samedi 1 mars 2014

THE OFFSPRING - THE OFFSPRING

(1989)

 

    Dans la série on sort les vieilleries en dehors du carton du grenier, il y a 'The Offspring' par ... The Offspring. Premier effort de la formation d'Huntington Beach pressé à l'origine en peu d'exemplaires, cette galette reste malgré plusieurs rééditions largement méconnue, surtout chez ceux pour qui la Progéniture est un innocent groupe estampillé skateurs un peu cons sur les bords.

    Musicalement le constat est double : cet album est riche et très frustre à la fois. N'incorporant par encore les éléments grunge qui feront une partie de leur succès, les Californiens puisent dans leur répertoire classique des scènes locales pour fournir des ambiances tantôt dissonantes, tantôt malsaines, mais jamais encore glauques comme par la suite. Une bonne synthèse des productions des heures glorieuses des scènes étiquetées "Hollywood punk" ou "Beach punk", quand ce son si particulier ne sonnait pas encore vieux comme le monde. En effet, les Offspring sur les pistes réunies ici, qu'ils composèrent en tant que groupe de 18è zone répétant dans un garage anonyme, se contentent clairement de singer leurs modèles, même si on peut déjà y déceler les prémices de ce qui fera leur succès ultérieur. Techniquement, loin des albums punk britanniques de la même période, on pourra trouver des passages des plus intéressants, bien que toujours joués d'une manière raide et primaire, donnant un certain cachet à la production. La mélodicité n'est par contre jamais loin non plus, en attestent les nombreux solis bluesys ou les lignes de chant terriblement efficaces qui viennent donner un second souffle à des morceaux autrement moins extravagants . L'équilibre particulier entre bruitisme frondeur et sens du catchy est donc au rendez-vous d'un bout à l'autre de l'écoute, achevant de rendre l'album digne de trôner entre les grands noms de votre CDthèque.

    Car si le son est assez primitiviste, tirant régulièrement du côté des premiers Angry Samoans, Circle Jerks,  ou Adolescents, les paroles ne sont pas en reste. Se la jouant méchant garçons, les Californiens essayent d'oublier qu'ils étaient plutôt du côté des nerds et abordent avec un franc-parler qui les quittera par la suite bon nombre de thèmes plus ou moins borderlines, et ce avec la même façon de voir le monde en gris délavé qu'ils arborent tout le long de leur discographie. Si les sentiments d'aliénation au sein de la société, et la rancœur les accompagnant, ou bien l'amour plus ou moins contrarié occupent la place d'honneur au sein de ce premier effort, on trouvera également ici les pistes les plus sujettes à polémique et les plus politiques des rejetons d'Orange County. Meurtre d'un président, meurtre des parents, armes à feu, guerre en Iran, décapitations, viols, mysticisme pseudo-satanique sont de la partie, là aussi en contradiction avec l'image aseptisée qui colle à la peau du groupe aujourd'hui.

    Au final un album punk dans la veine des grands groupes californiens du tournant des années 70 et 80, ne révolutionnant rien, et même un brin en retard sur son temps, mais des plus addictifs. Trve fucking punk j'ai envie de dire, et ce même si The Offspring par la suite deviendront une énorme machine à fric. On est donc loin, très loin, de l'image à la con punk = skate = cool que pas mal de bouffons à Vans véhiculaient lorsque lycéen j'ai aimé sans modération ce disque, ou que certains se plaisent à véhiculer encore aujourd'hui, maintenant qu'ils ont un job bien mainsream et middle-class et s'habillent chez Jules. Know you roots, morons.





Recommandé, plus particulièrement :
-'Black ball', le second morceau que j'ai entendu de ce groupe, et celui qui a tout changé pour moi
-'Tehran', boucherie totale avec sujet polémique
-'I'll be waiting', même si 'Fire and Ice' la démo vieille de 1986 est meilleure sur certains passages
-'Kill the president', par la suite auto-censurée et c'est bien dommage
-'Jenifer lost the war'


Dédié à A.R. et J.L. aka Pennywise-bobo

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