mercredi 12 février 2014

MON TOP 12 DU LYCEE (VERSION SANS BEST-OF)

  Ah, le lycée... Vous m'auriez connu à l'époque, avec mes cheveux jusqu'aux épaules, mes pulls unichromes et mon apathie perpétuelle, une vraie version mâle de Daria Morgendorfer ! A l'époque j'étais totalement nihiliste, je haïssais la Terre entière, et chacun des connards qui la peuplent. Je trouvais par ailleurs particulièrement ridicules les pauvres idiots et idiotes qui racontaient leurs vies sur Internet via des blogs. Fallait vraiment être une tâche pour s'abaisser à un tel niveau...

  Si dans l'ensemble pas grand-chose n'a changé, ma collection de CDs a par contre connu une croissance exponentielle et j'ai touché à bien des genres parfois superficiellement, parfois moins, au point où j'ai eu envie d'en parler à de parfaits inconnus sur un blog de merde.  Et pour fêter les grosso modo dix ans de mon échappée hors du lycée national français, je vous invite à une plongée dans mon top 10 de l'époque, bien moins extrémiste que la came que je m'enfile actuellement. Toujours marrant de voir ce qu'écoutaient les quasi-trentenaires dans leurs jeunes années, et de noter l'évolution. Un de ces supers articles où dans les grandes lignes je vous étale ma vie tout en parlant de musique.

La plupart de ces albums ont été brièvement abordés dans "l'excellent" article ici voire même ici.  En effet certains faisaient déjà partie du paysage musical bien avant la seconde, même si je ne les ai écouté de façon abusive que durant cette période. J'ai volontairement exclu les best-of, car ceux-ci sont par définition trop riches en bon matériel musical, et qu'ils sont éloignés de la notion d'album en tant que produit fini, même si il n'est pas impossible qu'un jour je vous donne la version les incluant. Je sais que vous n'en pouvez plus, mais j'ai confiance en vous, vous allez le surmonter.



01. Beds are burning - Midnight Oil (1987)


  Durant ces années-là Midnight Oil était mon groupe préféré aux côtés d'AC/DC, et j'avais ma tétralogie de référence : 'Breathe', '10,9,8,7,6,5,4,3,2,1', 'Redneck wonderland' et  'Diesel and dust'. Les 4 albums sont exceptionnels et j'ai dû tous les écouter plus de 500 fois mais je ne parlerais plus en détail ici que de 'Diesel and dust' car ce fut le plus populaire en France, et celui qui m'a le plus marqué durant cette période.
En ce sombre début de millénaire les années 90 avaient déposé les graines du mal absolu qui allait prendre ses aises jusqu'à aujourd'hui : consumérisme mongolien bien-pensant et bon ton, incarné à merveille par la Star Academy et les pubs de crédit/pompes funèbres à midi. C'était donc du côté du passé qu'il fallait se tourner pour trouver des trucs potables. Avec cet album les Oils deviendront des stars mondiales pour un temps, adouciront leurs mélodies mais ne toucheront pas à leurs convictions. Composé à la suite d'un séjour du groupe auprès des membre d'une tribu aborigène, Garett et ses comparses nous livrent une description froide et cruelle de l'état du monde, et de l'Australie en particulier. Sous couvert d'un rock grand public, se révèle une attitude plus lunaire voire crépusculaire nous contant notre auto-destruction consumériste, celle-là même à laquelle nous participons quotidiennement en tant qu'espèce.
Thème central de l'album, l'état catastrophique de l'écosystème mondial (et depuis 1986 ça c'est pas franchement amélioré...), nous est narré par un Garett en grande forme vocale, accompagné d'instrumentistes vous prenant même parfois aux tripes. Jetez une oreille à 'Put down that weapon', 'Artic world' ou encore 'Whoah' et vous m'en direz des nouvelles, n'importe quel groupe de black metal satanique peut aller se doucher tellement c'est noir... C'est précisément ce pessimisme latent et ce désespoir qui m'avait séduit à l'époque, malgré des sonorités pop quelques fois désuètes, et qui faisait écho à mes convictions profondes sur la vie, la mort, le monde, enfin ce genre de trucs...
 En résumé du très bon boulot, lucide, diffusable à la masse mais pas vendu pour autant complétement.





