lundi 3 novembre 2014

PRESUMED INSOLENT - THE ADOLESCENTS

(2013)


  Si vous appartenez à la même sphère musicale que moi, vous devez connaître le répertoire de the Offspring par cœur. Et pourtant, aussi bon qu'il fût le groupe d'Huntington Beach n'a absolument rien inventé. Ils ne se privent d'ailleurs pas de le dire en interview et citent régulièrement leurs inspirateurs. Parmi ceux-ci the Adolescents est peut-être la formation qui a le son le plus proche des superstars du vrai faux punk des 90s. Comparez par vous-mêmes le premier opus de chaque groupe et vous m'en direz des nouvelles. Quand j'étais moi-même un adolescent, ce groupe là était comme un mythe. Durant cette période où les plusqu'irritants weshs weshs n'étaient pas encore foncièrement islamisés et se contentaient de porter du Sergio Tacchini bleu fluo maculé de tâche de pisse, l'opus de 1982 de ces Américains-là résonnait comme ce qui avait été jadis là-bas la parole des petits blancs vénères comme moi. Un album au son encore très rock mais porteur déjà d'une haine de la société de consommation et de la morale bon ton des bourges. The Adolescents c'était un phare dans la médiocrité oppressante du quotidien entre maisons en briques et tours de béton. Par la suite les autres albums, introuvables à cette époque, se sont révélés très moyens voire carrément médiocres et le mythe s'est quelque peu brisé. Aussi quand sortit en 2005 'OC Confidential' et surtout en 2011 'the Fastest kid alive' la stupeur fut au rendez-vous. Je ne suis pas du genre à blâmer un groupe facilement, accoucher d'un album correct peut être un vrai chemin de croix, mais j'avoue avoir été sceptique à l'annonce du troisième opus des éternels ados après leur retour par la petite porte.

  Musicalement, on est heureusement dans la pleine continuité de 'The fastest kid alive' même si le propos est un peu plus péchu dans l'ensemble. On reste donc sur un punk rock mélodique pas très extrême et marqué par les solis aux accents très Beach Boys, parfois assez longs, de Steve Soto (ce qui est loin d'une mauvaise chose). Son style proche de celui du guitariste historique que fut Frank Agnew s'accorde bien avec l'ensemble sous-jacent plutôt joyeux et orienté "punk de plage à la californienne" introduisant réellement une ambiance particulière, tirant parfois jusqu'à l'onirique, carrément. Le songwriting s'avère donc simple et efficace, les morceaux restant facilement en tête grâce à une accessibilité immédiate et un sens de la mélodie poussée, marques de fabrique du groupe. Mais il y a quelques ombres au tableau. Ce côté très joyeux frôle la production Disney avec 'In this town everything is wonderful', le mid-tempo et certains accents terriblement rock'n'roll à l'ancienne font retomber l'intensité de l'ensemble comme sur 'Dissatisfaction guaranteed' ou sur le refrain de 'Snaggletooth and nail'. Un public existe pour ce genre de son, mais je n'en fais pas partie simplement, et ces incartades ont pour moi desservi le reste.

  Au niveau vocal, le chanteur phare des années 80 reprend là aussi du service et il n'y a rien à jeter. Certes son phrasé est simple et répétitif d'une piste à l'autre, mais ces interjections sont la base même du punk ! On notera un travail assez fourni sur les backing vocals, particulièrement suaves et bien ciselés, là aussi rémeniscent des Garçons de la Plage (ce qui est loin d'une mauvaise chose ici encore). Les paroles sont elles par contre plus contrastées. Le propos reste impertinent même si cryptique à l'occasion, et les paroles ironiques typiques des groupes californiens foisonnent mais il manque un peu de force à certains titres pour avoir un effet réellement dévastateur comme sur 'Broken window'. De même on retrouve bien une critique sociale mais elle est très édulcorée et on se perd régulièrement dans les affres de la vie très locale américaine, une très sale manie des groupes ricains qui m'a détourné d'eux. Rien à foutre des problèmes de la serveuse du Wendy's de Lake Placid...

  Au final, un album qui confirme que les vieux punks d'Orange County ne sont pas revenus pour se la raconter mais bel et bien parce qu'ils voulaient reprendre du service. Ses deux points faibles, des textes un peu légers et une inspiration parfois trop rock'n'roll, ne sauraient gâcher le plaisir de l'écoute globale et même s'il ne sera pas cité comme un pilier du Valhalla keupon dans le futur, cet album mérite de tourner en boucle. Dommage que ce groupe, un des meilleurs en provenance des Amériques, ne rencontre pas le succès qu'il aurait mérité. Mais bon, vous connaissez l'histoire aussi bien que moi...



Recommandé :
- 'The Athena decree'
- 'Forever summer'
- 'Conquest of the planet of the see'
- 'Riptide'
- 'Big shock rock'
- 'Daisy's revenge', so old school

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