dimanche 20 juillet 2014

DON'T WORRY ABOUT ME - JOEY RAMONE

(2002)


  Le punk rock est à mon sens quelque chose de profondément destructeur et je pense que les conservateurs ont bien raison de le condamner d'une certain façon. Le punk en effet se nourrit principalement de sentiments négatifs tels que la frustration, le fait de se sentir aliéné, le refus du conformisme et le rejet de l'ordre établi. On a coutume de dire que le néo-nazisme (ou le salafisme qui au passage ne vaut guère mieux) est une prison mentale, mais à travers le rejet complet de la société au nom de l'émancipation de l'oppression des autorités l'anarchisme associé traditionnellement au punk rock ne fait pas forcément plus dans la dentelle et peut conduire aux mêmes syndromes. Oui certes, le punk rock engagé dit la vérité, mais c'est une pilule rouge au goût bien amer. Et pourtant, même le punk rock a un côté plus désinvolte, sympathique et acceptable, incarné à merveille par les frères Ramones.

  Sorti très peu de temps après la mort du frontman du quatuor de vauriens new-yorkais le plus connu au monde, cet album est singulier à plus d'un titre. Unique album solo du chanteur il a quasiment une valeur de testament. Les chansons mielleusement pop abordent tour à tour semble-t-il les différentes pensées de Joey durant les dernières années sinon les derniers mois de sa vie et ce de façon très basique et personnelle. Les textes répétitifs et le plus souvent à la première personne ne sont que des pensées que le chanteur nous étale ici avec la voix calme qu'il a eu le plus clair de sa carrière et ce toujours avec le même éternel phrasé, lui aussi très simple mais efficace. Joey ne déroge pas à la règle des Ramones et nous parle un peu de tout, nous invitant dans son esprit où se trouve en premières places une certaine mélancolie, et pas mal de drogues. Le fond de l'album n'est autre que Joey Ramone qui vous parlera, comme un vieil ami vous parle, et c'est bien sa présence et le fait qu'il habite le disque qui m'ont fait aimé cet album, bien plus que ce qu'il a pu faire avec le groupe, même si dans le fond il n'y a pas grand-chose de différent.

  Musicalement, on aura donc aucune surprise. Le staff engagé par Joey joue du Ramones, c'est à dire un rock mélodique, simple, nourri à la pop mais tournant sur trois accords. Joey reste fidèle à son image de marque et ce n'est pas plus mal. Les morceaux ici sont d'excellente facture, peaufinés dans les moindres détails, alignant parfois des solis de guitare plutôt inspirés. On est donc sur un son typique des Ramones avec toujours ces rythmiques bien carrées, ce mid-tempo rock'n'rollesque et une touche un peu plus destroy dans cet ensemble très mainstream, flirtant carrément avec le rock le plus classique qui soit. '1969' ou 'Searching for something' sont à ce titre les morceaux se rapprochant le plus de ce qu'Iggy Pop ou même disons le carrément les Beatles ont pu faire. Mais il ne s'agit là aucunement de quelque chose d'inattendu, les New-Yorkais n'ayant jamais caché leur amour pour le "vrai" rock'n'roll bien loin de ce qu'est ensuite devenu le punk rock - et honnêtement on s'en fout pas mal dans le cas présent tant que c'est du rock bien exécuté.

Au final, comme s'amusait à le répéter un ancien bassiste "Ils étaient pas heureux ces mecs", mais une chose est sûre ils savaient écrire de bonnes chansons entre deux cures de désintox.




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