jeudi 31 juillet 2014

BABYMETAL - BABYMETAL

(2014)


  Vous savez ce que les gros nerds bien dégueulasses, tout binoclards et faibles, vivant encore chez môman aiment le plus au monde (à part la physique ou les maths, on s'entend) ?
Non ? Les animés et le metal, c'était évident pourtant !
 Les animes parce que :
- 1. ils offrent l'illusion d'une vie sociale et d'aventures, chose que les nerds ne connaitront jamais
- 2. le consumérisme qui les crée vous offre une pléthore de titres de plus en plus pointus, caricaturaux et abrutis
- 3. le Japon tel que fantasmé à l'Ouest, c'est avant tout une autre culture passionnante et trop à la pointe de tout et blablabla ta gueule affronte la vraie vie...
Et le metal parce que :
- 1. le rap c'est quand même la musique de ceux qui frappaient à l'école les nerds
- 2. c'est super technique, donc difficile et exigeant, donc pour les nerds qui ont rien d'autre à foutre
- 3. ça parle de mort et de Satan, et ça défoule entre deux leçons de clarinette et les Psaumes de pépé

  Et tout ceci une boîte de production nipponne bien capitaliste et bien cynique l'a tout à fait compris et digéré. Dans une optique aussi créatrice que celle de l'éditeur des cartes Yu-Gi-Oh!, ces astucieux salarymen vous proposent à vous, gros nerd pathétique que vous êtes, un nouveau spectre pour projeter vos fantasmes libidineux et vos pulsions de mort refoulées depuis si longtemps, Babymetal, dont "on" attendait l'album depuis bien longtemps. Tel Volksmetal le principe de ce "groupe" repose sur une idée qu'on a tous eu dans nos moments de gloire éthylique : " Hé viens on monte un groupe qui mélange le metal avec un style trop pour les pédés/viocs/bougn*** (les termes de langue "mec bourré" ont été ici retranscrits dans leur version originale, n'y voyez pas d'offenses minorités offenssables). Sauf qu'au lieu de gros Allemands à moitié chauves, on vous sert un trio de gamines en jupettes à frou-frou dont la plus vieille a 16 ans pour vous branler dessus. Tellement mieux.

  Musicalement, on navigue donc entre des nappes de synthé typiques de la merde en boîte estampillée made-in-Asia et un espèce de relent de death/thrash trop propre pour faire son effet à plein. Et on s'arrêtera là.  Certes, le tout est bien exécuté, les superpositions de sonorités et les progressions des morceaux sont bien bâties. Oui c'est vrai, les effets sont judicieusement utilisés, la gamine la plus vieille chante bien et le soliste vous ressort du pseudo-Dave Mustaine bien touné. Mais ça restera toujours de la merde trop artificielle pour que la mayonnaise prenne, rien à faire. Les assauts de double pédale les plus vénères et les riffs gras empruntés à un cousin bon ton de Slipknot ne parviennent jamais à balancer complétement les horribles sonorités Cantopop/J-pop/K-pop/Scheiss-pop ou les lignes de chant stupides débitées par ces pauvre filles manipulées. En un mot, il n'y a aucune atmosphère, juste un concept, une coquille vide et sans âme, comme 95% de ce que les Japonais exportent de leur culture moderne consumériste, cynique, vide de tout ersatz de réflexion.
Si la musique inspire des sentiments pour le moins mitigés, je ne vous ferais aucunement part de mes impressions "vaguement" hostiles quant aux textes (...) ou aux prestations scéniques voire à l'ensemble du visuel. A vous de juger par vous-mêmes l'état du massacre.

  Au final cet album est plutôt bien pensé et va au bout de son concept, et malgré toute ma haine envers lui, j'ai envie de dire qu'il est même carrément bien foutu. Mais plus que son exécution en elle-même, très honorable, c'est le fond de cette chose qui me dégoute. Tout le concept est repoussant, tout simplement, même si une telle production devrait faire son petit effet sur le Net. Au-delà du fait qu'on a là une trahison manifeste de la rébellion qu'incarnaient le thrash metal (le thrash metal c'est sacré putain !) et après lui de façon partielle le death metal, c'est surtout l'aspect commercial au possible qui me file la nausée, et m'a rappelé pourquoi je me suis mis à haïr la société consumériste superficielle dans mes jeunes années, bien plus qu'une Katy Perry ou n'importe quelle chanteuse de r'n'b francophone. Une fois n'est pas coutume je laisserais le mot de la fin à un anonyme de Youtube, qui résume tout en une seule phrase :  "I think Asians can ruin every single thing from western culture". Merci à toi Irwan Pakpahan.


Recommandé : pas vraiment et ce au même titre qu'Hatsune Miku.

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