lundi 12 mai 2014

NO FUTURE NO HOPE - DEFIANCE

(1996)


Disclaimer : Attention l'excès d'anarchie peut nuire à votre santé.

 Quoi de plus cliché que résumer le punk à "No future", hein ? Et pourtant ce slogan aussi débile et réducteur soit-il, n'en est pas moins porteur d'une part de vérité ne nous en déplaise. Depuis l'apparition des premières épingles à nourrice le constat est toujours aussi flagrant : nous n'avons en un certain sens aucun avenir, aucun espoir à avoir. Quand cet album s'est retrouvé par hasard entre mes mains quelques années après sa sortie, il m'avait fait une très forte impression. Au milieu des trucs californiens à la mode plus festifs d'apparence, il dénotait sérieusement, et c'est un des albums clé dans mon cheminement vers le ratage de ma vie. Vous connaissez le truc punk rock ruined my life, etc...

 A première vue, on pourrait craindre un pur produit des années 90 et de la côte Est des États-Unis. Mais il  ne transpire que partiellement cette période maudite de l'histoire de la musique, rassurez-vous. On est ici dans la droite lignée des groupes plutôt british des années 80 -surtout Conflict-, même si dans un registre plus sobre et surtout sans la tentation de se "hardcoriser". Soit, les mélodies sont relativement légères, et la musique en elle-même pas des plus furax,  mais on a tout de même droit à une bonne dose d'énergie avec des instrumentistes faisant honneur au style. Defiance nous offre sur la galette du vrai putain de punk rock pur jus des plus jouissifs pendant 47 minutes avec parfois, cerise sur le gâteau, des saillies rock'n'roll comme le solo mémorable de 'No future no hope', le groupe flirtant à l'occasion avec la bonne Oi! de jadis sur certains plans. Ai-je réellement  besoin de préciser que c'est un de ces albums qui m'a pété la cafetière quand j'étais encore un teenager tant il est bon ?

  Le "chant" est lui assuré par deux énervés se succédant en invectives agressives et des plus rapides venant ajouter la touche finale à l'édifice. Il n'y a pas vraiment de chant au sens classique du terme, on est pas chez Rancid ou Green Day bordel, les deux vocalistes utilisent le phrasé punk typique tout le long de l'album, ils font ça à la régulière. Niveau lyrics, les choses sont claires dès les premières strophes entonnées : Defiance sont des authentiques anars que tout dégoûte. Des vrais de vrais qui crachent sur le système dans son intégralité. Je n'ai rien à dire de plus, si ce n'est que ces mecs ne font que dire la vérité sur notre mode de vie grosso modo pathétique (soyons honnêtes, c'est encore pire dans bien des endroits du globe certes, mais celà ne constitue en rien une excuse pour qu'on se fasse baiser comme ça chez "nous" une vie durant). Le propos est donc très loin du fun mais aussi de la théorisation politique, il nous place face à nous-mêmes, d'une manière universelle, et face à la signification de notre petite vie, ou plutôt à son absence. Je vous recommande donc chaudement une lecture attentionnée des paroles, si vous n'êtes pas versés plus que ça dans les punkeries, ça vous fera peut-être penser qui sait. Après le débat est toujours le suivant : vaut-il mieux être conscient de la réelle nature de nos existences et en souffrir parce qu'on y changera jamais rien, ou bien vivre dans une illusion de liberté partielle gentillement au pays des bisounours ?

  Au final, excellent album même si pas très novateur, un putain de classique "trop kult" en somme. On ferait mieux de passer çà aux mômes en cours de musique plutôt que les Beatles, sérieux...



Recommandé :
- 'Fuck them all'
- 'No future no hope'
- 'Fuck this city'
- 'I hate everything', les paroles résument mes 10 dernières années de vie, je vous jure, wallah.
- 'How much longer', la plus agressive du lot
- 'Antisocial', AKA ouais nique les socialos, pire merde politicienne qui existe.

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