mercredi 15 octobre 2014

DIE KNOWING - COMEBACK KID

(2014)


  Tout ceux qui ont pour hobby la musique vous le diront, il y a deux sortes de groupes qui peuvent prétendre intégrer le panthéon personnel d'un auditeur : ceux que l'on cherche activement, et puis ceux que les autres, les potes, la vie, les médias, bref beaucoup de gens, vous imposent doucement mais gentillement au point que vous finissiez par capituler et les intégrer dans votre carte musicale du monde tout comme ceux qui vous ont montré ces albums maudits. Vous l'aurez compris, comme bien d'autres que je cite sur ce blog, Comeback Kid fait partie pour moi des seconds. Pour les rares personnes ayant échoué ici par pur hasard, je vais simplement vous dire que Comeback Kid était un un espèce de truc qui venait de nulle part (autrement dit le Canada... le Canada, bordel...), à moitié porté par une hype journalistique et à moitié par des fans dont nul ne soupçonnait l'existence jusqu'alors. Malgré donc ma réticence (des Canadiens qui jouent du hardcore à l'américaine ça manque de cachet à côté de mes maîtres à penser le hardcore d'Europe de l'Est ou de Scandinavie quand même) quand avec les copains on a voulu faire un peu plus méchant que reprendre the Offspring, on a repris Comeback Kid, mais jusqu'à l'indigestion, au point que 'Wake the dead' fait partie de mes albums des albums clés de mon parcours auditif. Malgré donc tout celà -et leurs horribles racines chrétiennes- je ne pouvais pas m'empêcher de la ramener et de vous donner mon avis sur le dernier-né de la formation.

  Passons un artwork passablement laid et insipide, comme il est de bon ton d'afficher pour un groupe de hardcore "évolué" et attaquons nous à la musique sans plus tarder. L'album s'ouvre sur un titre court et symptomatique des CBK, avec riff très aride et sombre, chant hurlé et chœurs d'outre-tombe. Approche accrocheuse mais on en demande plus. L'album est nerveux et pas aussi lourd que les précédents, avec un son se rapprochant plus de celui de leurs débuts c'est-à-dire presqu'exempt de breakdowns de 30.000 tonnes. Les lignes de guitare déchirantes typiques du groupe ont encore la part belle mais on sent également des influences nettement metal sur l'ensemble. Pour un peu les Canadiens réinventeraient le (crossover-) thrash sur certains morceaux, ce qui pour un mec comme moi qui a grandi avec Slayer dans le salon depuis ses 2 ans, tombe un peu à plat. C'est sympa, mais comme souvent on sent que le groupe reste dans un entre-deux qui personnellement me déplaît assez. Hormis ces passades se rapprochant d'un Municipal Waste 0% de testostérone, on a droit à un album solide qui n'oublie pas de que dans hardcore punk, il devrait surtout y avoir punk... Ainsi les derniers titres et notamment 'Sink in', étonnamment joyeux, retrouvent des structures des plus roots, simples et efficaces comme chez les grands anciens de New-York, ce dont on ne peut que se réjouir.

  Niveau vocal, vous connaissez l'adage, "Pourquoi changer une équipe qui gagne ? ", hé bien c'est exactement ça. Au chant officie toujours Andrew Neufeld qui nous offre là une performance assez impressionnante. En effet bien que conservant une voix très portée sur l'arrière gorge, il chante véritablement ses cris, dans un registre plus direct, plus punk que sur 'Broadcasting' ou 'Symptoms + cures'. Le résultat est percutant et les sing-alongs s'enchaînent sans aucune difficulté, donnant une grande nervosité et une énergie terrible, presqu'infernale, à l'ensemble. Les choeurs épais et fédératifs qui ont permis aux kids de Winnipeg de s'imposer dans la sphère du rock vénère sont également toujours présent, mais utilisés avec un peu plus de parcimonie, et ce n'est pas plus mal pour autant.

  Au niveau des paroles on retrouve les gros défauts des ex-Figure Four, partagés par l'ensemble de la scène hardcore nord-américaine. Les textes sont assez pauvres et se vautrent pleinement dans une quête confuse somme toute assez adolescente d'expression de sentiments ou de manque de repères. Ces pensées à la première personne ne m'ont pas fait vibrer d'un iota, même si elles doivent vouloir dire vraiment quelque chose pour Neufeld. Dommage, mais c'était attendu, le chanteur assumant lui-même cette faiblesse des textes.


  Au final, il faut plusieurs écoutes pour bien apprécier le travail et l'atmosphère de ce 'Die Knowing' mais les Canadiens ont pour eux la volonté de ne pas s'enfermer dans une redite perpétuelle. Moins lourd que le précédent opus, on trouvera les bons côtés du combo de Winnipeg dans une version réfléchie mais aussi des à côtés plutôt décevants pour tous ceux qui ont connu le vrai thrash, le hardcore suédois bien sale ou flirtent régulièrement avec le rock réellement extrême.




Recommandé :
- 'Die Knowing'
- 'Sink in'
- 'Wasted arrows'
- 'Beyond'
- 'Should know better'

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