dimanche 4 mai 2014

WE CAN RESIST - 4SCUMS

(2011)


  J'avais juré que l'on ne m'y reprendrait plus. Hé bien trop tard, revoilà du punk russe glané au fur et à mesure de mes errements virtuels, entre du punk bolivien ou de l'anarcho-punk tout-féminin de Barcelone. Rien à faire, les internets si vous voulez du hardcore bien méchant arrêtez de vous branler avec les productions scandinaves et américaines, produits d'un Ouest libéral, décadent et faible, elles ont perdu de leur âme depuis les années 80 ! Orientez plutôt vos esgourdes vers l'empire orthodoxe et ses petits frères, tout pétris encore d'une haine contre la modernité que l'Ouest soit-disant libre entend imposer à tous pour satisfaire les forces du Capital amoral. Ouais 4scums est de cette trempe. Der Osten rollt, je vous dis... Et au passage admirez le nom du groupe, rappelant les antiques 4skins, mais en plus sale forcément, punk oblige.

  Musicalement la subtilité n'est pas de mise et le groupe lorgne sans vergogne sur les grands anciens -Varukers, Amebix et Exploités en tête- mais aussi sur toute la scène suédoise des années 80 que j'adore personnellement (Totalitär, Anti-cimex, Mob 47, etc...). Pas d'innovations ici, on retrouve tout ce qui a fait la force des groupes précédemment cités, à savoir une haine intacte contre le mainstream, une colère certes stérile mais jubilatoire et une bonne dose d'énergie. Le tempo est donc ici tout naturellement élevé, avec un D-beat très bien exécuté et mâtiné de breaks efficaces. Le chant est rauque et simple avec une paire de slogans scandés en guise de refrains, ainsi que des chœurs fédératifs dans la grande lignée du vrai punk hardcore européen. On trouve même des solis pas brouillons pour un sou, avec une touche rock'n'rollesque qui a de la gueule. Que demander de plus ?

   Au niveau des paroles je ne saurais vous décrire le contenu exact de ces douces mélodies, ma pratique du russe étant quelque peu limitée. Mais les traductions des titres parlent d'elles-mêmes : "Il n'y a pas d'espoir pour demain", "Jihad", " Maire Esvyukov - police bastard". Ca chie. Nous évoluons semble-t-il en terrain connu, reconnu et acceptable, pas d'infiltration de l'extrême droite la plus puissante et effrayante du monde dans votre cervelle via ce son hardcore que l'on aime tous (...).

  Au final, soyons succints, cet EP de 5 pistes râpe bien les oreilles comme il faut. Une bonne dose de fureur contre le monde ni plus ni moins en provenance directe de Leningrad. A présent vous pouvez vaquer à vos activités vaguement sociales (boulot, impôts...) avec un nouvel EP dans votre inconscient pour vous pousser à vous rebeller et gâcher ainsi votre vie. Спасибо !

  Il n'y a pour une fois pas de bonne vidéo à disposition via blogger (la Pravda me souffle à l'oreille que c'est parce c'est une boîte américaine libérale corrompue), alors je vous file leur bandcamp, parce que c'est bien connu, bandcamp est nettement moins libéral et corrompu. Mais promis c'est vraiment du lourd !




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