samedi 28 novembre 2015

TOXOPLASMA - TOXOPLASMA

(1983)


  Toi qui traines sur Internet tu as peut-être un point commun avec moi : je hais les lol-cats. A vrai dire je n'aime pas trop les chats tout court. Ils sont égoïstes et volubiles, sans aucune loyauté pour la plupart d'entre eux. Parfait étendard des branleurs génération Y. De plus ce qu'ignorent les poufs-poufs 2.0 qui se pavanent de selfie en selfie sur les réseaux asociaux c'est que leur petit matou chéri, via ses crottes est vecteur d'un parasite qui pourra changer leur future grossesse en cauchemar : Toxoplasma gondii. Toxoplasma ? Asocial ? Oh non, qu'avons-nous fait malheureux ? Nous avons invoqué un des Grands Anciens du Deutschpunk ...

  En effet comme les autres de la litanie 80er, Toxoplasma n'est pas là pour rigoler. Sur fond de riffs acides et déglingués de la grande période du premier punk allemand, les Toxis nous disent grosso modo qu'il détestent le monde entier. Un cri du cœur, un cri de révolte contre ce qui constituait le paysage stérile pour la jeunesse ouest-allemande coincée entre le BILD, les crypto-nazis devenus bourgeois respectables et la peur d'une invasion soviétique aussi libératrice que dévastatrice. Zeitgeist. Bref tout y passe, les flics, l'armée, l’État, les poseurs, la bombe atomique, la drogue, Toxo c'est des vrais ! Ah oui on nous parle aussi de problèmes d'acné persistant ('Teenage Frust'), preuve qu'un peu d'humour subsiste même chez ces désespérés-là.

  Sur la forme inutile de trop s'étendre mais si vous aimez Inferno, Razzia ou les Vorkriegsjugend, foncez, le son est du même tonneau. Flirtant constamment entre mauvais goût  (les psaumes de 'Danke', le break amoureux de 'Polizeistaat') et un hardcore  frustre mais pas forcément dénué d'intérêt inspiré par les dernières lueurs de la deuxième vague brittannique d'alors, le groupe sait faire varier son style de jeu juste assez pour ne pas devenir lassant. Les similitudes avec des formations comme Abrasive Wheels sont assez intrigantes ( l'intro d' 'Ordinäre Liebe') et se font plus ressentir sur les passages les plus mélodiques, plus rares que les décharges agressives mais qui viennent aérer l'album agréablement. Furieux et bileux Toxoplasma n'en oublie pas de vous fournir des refrains aussi crétinisants que répétitifs, dirigés vers une efficacité assumée, qui resteront dans votre cervelle pour toujours. L'album se vit comme une dose à prendre d'un coup entre deux moments de politiquement chiant pour retrouver un peu de rationalité dans ce monde pourri.

  Certains passages vaguement rock'n'rollesques venant diminuer un peu l'impact du hardcore brut de décoffrage sont par contre à regretter, mais c'était les années 80 après tout, le punk rock venait tout juste de se démarquer du rock. Enfin niveau chant, les amateurs de hip-hop  -Dieu seul sait comme je les aime- serons ravis de trouver ici un bon flow de l'iconique Wally Walldorf  usant de techniques vocales similaires à celles de leurs idoles quand il ne se met pas tout simplement à gueuler de la façon la plus jouissive qui soit. Musique urbaine, han, branleurs de merde, vrai reconnait vrai.

 Au final, le punk ouest-allemand des années 80 dans ce qu'il a de plus crasse et de plus cru. Einfach ein klassiker !



Recommandé :
- 'Polizeistaat'
- 'Ordinäre Liebe'
- 'S.O.S.', die Welt untergeht !
- 'Teenage Frust'
- 'Asozial', un hymne
- 'Pass dich an', pour tous ces connards réacs

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