02. Definitely maybe - Oasis (1994)


 Si j'avais pu capter Radio Nova au lycée, peut-être liriez-vous aujourd'hui mes supers critiques d'albums de trip-hop ou de branlettes de platine mi-penjabi mi-britannique. Mais je n'avais que la FNAC et Leclerc pour me faire ma culture musicale au milieu de fausses sensations insipides commerciales. Et quel groupe plus passe-partout qu'Oasis, franchement ? Du repompé des Beatles, eux-mêmes pinacle de la musique rock commercialisée ad nauseam, un léger brin modernisé, voilà ce que c'était Oasis. Mais ne vous y fiez pas, j'adore cet album, c'est une vraie tuerie et le seul de leur discographie que j'écoute encore de temps à autre, même au milieu de mes phases anarcho-punk, black/death/doom ou autre connerie du moment. Les deux frères Gallagher, complémentaires au possible, ont livré avec cet album une œuvre à la fois légère et dense, intimiste et ouverte sur le monde. Étalant ses problèmes sentimentaux de façon cryptique via la voix de son frère, Noel a également fourni un impressionnant travail d'ambiance, procurant un sentiment doucereux de coolitude made in Albion et de mélancolie. Chaque morceau a ainsi son caractère propre appuyant sur l'une ou l'autre sensation et faisant vivre à merveille ces textes qui autrement auraient dû finir chez un slameur à la con du Hampshire. Si vous n'étiez toujours pas convaincu, précipitez vous sur 'Cigarettes and alcohol', 'Bring it on down' ou 'Married with children'.




03. Nevermind - Nirvana (1991) 


  Je vais pas vous la raconter, on l'a tous écouté celui-là, même les plus primaires des weshs connaissent l'existence de ce skeud. Alors ouais quand j'étais lycéen, le grunge c'était fini depuis longtemps (mais avait-ce seulement commencé ici en Gôle ?) et c'était toute la grosse chiasse du rap français qui était le truc in du moment chez la masse boutonneuse, mais dès que l'on s'écartait un peu des artistes "ghetto" sponsorisés par M6, on se retrouvait vite fait avec 'Nevermind' dans les mains.
Doux souvenirs de l'enfance remontant à la surface, Nirvana est un des points d'entrée les plus fréquents dans la musique rock et métal chez les djeunezs, et même pour les abrutis comme nous trop jeunes pour être génération X à 100% mais heureusement trop vieux pour faire partie de la horde des pisseux de la génération Y. Comme moi, vous le savez, cet album est excellent de bout en bout, nul besoin d'aborder la musique en elle-même, et comme moi vous l'avez sans doute tellement écouté ou repris avec vos potes dans votre groupe de province que vous n'en pouvez plus de Nirvana. Et puis vous regardez vos vieilles chemises à carreaux, vos jeans troués que vous avez religieusement conservé depuis 1998, et de temps en temps vous versez un larme sur la mort de Kurt, puis vous vous posez des questions sur la santé mentale de ce type et le pourquoi du comment de sa vie avant de maudire Dave Grohl d'être le plus gros bouffon dans l'industrie au jour présent. C'est sûr Nirvana, c'était quelque chose qui vous a fait changer, même si c'est tellement cliché de le dire. Et enfin il y a ce titre, qui en cache un autre tout aussi important à mon sens, comme une filiation inachevée, un hommage raté et pétri d'alternance lourd/agressif. Well, nevermind the bollocks.




04. The spaghetti incident ? - Guns'n'Roses (1993)


  Album descendu en flammes par les fans et la critique, ce fut longtemps le seul des Guns disponible chez moi. Mon attrait pour ce disque est d'abord une histoire de pochettes et de titre. Certes, je savais encore vaguement qui étaient les Guns -les papes de la moumoute je vous aurais dit-, souvenir brumeux du temps meilleur de l'enfance mais j'aurais été bien incapable de vous fredonner le moindre de leur morceau. C'est cette pochette malsaine, à filer la gerbe, et ce titre vraiment stupide qui m'ont poussé à voir ce dont il en retournait et je ne m'en remis jamais vraiment tout à fait.
En effet, indirectement, c'est à travers cet album de reprises de standards à majorité punk rock, que je me pris tout 1977 et ses conséqueces musicales dans la gueule. Totalement habité par Slash et Rose, on dénote pourtant sur bien des morceaux l'énergie des vieilles gloires du punk. Et honnêtement, 'New Rose', 'Attitude' ou autre 'I don't care about you' passées à la moulinette du hard débile de LA sont justes des boucheries des plus jouissives. C'est sûr que c'est l'unique disque non-mégalo du groupe, mais quel disque !






