mercredi 18 juin 2014

THE SATANIST - BEHEMOTH

(2014)


  Quand on regarde la gueule de ceux qui se réclament de Dieu, ce n'est pas toujours très glorieux il faut l'avouer. On trouve un beau ramassis de pervers, de peine-à-jouirs, des frigides masochistes ou simplement des gens encore plus intolérants que moi -ça existe, oui, oui, et il y en a plein même- du genre cryptofasciste de merde. Parfois on peut se dire que "l'autre côte de la foi" ne peut pas forcément être pire... Largement attendu et acclamé par la multitude des sites métalleux le dernier opus des Polonais était de ces albums que j'attendais patiemment, pour enfin me prendre une bonne grosse baffe, musicale on s'entend, dans la gueule. Alors ce sataniste, tient-il bien les promesses de Nuclear Blast ?

  Dès les premières notes l'ambiance est posée : lourde, mystique, épaisse, de la vraie putain de musique tendance malsaine. Les compositions arborent cependant un son un brin trop propret  pour faire réellement peur et les solis de guitare mi-heavy mi-prog partant nulle part, m'ayant fait lourdement penser à Enslaved, m'ont semblé un peu hors de propos au milieu de ce déchaînement de fureur froide. Il s'agit là des principaux griefs que j'ai à vous exposer.
  L'étiquette blackened death prend ici tout son sens, et les riffs typés TNBM faisant des saillies régulières au milieu d'un ensemble plus lourd -voire paresseux- sont là pour nous redonner le frisson originel, celui éprouvé lorsque nous découvrions hébétés la scène norvégienne, et nous sortir juste comme il faut d'un abrutissement agréable lié aux rythmiques death, dont Nile entre autres, n'aurait pas boudé la paternité de certains passages. Les morceaux se déroulent donc presque mécaniquement, imprévisibles, grandiloquents, envoûtants et mangeant aux deux râteliers des scènes metal extrême des années 90 dans un mélange savamment dosé. On a coutume de dire en Scandinavie que les Polonais volent tout ce qu'ils peuvent, hé bien Behemoth a tout pompé chez ses aïeux nordiques mais Nergal et ses amis ont réussi à équilibrer le tout d'une façon bien à eux.

  Au niveau des paroles Nergal nous régale en propos volontairement blasphématoires envers la Sainte Trinité et toute la quincaillerie, éructant, de façon bien cliché il faut le dire, des textes plus crétins qu'autre chose. A leur lecture je me suis souvenu pourquoi ado je trouvais toute cette vague sataniste complétement stupide : le satanisme, c'est avant tout se placer contre le Christ (le seul vrai Dieu et notre Sauveur à tous) mais sans avoir tout à fait les neurones nécessaires pour être un athéiste sans aucun cérémoniel et donc discret. Mais si l'on surmonte ce côté "crise d'ado métaphysique" on obtient là un ingrédient essentiel pour dresser une ambiance saisissante, sans compter que les voix secondaires et les effets sonores, surtout ces trompettes apocalyptiques, sont très bien placés renforçant efficacement cette voix écorchée typique du style.

  Au final, un album très dense, très complet même si pas parfait, mais assurément de très haute facture, réalisant pour une fois les promesses de sa campagne marketing. En ces temps où partout dans le monde les exaltés d'Allah, Bouddha ou Jéhovah prennent les armes, cet album tombe à point et remettra les pendules à l'heure chez certains moutons égarés, même si personnellement il n'a pas bouleversé mes vues spirituelles. En ces temps où ceux qui professent servir la Lumière me semblent bien plus habités par les Ténèbres, reste de la sympathie pour le Diable, comme disait un certain Mick Jagger, il y a de celà une éternité.



Recommandé : tout.

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