mardi 11 mars 2014

THIS IS MY ENGLAND (SKINHEAD ANTHEMS III) - THE LAST RESORT

(2013)

 

  Si en 2013 j'ai passé le plus clair de mon temps libre à fouiner sur le Net à chercher de la bonne musique, il y avait pourtant peu d'albums que j'attendais telle une jeune pucelle fantasmant sur le prince charmant. Mais pour cette galette des vétérans de la scène Oi!/street punk, l'attente me parut bien longue. A cause de ça :



  Songwriting simple, accrocheur, avec quelques petits effets de manche, et des chœurs puants l'East End d'antan, du temps où le Londonistan et la main-mise des DJs sur l'industrie musicale n'étaient que fictions malsaines. Pas moyen de faire autrement, il fallait voir ce que ces skinheads de 50 piges avaient à  dire, depuis le temps où rien de bien bandant n'était sorti sous le ciel grisâtre de la Oi!.
  Loin d'être des petits nouveaux, le quatuor met ici à profit son expérience et son statut antédiluvien pour montrer à toute la jeune génération de branle-couilles natios ce que c'est le rock de rue anglais, le vrai. Vous ne serez pas déçus avec cet album, croyez moi, tant les influences sont variées et bien exploitées tout du long des 13 pistes. La Oi!, tout comme le post-grunge, se nourrissant en effet de différents courants, on trouvera selon le morceau une sensibilité plus pub rock, plus punk, ou plus rock'n'roll qui viendra teinter la recette de base du groupe, à savoir un rock accessible d'emblée et addictif. Mais si la simplicité est le maître-mot, il n'en reste pas moins que les instrumentistes sont à l'aise et nous fournissent de temps à autre le petit truc qui fait remonter le niveau, à l'image de ces solis furieusement blues rock, donnant au groupe une crédibilité technique certaine. Enfin, il convient de le dire, le mid-tempo est tout naturellement à l'honneur, comme il se doit sur une galette de vraie Oi!, et ce même si des envolées rythmiques se cachent ça et là, à l'image de 'Maggie's boys' aux accents quasi pistoliens.

   L'élément le plus dérangeant sera peut-être le chant, pour qui n'a pas versé une oreille sur les anciens disques du début des 80s, puisqu'il est très anglais et marqué par l'accent de Roi Pearce,  celui-ci semblant par ailleurs parfois bien usé et fatigué, ayant presque du mal au niveau du souffle, ce qui ne rend pas l'ensemble des plus accessibles. Pire encore, Roi n'aligne n'a pas de lignes mélodiques mémorables, se contentant des habituelles façons de faire héritées du punk de 1977, mais qu'importe j'ai envie de dire, quand les chœurs entrent en scène on retrouve tout ce qui fit la force et l'attrait de la Oi! de jadis, les sing-alongs s'imposant alors d'eux-mêmes. Au niveau des paroles, Mister Pearce nous narre le quotidien semblant éternel de la classe laborieuse britannique, et dans lequel on peut se reconnaître partiellement partout en Europe, s'écartant peu des standards du way of life des skinheads originaux. Le football ou les bastons n'occupent heureusement pas une place prépondérante ici contrairement à la myriade de productions plus beaufs les unes que les autres disponibles au pays des bombers, les Anglais préférant se focaliser sur un aspect plus "social" et "cocardier", dont le summum est la bien nommée 'We are invincible'. On atteint pas bien sûr des moments anthologiques de réflexion, soit, les textes viennent plus illustrer la musique mais offrant un instantané se voulant des plus honnêtes amplement suffisant.

  Au final, personne n'attendait rien de la Oi! depuis bien longtemps et c'est une très bonne surprise de tomber sur un album de cette facture, loin de la soupe lourdingue et indigeste que les crânes rasés diffusent généralement. Franchement, un album qui aura le potentiel de plaire à toute la famille.




Recommandé :
- 'Never get a job'
- 'Taking back the streets', bête, sale et addicitif
- 'Your story'
- 'Lest we forget'
- 'Ballad of a working man'

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