samedi 12 avril 2014

UNHOLY PUNK ROCK - LOUDER THAN WORDS

(2009)


  Parmi les albums dont j'avais envie de parler depuis une éternité sur ce blog, il y a ce 14 pistes qui m'avait particulièrement marqué peu après sa sortie tant par son approche travaillée et son sens mélodique que par son attitude de non-compromission anarchisante et désabusée. Le groupe russe l'ayant sorti n'aura jamais aucune notoriété, préférant rester anonyme sans doute,  et a laissé comme unique testament musical ce jet de noirceur, disponible sur le Net notamment depuis l'excellent blog qu'est "Red and Anarchist Black metal". Je tiens à rassurer les plus bigots de mon lectorat, malgré le titre on n'a pas le droit à un énième album de propagande pro-sataniste à la con, on reste entre gens de bonne culture, il s'agit avant tout à mon sens d'un jeu de mots avec le mémorable -enfin...- opus de Darktrhone qu'est 'Unholy Black Metal'.


  Si le groupe est russe, ses inspirateurs se trouvent essentiellement sur le continent nord-américain et celà se ressent dès les premières notes entendues. On retrouve d'un bout à l'autre cette façon de faire américaine surtout au niveau de la guitare, qui emprunte énormément au répertoire classique des fans de hardcore mélodique West-Coast des vingt dernières années. Je ne vous citerais pas de groupe particulier pour faire un comparatif -cette soupe mélo d'Outre-Atlantique étant grosso modo toujours la même chose- mais ici celà se marie très bien avec les accents plus sombres que l'on retrouvera essaimé tout du long de l'album. Autant être franc, lors de ma première écoute je m'attendais à une grosse merde anarcho-punk bien mal digérée, et avec un son lo-fi à faire peur, et j'ai été très surpris tant par les qualités techniques des instrumentistes, surtout du guitariste soliste, que par la production vraiment solide de l'ensemble.

  La plupart des plans que nous proposent les Russes sont simples et déjà-vus mais leur relative variété, touchant tant à des sous-genres obscurs et dégueulasses qu'au pop-punk des grands jours permet de maintenir l'immersion de l'auditeur sur la durée. Ainsi entre 'NSBM' taquinant le grindcore/hardcore des plus frustres et 'Absorb the falsity' mâtiné d'accents ska à la Chokin Victim il y a tout un monde, que les Sibériens sautent allègrement, étalant avec la même maîtrise leurs compos.
 Les pistes standards qualifiées de "blackened crust" sont encadrées de près, il faut le signaler, par des interludes classiques un brin champêtres et mélancoliques, reposant les oreilles entre deux charges sonores. Si ce concept n'est en rien original, il faut reconnaître que l'ensemble est très bien mené, surtout l'intro se voulant poignante et m'ayant fait penser à ce que bien des formations de BM s'amusent à faire.

  Le chant par contre pourra en rebuter plus d'un. Il se rapproche en effet plus d'un chant écorché post-hardcore que de celui des groupes grands publics américains à la Lagwagon et co. Personnellement étant de plus en plus versé dans les déviations musicales poussées à base de rock, celà ne m'a absolument pas dérangé, et ajoute même je trouve une justification supplémentaire à cette étiquette caduque qu'est "blackened crust".On a aussi droit à de très bon chœurs, bien collants et fédératifs même si un brin gutturaux la plupart du temps, en adéquation avec les lignes mélodiques principales.
  Le groupe opère à la fois en anglais et en russe. Les deux langues sont bien exploitées pour une fois, même si les textes en russe sont un peu plus recherchés, langue maternelle oblige. Au niveau des paroles on retrouve la Sainte-Trinité du punk dans sa plus grande simplicité : la dénonciation de l'Etat, de l'Eglise et des mouvances d'extrême-droite sont érigées en constantes. Et venant de Sibériens, on peut se douter que ce n'est pas complétement pour faire genre. Le vide de sens de nos existences est étalé ici sans fards, esclaves que nous sommes à la merci des puissants et des menteurs se cachant derrière la Loi et la Bible pour continuer notre exploitation, avec pour seule alternative la colère stérile. Enfin c'est ce que j'ai lu dans mes disques de punk, je crois.

  Au final, c'est le genre de disque qui ne laisse pas indifférent. Si vous supportez le chant un peu particulier, il ne reste que de la bonne came. Et franchement j'aurais bien aimé en sortir un du même acabi avec mes potes quand on faisait du punk hardcore en garage...




Recommandé parmi un ensemble excellent :
- 'Almost dead'
- 'Бензином Облил И Поджег'
- 'Ska punk is for fucks', tellement vrai !
- 'Absorb the falsity'
- 'Слава Рабам!', la plus lourde du lot, avec intro en béton
- 'Let God speed you'

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