mercredi 29 octobre 2014

20 JAHRE PUNK - ATEMNOT

(2009)


  Étrange époque que nous vivons, et ce même si toutes les générations nous ayant précédé ont pu dire de même. Étrange période où la technologie se fait omniprésente pour mieux faire ressortir les bêtes impies médiévales ou les pauvres hères pétris de pulsions auto-destructrices. Saloperie, une époque dévolue aux porcs de toutes les espèces, oui. Depuis que le grand rêve rouge s'est fendu et s'en est allé que nous reste-t-il comme lueur d'espoir, nous masse anonyme d'Occident ? Aussi paradoxal que celà soit à l'heure où Twitter et Facebook forgent les esprits et nous abreuvent de scènes barbares ou de commentaires abrahamiques malsains, le punk est ce qui reste de plus réjouissant pour le futur. Celà fait bientôt 40 ans que les premiers cris de révolte déchirèrent l'ennui du conformisme disco des 70s, et 30 ans que les punks allemands ne cessent de s'agiter.

  Parmi la myriade de groupes keupons enfantés par la Sainte-Patrie Germanie, il y a certains qui n'hésitent plus à regarder en arrière et à nous offrir ce que l'on nomme en bon français du son "old school" sans concession. Atemnot, groupe bavarois fondé en 1989 et ayant connu une histoire mouvementée est de cette trempe et fêta ses 20 ans d'existence officielle avec la sortie de cet album lorgnant définitivement vers ce qui fut.
  Si vous aimiez le punk engagé à guitare saturée pas très technique des Bérus et/ou si vous appréciez les punkeries de supermarché  du début des 90s vous devriez accrocher avec cette entité bavaroise qui se situe dans un entre-deux commun et accessible. Car outre la langue, la musique simpliste et pas très véloce pourrait tout à fait avoir sa place en Frônce, au milieu de ces groupes méconnus que je n'écoute jamais. Tout comme ces âmes perdues qui s'évertuent de manière mi-pathétique mi héroïque à vouloir propager la parole punk dans des bars vides à travers l'Hexagone Atemnot pratique une sorte de punk rudimentaire mais authentique avec toutefois un certain sens de la mélodie et de l'énergie. Si la guitare lead, omniprésente, sonne résolument eighties on trouvera à l'occasion d'agréables lignes mélodiques, une basse rondouillarde bien sympathique ou des changements de tempo intéressants, à rapprocher de ceux d'Alarmisgnal. Ainsi des pistes telles que 'Tommy', 'Tiere sind Lebewesen' ou 'Ein Feuer brennt in mir' s'imposent d'elles-mêmes tant le dosage est réussi entre tout ces ingrédients. On sent le groupe à l'aise dans ce son généraliste et celà vous rappelera forcément vos albums phares des années 80, un brin actualisés. Atemnot ne va jamais trop loin et ce n'est pas plus mal, pas besoin forcément de verser dans le crust, l'anarchopunk ou le hardcore pour avoir une légitimité punk.
  Les plus grincheux pourront déplorer l'usage de synthé sonnant Patrick Sébastien sur 'Winter in meinem Herz', une ballade en demi-teinte du nom de 'Der kleine Eddi' ou un son trop propre pour ce genre de productions mais qu'importe au final...


  Au niveau du chant on appréciera la prestation d'Einhorn dans la droite lignée de tous ces groupes à voix claires que je vous ai présenté jusqu'ici sur ce blog de merde. Une voix certes un peu rauque et virile mais là aussi pas d'excès. Au niveau des paroles on retrouvera ce même esprit légèrement frustre et amateur mais authentiquement honnête. Introspectif, simple et sans fioritures même si parfois maladroits les textes perpétuent ce que le deutschpunk a produit de mieux idéologiquement parlant. Les sentiments occupent une grande place et rejoignent souvent une critique sociale un peu vague mais très terre-à-terre. Ainsi les droits des animaux, la mort d'un punk tabassé par des opposants, la solitude, seront abordés avec toujours cette manière brute de décoffrage et un peu frustre, mais terriblement honnête. Pour beaucoup ces textes font qu'Atemnot est un groupe de merde, mais c'est précisément cet aspect provincial pour ne pas dire dorfpunk qui rend le tout crédible.

 Au final, Atemnot est un groupe de seconde zone, oui c'est sûr, et ils s'en tapent. La créature d'Einhorn livre de façon épisodique des albums datés et conformes aux canons édictés il y a longtemps, mais loin des critiques acerbes suscitées par une frange de la scène à leur encontre et malgré leur maladresse, on trouvera des morceaux dévastateurs de-ci de-là. A l'heure où les plus belles visions de demain se trouvent dans les œuvres de hier, il n'y a aucune honte à faire du old school...





Recommandé :
- 'Tommy', probablement le meilleur morceau sur les 13 présents
- 'Ein Feuer brennt in mir', oui celui du punk, on connaît l'histoire
- 'Es geht Berg auf'
- 'Tiere sind Lebenwesen'
- 'Feuer frei' le morceau le plus anthentiquement deutschpunk du tas

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