mercredi 13 mai 2015

GEBLITZDINGST - DRITTE WAHL

(2015)


  Curieux visuel avec lequel nous accueillent les Rostockois de Dritte Wahl pour leur 9è album. Tommy Lee Jones dans son costume d'agent de liaison galactique s'emploie à nettoyer notre cerveau de tout ce qu'il aurait pu voir (ou entendre !) de compromettant au cours de la toute dernière heure. Dritte Wahl serait-il en train de nous dire qu'un complot mi-illuminati mi-alien façonne les destinées du monde, nous poussant à devenir des consommateurs obèses bien stupides tandis qu'ailleurs s'étripent des sectes apocalyptiques ? Pas vraiment. A titre personnel, j'ai plus le sentiment qu'ils veulent tout simplement nous éblouir avec leur dernier-né.


  Poursuivant leur volonté de de se renouveler, les derniers des survivants encore intègres du "Big 4 du deutschpunk des 90s" (Untergangskommando, Terrorgruppe, Dritte Wahl et Wizo) s'orientent dans une direction à la fois très grand public et fidèle à leurs grandes heures de jadis. Mélangeant toujours de manière plus fine leur propre signature à des influences diverses et variées dont je vous laisserais seuls juges pour apprécier et décortiquer, il parviennent à jouer une déclinaison magistrale de leur propre catalogue. Les Dritte Wahl restent tour à tour, planants, touchants, bas-du-front "à la deutschpunk" quand ils ne se décident pas à intégrer des Rammsteineries électroniques aux arrière-goûts de Neue Deutsche Welle voire de Neue Deutsche Härte ! Leur palette lorgne donc toujours sérieusement sur le metal industriel et sur la pop un brin virile, mais les fondamentaux sont toujours là, un petit rythme bien lourd et carré, des riffs simples et en tension, un phrasé mi-crié mi-rappé, pas de doutes on est bien avec les Rostockois. De même les solis sont travaillés et aérés, et jamais gratuits, ce qui amène une plus-value difficile à obtenir pour bien des groupes et qui dans le cas présent est en osmose avec le reste.  Très appréciable !

  Certes il reste quelques bouts de teutonades quelque peu indigestes mais quand on prend les morceaux dans leur ensemble on se rend compte que ce n'est jamais tout à fait fortuit et que ces moments apparemment en-deçà ne servent qu'à amener une suite d'une tout autre facture. Mention toute particulière pour les ambiances touffues et peaufinées, qui m'ont fait bien plus penser à un certain sextet germanique qu'à n'importe quel autre skeud d'origine keuponne estampillé made in Germany. Une production impeccable qui montre le statut à mi-chemin entre underground et mainstream que DW a atteint ces dernières années. Un grand écart parfaitement maîtrisé pour un des meilleurs groupes d'Allemagne toutes catégories confondues.


  Après 'Gib acht' on pouvait craindre une baisse de régime mais une fois de plus les textes ne sont pas en reste. Touchant nos pauvres âmes consuméristes modernes dans ce qu'elles ont de plus sensibles, DW n'oublie pas de montrer les dents quand il le faut et de réaffirmer leurs racines contestataires à l'occasion. Sur les 12 pistes on abordera volontiers les sentiments dans un registre introspectif mais on retrouve les traces de la guerre, de l'appel du large et de la répression sociale au détour d'un moment un peu mélo. On passe des larmes refoulées, à la colère contre ce monde injuste puis à la contemplation de notre propre vie dans l'immense Univers toujours en mouvement au fur et à mesure que les pistes s'égrènent. Le chant toujours simple est également dans la continuité de 'Gib acht' mais se fait encore plus mélodique sur l'ensemble de l'album. Alors oui, ça gueule toujours sur quelques pistes mais le plus clair du temps ce sont des mélopées mi-douces mi-amères que l'on découvre. De quoi faire chialer dans les chaumières et regarder pensivement autour de soi.


   Au final, pas besoin de s'étaler, si ce devait être le dernier album que j'écoutais dans ma vie, celà m'irait tout à fait. 'Geblitzdingst' est le premier album datant de 2015 pour lequel j'ai un vrai gros coup de cœur.






Recommandé :
- 'Der Spiegel' qui tape très fort tout de suite
- 'Stillstehn' aux faux airs de 'Spieluhr' et de Sportfreunde Stiller
- 'Sirenen'
- 'Teufel und Dämonen', die alte Schule ist immer noch da !
- 'Immer aur der Reise'
- 'Zu wahr um schön zu sein', d'habitude pas mon genre mais là ça passe bien.

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