05. Brothers in arms - Dire Straits (1985)


  Dire Straits est à plus d'un titre un groupe atypique, puisque gentiment rétro au cours d'une période riche en évolutions pour le "vrai" rock, loin du metal et toutes tendances confondues. D'un conformisme effrayant, ou d'une fidélité absolue aux pionniers du blues rock, c'est selon, ces Anglais à l'heure où les punks se déchaînaient, sont parvenus à imposer des ritournelles tout ce qui a de plus bluesies dans les charts. Et mieux encore de faire vibrer des petits cons dans mon genre, pour qui le blues, même si c'est la base du truc, ça reste essentiellement de la musique pour les pépés. Alternant les morceaux un peu plus ancrés dans leur époque comme 'One world' et les autres reflétant plus leurs albums des années 70, chaque piste est une démonstration old school de talent à mettre sur le même plan que le Clapton des grands jours. De plus cet album est historiquement important, car il est le premier réellement estampillé MTV, le premier diffusé en CD, en plus de renfermer le riff le plus cool de tous les temps, la lead de 'Money for nothing'.  Et vous en conviendrez sûrement MTV à cette période, c'était finalement comme le blues : la base de tout.




06. Homegrown - Dodgy (1994)


Profitant de la vague rock un brin réchauffé en provenance du Royaume-Uni qu'on a coutume d'appeler la britpop, il y eut Dodgy, trio sans prétentions et aujourd'hui relativement tombé dans l'oubli. Il n'y avait pas que Oasis et Blur dans la vie, même si on parlait bien plus d'eux et de leur prétendue rivalité.
Cet album puise essentiellement dans l'héritage du soft rock des années 60 et 70, et instille sur des rythmes ternaires des ambiances généralement joyeuses, même si teintées parfois d'une légère mélancolie. Le chant est très bien maitrisé et reste en toutes occasions léger, portant à merveille des textes personnels emplis d'émotions. Un album au son pop rock, riche, bien peaufiné et empli d'une sensibilité un brin dandy des plus jouissives. Bref tout le contraire de l'album suivant.




07.High Voltage - AC/DC (1976)


  Dans l'attirail du parfait petit fan de musique extrême à base de rock on a soit Motorhead soit AC/DC comme point départ. Hé ben moi, c'était AC/DC. Ça me fait toujours un petit quelque chose de revoir mes vieux albums d'AC/DC, et celui-là particulièrement puisque j'avais été le dénicher dans un grenier immonde sur format cassette, année 1983. Presque un collector qui finit sa carrière usé lorsque la bande se déchira tragiquement. On est quelques millions sur cette Terre à voir commencé ainsi notre vie musicale et avec ce groupe, mythique entre les mythiques. Mais ce premier effort australien est remarquable, car outre son songwriting parfait et une filiation rock à pépé plus qu'évidente, il est parvenu à capter cet esprit conquérant, frondeur et doucement crétin que le hard rock affichait alors. L'énergie mais aussi parfois la technicité qui s'en dégage est monstrueuse, communicative et reflète tout ces rêves de jeunesse, aujourd'hui perdus dans les sables du temps. Le titre d'ouverture, 'Live Wire' , 'T.N.T', autant de classiques immortels. J'espère que si les monothéistes disent vrai,  Bon reviendra d'entre les morts et pétera la forme avant de donner son ultime concert et de se faire dévorer pour l'éternité par Lucifer et ses sbires.






08. Four - Foreigner (1981)


Un peu dans le même registre que l'album précédent, mais bien plus teinté rock FM américain des 80s, bien gras comme on aime, il y a Foreigner, dont bien peu se souviennent aujourd'hui. Gros succès lors de sa sortie, porté par de titres ultra-efficaces comme 'Urgent' ou 'Juke box hero', cet album porte en lui tout ce qui fit le son rock mainstream mais pas mou pour autant. Avalanches de riff catchys, de solis en embuscade et de chorus répétivement entraînants, servis par l'excellente performance vocale de Lou Gramm, qui habite littéralement cette galette, il n'y a pas d'autres recettes qui puisse expliquer le mérité succès de cet opus. Souvenirs d'un temps meilleur où le rock tenait le haut du pavé, loin de la dépression et du satanisme, chaque putain de piste est ici porteuse de quelque chose qui dépasse ce hard rock mâtiné de synthé sonnant cheap de nos jours.






