jeudi 6 mars 2014

FOR THE PUNX - THE CASUALTIES

(1997)

 

  En 1997 le monde de dehors était beau, souvenez-vous. Pas de néo-conservateurs au pouvoir, pas de terrorisme, pas de crise financière, pas de télé-réalité Endemol, Mitterrand était 6 pieds sous terre, bref c'était le pied. En 1997, le punk à la con des 80s, avec crêtes roses et pics sur les vestes par contre était mort de chez mort. Tout ce qui avait été plus ou moins lancé par le 'Punk's not dead' des Exploited avait vécu, et les seuls groupes vaguement punkoides qui faisaient encore parler d'eux au milieu de la flopée gangsta rap c'était Green Day et Rancid... Cependant à New York City, une bande de résistants passéistes refusaient cet état de fait : les Casualties bien sûr, vous aviez deviné gros malins. Il leur fallut 7 longues années incertaines pour accoucher enfin d'un CD 12 pistes convenable, et ce malgré les galères de tous les groupes débutants. Celà peut paraître incroyable mais les Casualties nourrisaient un grand projet : offrir au monde un disque dans l'esprit et l'esthétique du "vrai" street punk datant d'avant 1985. Et oui, ils avaient réussi avec 'For the punx'.

  Rien n'est innovant sur cet album, ce qui  correspond pleinement à son concept de base. La qualité d'enregistrement est moyenne, les instrumentistes jouent de cette façon crade, déglinguée et acide que le thrash avait balayé, avec parfois une imprécision des plus jouissives, nous ramenant au plus près de la définition de la musique punk des 80s : rapide, frustre, sans complexité, sans fioritures. Misant pleinement sur l'énergie de leurs très courts morceaux simplistes, les New Yorkais s'escriment à retranscrire tout l'ethos du punk bas du front de leur adolescence, en obtenant un rendu presque atmosphérique par moments, se rapprochant ainsi d'une musique d'ambiance. Cependant les Casualties ne sont pas non plus des branquignoles et sous cet apparent amateurisme, on pourra trouver des lignes mélodiques de guitare efficaces et nourries de rock plus classique, ou une batterie bien moins plan-plan si l'on l'écoute attentivement, histoire de montrer quand même un peu d'estime de soi-même et de l'auditeur sans doute.

  Et puis, il y  le clou du spectacle : le chant et les paroles. Le chant est tout simplement dégueulasse et braillard, collant idéalement au reste. Une grande performance signée Jorge Herrera, qui office ici dans un anglais très approximatif et fortement marqué par son accent inimitable, hormis sur 'Chaos Punx' où il chante en castellano. Notre punkero est soutenu par de très bons chœurs, entraînants, réussissant même l'exploit de vous donner envie de gueuler Oi! en vous dédouanant de tout sens du ridicule. Pas mal mais les paroles méritent également le détour, de par leur simplicité des plus basiques, d'une telle connerie que les diatribes de Wattie Buchan ont l'air sorties de Polytechnique à côté. L'ennui, le chômage, la révolte pas très articulée et une haine latente du monde marquent les frontières de l'univers mental -tout petit- des Casualties, le tout sans aucune imagination, se voulant le plus fidèle possible au cliché du punk des 80s. Mais au-delà de ce côté risible, notamment la fierté affichée "d'être punk", il n'en reste pas moins que chaque morceau ou presque est un cadeau pour les punks s'adressant avant tout aux punks, justifiant par là le titre de l'album. Et quand on sait celà , que voulez-vous, ça en devient presque beau.


  Au final, un album peu intéressant au niveau de la technique et du style qui ne propose rien de neuf. Pire, il est même définitivement passéiste et conservateur dans son concept. Ne vous méprenez pas, moi aussi j'ai dénigré les Casualties, et puis j'ai écouté cet album pour ce qu'il est, et depuis je respecte cette bande de clowns au plus haut titre.




Recommandé pour tous les punkeros du dimanche comme votre serviteur :
- 'For the punx' spéciale kassdédi
- 'Ugly bastards'
- 'Who's gonna be...', repensez-y avant de vous prendre pour des gangsters, han, bandes de blancs
- 'Two faced', pour ces très chers hypocrites
- 'Punk rock love', déclaration à la scène ou à une fille, difficile de dire.

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