dimanche 16 novembre 2014

LES WAMPAS SONT LA PREUVE QUE DIEU EXISTE - LES WAMPAS

(2009)


  John Lennon était un blaireau de première qui m'a toujours gonflé au possible. Mais quand il parlait du vin anglais et du rock français, il n'avait pas tort. Et pourtant, et pourtant... La France fut le théâtre d'un des tout premiers festivals de punk, et même les Londoniens, même les Pistols theirselves, ont un temps regardé ce qui se passait sur Paris. La France avait le potentiel, mais peut-être à cause de "nos" élites, "nos" pouvoirs publics et "notre culture" bien spécifiques la mayonnaise n'a jamais vraiment pris. Quand je vois ce que les Français appellent "punk" je ris et je pleure en même temps, ils n'y connaissent rien la plupart du temps et quand bien même, ils se retrouvent vite fait dans un groupe de variétoche déguisée à peine digne d'un Téléphone tatoué. Mais même si nous vivons au pays des idiots de la gauche hypocrite il y a quand même des gens biens.

  Je ne vous ferais pas l'insulte de vous présenter les Wampas, un des si rares groupes francophones à ouvrir de temps en temps sa gueule pour dire des trucs pas complétement cons, avec cerise sur la gâteau une attitude on ne peut plus" keupon des origines". Car avant que l'on en vienne dans les années 80 à l'équation punk = anarchie + violence musicale,  un esprit plus protéiforme et artistique caractérisait la mouvance punk, du moins en Europe. Le second degré cynique, la dérision et la corrosion des codes du mainstream étaient alors au cœur de la démarche des groupes, dans ce qu'on est venu à appeler l'école de 1977. C'est en puisant leurs références chez les tout premiers punkers anglais ou américains (ou  ce mec de Belgique)  que les Wampas ont forgé leur son, auquel ils sont extrêmement fidèles. C'est ainsi à un album plein de maturité comme disent les glands de journaleux que l'on a droit avec ce tout dernier opus des Parisiens. Les guitares et les mélodies encore empreintes de pop et de variété naïve molle du genou made-in-France flirtent constamment avec un début d'agression musicale des plus old school assez jouissif. Ne vous attendez pas ni à la baffe du siècle, ni à de la soupe à la Cali, vous êtes dans un entre-deux bien ficelé, changeant de degré de lecture avec malice, avec même, oui, incroyable pour des Français, un boulot technique pas dégueulasse et super accrocheur.

  Au niveau du chant la débordante personnalité de Didier Wampas habite chaque recoin de chaque morceau. En osmose avec les instrumentistes c'est bel et bien lui qui donne le ton final à chaque piste. Opérant dans un registre assez rien-à-foutre et pas toujours juste, Didier n'en assume pas pour autant des influences yéyé ou radio Nostalgie dont il use et abuse au gré des ses envies, d'une façon très similaire à celle du chanteur punk allemand Michel des ex-Untergangskommando. Frontman charismatique donc, remarquablement assisté par ses comparses aux back vocals.
  Mais vous vous en doutiez bel et bien, le clou du spectacle ce sont les paroles évidemment. Tout à la fois pétris d'une naïveté touchante, d'une sincérité vis-à-vis des sentiments trop rare en France et d'un mauvais esprit acerbe qui fait mouche, les textes sont fins et percutants. Citant à foison les figures que l'on voit tous les jours sur le PAF ainsi que d'autres éléments "culturels" du quotidien hexagonal, crachant dans la soupe mais véhiculant une certaine joie douce-amère également, il est intéressant de se perdre dans ce flot de mots bien tournés avec fond et forme au diapason. Je sais pas si les Wampas sont la preuve que Dieu existe, mais en tous cas ils ont tout compris à la vraie zik.

  Au final, un album punk et francophone de qualité bien sûr que ça existe, mais voilà dans les punkeries force est de constater que ces denrées sont rares. Opérant depuis leurs débuts dans une veine fidèle au son de 1977 dans la lignée des Damned et des Buzzcocks, les Wampas en se préservant du reste du microcosme culturel franco-parigo sont peut-être un des seuls groupes réellement punks et français, et ça le fait. Cependant on retrouve au niveau musical, LE gros travers des scènes françaises : une certaine mollesse et quelques moments téléphonés (humour lol) même si dans le cas présent tout est terriblement bien pensé et compensé par les paroles provocs et stupides de Didier Wampas.




Recommandé : globalement tout mais encore plus particulièrement,
- 'U.N.I.V.E.R.S.A.L.', berceau du bon goût français
- 'Elle est où ma loge ?' mais ouais putain ?
- 'J'écoutais les Cramps', tiens donc moi aussi
- 'Georges Marchais' lui aussi bien old school...
- 'Un dimanche à Strasbourg', on se fait bien chier à Stras le dimanche c'est sûr...

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