samedi 10 mai 2014

PRISM - KATY PERRY

(2013)


  Par où commencer ? L'autre jour j'étais sur une aire d'autoroute, hé ouais, et j'ai voulu m'acheter des disques. Oui, des CDs physiques.
Et si je suis reparti avec le 'Time waits for no slave' de Napalm Death au final, j'ai regardé le numéro un des ventes de la boutique : 'Dark Horse' par Katy Perry, forcément. Katy et moi avons échangé un long regard et je me suis demandé depuis combien de temps je n'avais pas aimé un album de pop anglo-saxonne bien mainstream. Puis depuis combien de temps je n'avais pas écouté un album entier de musique "pas dégueulasse". Alors je me suis dit que pourrais bien donner sa chance à la chanteuse inondant les tops mondiaux, juste pour voir.

    Musicalement on évolue ici le plus clair du temps dans une pop acidulée aux sonorités faussement eighties qui dans un souci de vendre au plus grand nombre se teinte de temps à autre des sempiternelles gimmicks de la pop music ou du hip-hop le plus éculé. Rien de neuf sous le ciel des grosses machines à fric US, dans l'ère post-'The Fame', on ressort toute la new wave, on mixe un coup avec ce qui a marché dans les 90s et on pond un album "personnel". Entre des lignes mélodiques putassières tournant volontiers en boucle et pénibles à souhait ('This is how we do', 'Walking on air' horriblement eurodance ou la débilissime 'Roar' entre autres) ou des mièvreries assez confondantes ('Birthday' ) Katy vit sa vie de pop star sortant la tête hors du bouzin que la radio diffuse en deuxième partie d'album. Aucun trait de génie, mais parfois des mélopées ne sont pas si mal tournées, à l'instar de 'This moment' ou 'Spiritual'. Par contre la prod est impeccable, le mixage bien éxécuté et les arrangements clairs et efficaces. De ce côte-là on sent réellement le professionnalisme du staff.


    Au niveau des paroles, bien évidemment c'est l'abysse le plus confondant. Nous nageons en pleine vacuité occidentale mainstream et post-moderne où entre les ballades sentimentales à deux balles et les hymnes à faire la fête, on trouve aussi une bonne pelletée de morceaux non-sens vaguement poétiques. Niveau vocal Katy a la voix que je lui ai toujours connu depuis que les grosses radios m'ont imposé de faire sa découverte il y a quelques années. Pas de grosses surprises donc de ce côté-là, le grain de voix est le même, les lignes mélodiques sont exécutées le plus souvent de façon correcte à défaut d'être totalement convaincante, avec les sorties de route habituelles comme l'apparition à l'occasion d'un phrasé très américain type "Midwest cow" ou des accentuations mal venues sur les passages se voulant les plus riches en émotions et venant malheureusement gâcher un peu le truc. Rien de bien grave, en somme, il ne faut jamais oublier que ce n'est pas si évident de chanter de la sorte, mais bon sur le coup ça pique.

  Au final, les reproches sont toujours les mêmes : vacuité du fond, conformisme voire manque de mordant de la forme. Mais  pour de la grosse pop amérloque de base, c'était pas si mauvais et je me suis même surpris en fin d'album à suivre miss Perry, que je trouve pourtant très antipathique et fausse en interview, c'est pour vous dire.






Recommandé (incroyable, je sais) :
- 'Dark horse' qui serait bien meilleure sans sa partie rapée
- 'This moment'
- 'Double rainbow' même si bien cul-cul
- 'Spiritual' très 90s
- 'Legendary lovers' même si ça un arrière goût de Kate Bush Bollywood mal digéré

3 commentaires:

  1. Le conformisme est au rendez-vous. Mais c'est ce qu'on attend d'une popstar qui enchaîne les numéros uns sur les charts américains.

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    1. D'un certaine façon oui, tout à fait. Au passage, votre journal musical (belle expression) m'a l'air très intéressant. Merci pour la découverte.

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    2. Merci beaucoup! C'est très agréable à lire.

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