dimanche 20 avril 2014

INRI 21 - NORMAHL

(2002)

 

Disclaimer : cet article contient un peu de troll gratuit, sauras-tu trouver où ?
 

  En ce saint jour de Pâques, il est bon de se rappeler qu'avant que la radio mainstream française ne se mette à matraquer des artistes musulmans à tire la rigaud (merci aux enc**és de Skyrock), il y avait une autre religion dont les zélotes nous cassaient bien les couilles au quotidien avec leur foi : les chrétiens.  Profitons donc de ce long week-end où les crucifix et les curés reprennent momentanément le dessus pour ressortir un de ces bons vieux disques de punk rock, avec un son pas si crasseux que çà, afin de nous aussi communier dans la joie et la félicité du consumérisme mondial.

  INRI 21 marque l'entrée dans le présent millénaire de Normahl, formation devenue culte au cours des 80s et au début des 90s pour toute la punkerei de ton bon d'Outre-Rhin. Le groupe avait à cette période déjà délaissé son agressivité primaire typique du deutschpunk du début des années 80 pour se tourner vers un son plus pop, plus rock, plus mainstream qu'il peaufinera au cours de la décennie suivante. Et depuis les productions du quatuor de quinquas sonnent comme un douce redite, jamais trop agressives mais jamais trop commerciales, ce qui pour un amateur de punk rock américain "mou" comme moi est amplement suffisant.

  Car ce qui est intéressant et plaisant chez Normahl c'est qu'avec de douces ritournelles en soi très pop, ils arrivent tout de même à rester assez destroys pour ne pas devenir les Eagles du deutschpunk. Les plan cul-cul, les mid-tempos, et les lignes mélodiques pompées sur les horripilants schlägers sont ici tous punkisés et le résultat n'est pas trop mal, voire pour certains morceaux de la galette carrément de très bonne facture. Le guitariste instille ainsi sur des riffs proches de ce que les UK Subs ont pu sortir par le passé, des dissonances ou des solis permettant de sortir des platitudes basiques du style et d'ajouter une véritable plus-value à l'ensemble. Car oui les solis chez Normahl sont vraiment bien foutus, mélodiques et adaptés à l'ensemble, une fois n'est pas coutume. Sorti en pleine folie pop-punk estampillé MTV on pourra trouver également des ressemblances, peut-être pas si fortuites, sur tel ou tel morceau à l'image d'un 'Virtual life' digne de l'ancien Green Day, mais pas de quoi crier à la trahison, leurs racines au sein de la scène allemande des origines ne sont pas oubliées. Cependant tout n'est pas parfait, l'album présente deux ballades à réserver aux amateurs de véritables teutonades, 'Schneestürmer' et 'Der letzte Cowboy', dont je vous laisserais apprécier le propos mélancolique seul.

  Si la musique est radio-friendly au possible, les paroles ne sont plus vraiment du ressort de la programmation pour la fameuse ménagère décérébrée de moins de 50 ans. Ici, comme je vous l'annonçais subtilement en introduction,  les chrétiens -surtout les chrétiens sociologiques pétris dans leur connerie- s'en prennent une bonne dans la tronche. Sans s'engouffrer dans la veine usée du créneau métallique anti-chrétien primaire, les Allemands exposent simplement la bêtise du dogme monothéiste et celle de son application ici-bas. La société civile, les conservateurs et les casse-pieds laïcs ont toutefois aussi droit à quelques punchlines bien senties, ne vous inquiétez pas, et assez logiquement les politiciens, la société consumériste ou juste les merdeux qui réécrivent l'histoire du punk en prennent gentiment pour leur grade. Enfin on trouvera aussi disséminé ça et là un message plus positif, comme notamment sur ' Grosse Ermutigung' qui porte bien son nom.

  Tous ces beaux textes sont portés par la voix unique et tellement allemande de Lars Besa, en grande forme vocale, qui nous étale des lignes mélodiques simples et rentre-dans-le-crâne sur un ton oscillant entre volksmusik et aigreur acide. La même recette exactement est utilisée par Untergangskommando, l'autre formation ouest-allemande qui officie dans ce registre sans se complaire dans le ridicule pour autant. En effet, l'ingrédient ultime de Normahl c'est bien le chant, avec cette doucereuse mélodicité pourtant encore pétrie de la fougue des jeunes années, qui si c'est votre genre de came ne vous quittera pas de sitôt.

 Au final, Normahl nous livre ici une bonne galette mélodique bien fournie, avec quelques casseroles tout de même, où le christianisme et le conformisme moral prennent cher. De quoi répandre la bonne parole keuponne aux égarés du monde entier. Amen et viva punk, en somme.




Recommandé :
- 'Komm erzähl' mir über Punk'
- 'Gott', avec un chœur de fin pas mal du tout.
- 'C.D.U'
- 'Jesus ist tot'
- 'Darum bleib' ich punk'
- 'Nimm mich mit'

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