jeudi 6 novembre 2014

TRUE NORTH - BAD RELIGION

(2013)


  A l'heure où j'écris ces lignes, celà fait plus d'une année qu'est sorti cet album et si initialement je n'avais pas prévu d'en faire une critique sur ce blog miteux, à force de l'écouter au fil des mois mon avis a changé. Oui car cet album tourne régulièrement sur mes platines depuis sa sortie, signe que s'il n'est pas une claque musicale, il n'en a pas moins le potentiel d'intégrer le haut du panier musical de ces dernières années.
Pour certains, dont je fus, le sextet trentenaire de Californie n'avait plus grand-chose à amener se contentant d'un doux ron-ron à base de mid-tempo lorgnant plus sur R.E.M que sur le vrai punk rock. Tel un vieux tapis sympa mais tout de même élimé Bad Religion traînait dans le décor depuis au minimum 15 ans.

    A en croire les membres du groupe, ils ont sorti cet album parce qu'ils en avaient envie, plus que par une quelconque volonté mercantile. Et celà se voit. Musicalement ne vous attendez pas à une évolution ou une révolution dans leur son. A proprement parlé, rien n'a vraiment changé dans leur recette, on retrouve tous les réflexes et gimmicks d'un punk rock mélodique, bien plus célère et profond que sur leurs dernières productions. Ainsi dès la première piste l'accroche se fait d'elle-même et les titres se déroulent sans aucun effort. Chacun a son cachet propre et une ambiance qui lui est propre, même si le plus clair du temps on reste sur du D-beat maitrisé, des pistes mélodiques solides mâtinées de solos très rock avec également à l'occasion une pointe de dissonance morose. Bref, un quasi sans faute qui rappelle l'excellent 'Suffer' mais un brin plus raffiné et peaufiné, et ce même si l'on retrouve des similitudes avec certains morceaux du passé ('Hello cruel world' notamment). L'album ne souffre réellement que d'une seule piste faible, 'Dharma and the Bomb' qui semble assez hors de propos au milieu du reste tant son aspect garage, pour ne pas dire Hanna-Barberesque, tranche avec ce qui suit et ce qui précède.

   Au niveau du chant Greg Gaffin opère toujours avec la même alternance efficace entre un chant clair simple mais mélodique et un phrasé punk beaucoup plus speed pour ne pas dire quasi-rappé. Il n'en fait que rarement trop dans les intonations émotives ou les variations de notes et c'est bien comme ça. Assisté par ses comparses opérant de façon régulière en chœurs polyphoniques à la Beach Boys, Gaffin peut à son aise débiter du texte. Car oui, chez Bad Religion les lyrics ne sont jamais en reste et forment bien souvent l'ingrédient qui donne toute sa saveur à l'ensemble. Préparez-vous donc à sortir vos dictionnaires et vos guides à métaphores, car le verbe est ici manié d'une façon bien littéraire comparé au reste de la punkerie habituelle. On vous racontera d'une façon parfois cruellement émotionnelle le grand vide désabusé de l'Occident moderne débarrassé du superflu historique, ou simplement des états d'âme plus personnels mais toujours teinté de ce gris salace qui colle si bien à ce qu'on appelle "réalité". Quelques entorses à cette règle cependant qui renouent avec l'attitude bas-du-front tant apprécié dans le punk rock, avec 'Nothing to dismay' et le très simplement nommé 'Fuck you'.

Au final, aussi incroyable que celà puisse paraître et comme le disait un estimé "confrère" de Kerrang! (magazine ayant  publié bien des âneries), il est vachement bien le dernier rejeton de Bad Religion. On était en 2013, et un groupe de la seconde heure du punk ricain parvenait encore à botter des culs comme à la grande époque. Oui, Bad Religion vous offre un vrai album de punk rock, incroyable je sais.



Recommandé : tout, évidemment.

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