dimanche 21 septembre 2014

INZEST IM FAMILIENGRAB - TERRORGRUPPE

(2014)


  Oyez, oyez braves consommateurs de musique électrique et vaguement éclectique ! De tous les vertueux que l’Église de la Pogo-Anarchie (saws) comptent, bien peu peuvent se targuer de faire saliver les fidèles zélotes de la masse grise comme les Terrorgruppe. Ces prosélytes,  parmi les plus marquants de la division Alemania, furent de ceux qui me firent basculer comme tant d'autres à la fin des années 1990 dans la partie bassement crasse et anarchistoide de l'Univers (le Dar-al-Punk comme mes potos tabasseurs de kafirs disaient lors de mes douces années en "institutions-étatiques-c'est-pour-ton-bien-tu-sais-oublie-pas-de-voter-PS-quand-tu-seras-grand"). Forcément après près de dix années d'errance dans le désert des groupes splittés on ne saurait s'attendre à se retrouver avec un album de punk authentique mais on aurait bien tort de faire l'impasse sur cette sortie comme la presse spécialisée l'a fait avec le retour de Wizo.

  Les Berlinois ont adopté la stratégie inverse du trio de Sindelfingen et au lieu de nous balancer un grand nombre de morceaux d'un coup avec une promo de type "capitaliste", ils ont choisi de faire un retour à la régulière avec concerts à travers l'Allemagne et ses faubourgs accompagnés par la sortie d'un EP 4 pistes. Musicalement, le groupe reprend le chemin qu'il avait emprunté avec 'Fundamental' allant clairement dans les territoires de la pop, à l'image de ses vieux groupes de punk anglais qui se mirent à jouer du Buzzcocks popifié. Ce n'est pas désagréable, loin de là, mais si vous êtes venus à la musique par les voies dures sans avoir eu votre soupée de pop auparavant, vous serez décontenancé sans doute. Car oui, tout ici depuis la guitare ou le chant de MC Motherfucker jusqu'à ce nouveau clavier et à une production léchée, tout sent le rock garage et les années 60-70 jusqu'aux premiers remous du punk londonien. C'est roots à mort mais moi j'adore.


  Pour autant au niveau des textes, Archie et ses amis n'oublient pas ce qui fit leur succès : l'appel aux bas instincts, le mépris pour l'humanité et la dégénérescence, mots-clés fièrement imprimés sur leur tout premier album déjà. Au menu nous aurons donc droit à une exploration des bas-fonds de l'âme humaine sur un soundtrack bubble-gum. La première piste donne tout de suite le ton puisqu'il y est question d'inceste dans le caveau familial et autres saloperies freudiennes. Le second morceau sera un peu plus consensuel puisqu'on retrouve là une gentille critique sociale de l’État. Rien de bien fou mais ça passe toujours. Le troisième morceau quant à lui est le véritable point d'orgue du CD. 'Bulimie-Bettina' nous narre le combat d'une pauvre jeune fille contre son frigo et ses kilos d'une  manière pernicieuse, moqueuse et vicieuse digne d'un mauvais Tellement vrai. Du grand art exposant la bêtise et la vacuité de ceux que l'on appelle '"les gens normaux" au grand jour. Enfin la revue se termine par un thème plus classique, le matin post-biture,  avec 'Kotzende Teenager' un étrange morceau tirant sur la country -un des genres les plus craignos qui soit-  et qui vous rappellera sans doute qu'un jour ce fut vous le teenager dégueulant dans le caniveau.

  Au final, l'aggropop en tant que concept culturel fait son grand retour avec cet EP. Loin des déflagrations punk de jadis, ces ritournelles pop sauront se rendre indispensables tant les textes et l'attitude sont sales, vulgaires et un brin ringards. Assumément de très mauvais goût tant musicalement que visuellement, cet EP fait du bien aux oreilles mais j'avoue qu'il faut être peut-être familier du groupe et de sa philosophie pour accrocher pleinement.




Recommandé :
- 'Inzest im Familiengrab'
- 'Bulimie Bettina', aussi perverse qu'une pub L'oréal mais nettement plus drôle
 

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