lundi 9 juin 2014

IN ZEITEN LEEREN KASSEN - ZAUNPFHAL

(2014)


  Ah Zaunpfahl...Encore une chouette histoire de la nébuleuse deutschpunk. Il fut un temps où "le Grillage" était l'espoir de la scène, les Terrorgruppe du futur, les Wizo de demain. Mais un peu comme Skid Row ne parvint pas maintenir le hair metal en vie, Zaunpfahl ne parvint à s'imposer avec force dans le paysage, malgré quelques morceaux anthologiques, restant un groupe plus ou moins sympa mais sans plus d'anciens étudiants avec ses fans dévoués... mais sans plus. A vrai dire, à l'époque j'avais été plutôt déçu par 'Musik' (que j'ai réécouté pour écrire cet article et qui n'est pas si mauvais que dans mes souvenirs) au point de ne même pas me pencher sur 'Frauen' en 2009. Aussi c'est un peu par hasard que je me suis décidé à jeter une oreille sur leur dernière production, un peu étonné aussi de les voir encore dans le business je dois dire, avant bien sûr de vous faire partager mon avis. Parce que je suis un gros connard prétentieux.

 Premier constat, Zaunpfahl n'a pas réellement évolué avec le temps. On retrouve donc sans surprises un punk rock plutôt accessible et facile à jouer, ne prenant pas franchement pas de risques. Tout est en place tant rythmiquement qu'au niveau des riffs ou des lignes secondaires de gratte. Ouais, tout sonne un peu trop prévisible et plan-plan si on veut voir le verre à moitié-vide. Pourtant, la production est très bonne, et on trouve une variété appréciable sur cet album entre les pistes mid-tempo ('Liebeslied) ou plus péchues avec à l'occasion un petit D-beat pas trop dégueulasse ('Überwacher', 'Zahltag'). Il n'y a que peu de morceaux où Zaunpfahl renoue avec ses démons rock'n'rollesques un peu mous et chiants, comme 'Hier sind wir Mensch' ou même pop sur 'Murmeltier'. Le trio de Poméranie a 20 ans cette année et on le sent, le propos est maîtrisé et les progressions sont bien vues, même si encore une fois très prévisibles.

Le chant, lui, est l'affaire des deux membres originaux restants et reste d'une bonne facture, avec une approche plutôt mélodique pour du punk allemand, sans verser trop souvent dans la teutonade pop indigeste. Là aussi il n'y a aucun changement par rapport aux opus passés, mais après tout pourquoi changer ce qui était efficace, hein ?
 Au niveau des textes on retrouve toujours cette même ambivalence entre critiques acerbes et critiques humoristiques de thèmes sociétaux, avec un brin d'émotivité. Les textes ont toujours été un point fort du groupe, et ici l'actualité la plus récente (NSA, dettes nationales entre autres) ou les choses plus éternelles comme les sentiments contradictoires sont abordées avec simplicité et sincérité, et sans trop de parti-pris politicard de bas étage comme les Toten Hosen par exemple savent bien en faire. De même les lyrics un brin débiles ou gentillement apolitiques ont cédé du terrain, ce qui n'est pas plus mal mais qui peut-être manquera aux fans de la première heure, très nombreux en France à n'en pas douter.

   Au final cet album aurait très bien pu sortir dans la bonne période de la fin des 90s et reste très fidèle à la façon de faire de l'époque, voire conformiste. Il n'en reste pas moins agréable à l'écoute et bien moins emprunt d'excursions vers les rivages plus mous et progressifs du rock que les albums précédents. Il est encore un peu tôt pour juger de sa durée de vie et de son impact sur la scène deutschpunk, mais c'est un relativement bon album de la part d'un groupe qui me semblait perdu à tout jamais.



Recommandé :
- 'In Zeiten der leeren Kassen' qui m'a fait pensé à Farben Lehre, je ne sais trop pourquoi
- 'Zahltag'
- 'Angst vor dem Moment' pour son solo bien adapté
- 'Sonne' très Zaunpfahl old school
- 'Toter Sohn'
- 'Überwacher'

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Articles aléatoires

Blogger