais le chant lui aussi vous colle de suite dans les tympans. Claires, simples, sans trop de sonorités volksmusik les lignes mélodiques sont idéales pour être apprises rapidement. Le chant donne une réelle plus-value à l'ensemble et assène le côté pop, joyeux, mutin la plupart du temps sauf lorsqu'il se fait plus mélodique, éclairant les textes sous un angle plus mélancolique ('Welcome to bungalo ghetto', 'Dass endlich mal was anfägt','Mittelscheitel'). Seules petites erreurs sur la galette, une ballade au texte bien vu mais à l'instru trop convenue ('Ihr mal wieder') et 'Im Flaschenmeer' trop rock teutonique pour moi.

  Au final, un excellent album de pop-punk qui reprend là où les choses en étaient restées début 2000 mais le fait rudement bien. Un des skeuds que j'ai le plus déglingué cette année ! Comme je le dis souvent sur ce blog, un pure pépite made in Germany qui s'attaque à Suburbia en jouant sur toutes les émotions et en nous racontant des histoires simples mais pleines d'esprit. Le punk c'est parfois la politique de ceux qui n'aiment pas la politique mais parfois c'est aussi juste une critique de la société beaucoup plus facile à embrasser. Pourquoi choisir entre le A cerclé et l'épingle à nourrice ?





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- 'Welcome to bungalo ghetto' ô Suburbia


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