09. Afterbruner - ZZ Top (1985)


C'est un grand philosophe des temps modernes, Bart Simpson, qui a déclaré que les ZZTop étaient le groupe le plus cool du monde. Ce à quoi Billy Gibbons répondit un laconique " Peut-être même trop cool". Cet album qui se veut un 'Eliminator' bis, passé à la moulinette de la grosse pop eighties dégueulant sous les lignes de claviers est bien celui où les barbus ont essayé de façon trop évidente d'être le truc cool du moment. Du blues rock de cowboy mixé avec du gros son des années frics pour s'assurer un hit ultra-commercial, quelle idée saugrenue. Sur fond de paroles salaces et de bars miteux du Sud américain, là où la Budweiser coule à flots, vient se greffer cette grosse machine électronique, nous offrant un crossover un brin surréaliste entre deux univers musicaux qui n'auraient jamais dû se rencontrer. Et pourtant malgré son concept bâtard, c'est mon préféré de la discographie des Texans, justement parce qu'il est celui qui pousse la vice le plus loin et propose quelque chose de réellement original. Quand la sauce prend, on a droit à des morceaux bien foutus ('Delirious', 'Planet of women', 'Sleeping bag'), du genre que l'on a plaisir à se repasser de temps à autre, parce que l'on a subitement repensé à eux, sans aucune raison. Et quand elle ne prend pas, hé ben ça donne 'Rough boy'... no comment.





10. Eye in the sky - The Alan Parson's project (1982)


La pop music... Pourquoi ce qui est populaire est presque systématiquement merdique ? Celà ne devrait-il pas être l'inverse, putain ?! Ce constat des plus basiques m'a poussé, et faîtes pas les malins on est nombreux dans ce cas, à éviter tout ce qui pouvait avoir un quelconque lien avec la musique de "quand on achète ses pâtes au pays du rêve éveillé du supermarché".  Mais c'est en réalité un fuite en avant, un triste constat, car j'aimerais aimer la pop music, si seulement elle se donnait la peine d'être aimable. Peu d'albums bassement pop m'ont à ce point touché que celui-ci. Le lycée, comme d'ailleurs le plus gros de ma vie n'était pas une partie de plaisir, et c'est par hasard un soir particulièrement pénible que je me suis passé ce disque, dérangé par cette pochette sybilline et symbolique. Le résultat fût des plus étranges. Ces mélodies légères et ces textes en apparence sirupeux, noyés dans les nappes de clavier et de piano, renfermaient une certaine puissance, ainsi qu'un aspect un brin cruel, bien plus fort que dans nombre d'albums plus énervés et bourrins parus par la suite. Surfant sur leur succès des années 70, le duo est ici à son apogée et nous offre 10 pistes maîtrisées et variées, sans jamais de lourdeur ou de fanfaronnades excessives, et peu de naiseries rédibitoires. Cependant, les meilleurs morceaux sont de loin les 5 premiers, le reste étant un cran en-dessous, du moins selon moi. A part peut-être les album cultes des Sportfreunde Stiller ou le 'Breakfast in America' de Supertramp (et encore...), aucun autre album de pop ne m'a autant remué jusqu'à présent.





11. Meteora - Linkin Park (2003)


   En ce temps-là, je n'avais pas Internet ( je vous apprends un truc là, hein) et la musique ne prenait pas tellement de place dans ma vie, contrairement à maintenant. Vous le savez déjà, je reviens sur ce point régulièrement au cours du blog, mais je n'aimais virtuellement aucune des musiques à la mode ou diffusées en masse à l'époque par ce qui était mon moyen de découverte numéro un : la télé. Aujourd'hui on peut aller sur YouTube et en moins de deux devenir familier avec la discographie de Behemoth, Maria Stern ou je ne sais quels autres artistes, passant de l'un à l'autre et d'un genre à l'autre, en moins d'une soirée. Mais de mon temps, les jeunes, quand on avait pas de thunes, on devait se contenter de MCM chez les potes ou pire encore de M6. Autrement dit que de la merde genre Sandy Valentino, Scottie et consorts.
 Il se trouve que parallèlement à la musique en boîte aseptisée et au rap wesh-weshard francophone, une vraie vague gotho-metal sévissait. Avec le recul on peut dire que c'était la fin de la phase de démocratisation du death metal et le début de l'accès des masses au black metal et au metal industriel. Les clips de ces groupes étaient largement censurés par les médias généralistes en France, mais moi je regardais assez assidument les clips sur la TSR, la télé suisse francophone, et VIVA, où c'était clairement autre chose qui passait (genre Biohazard, Nightwish et tout le bordel).
   Linkin Park était le seul groupe à faire la passerelle entre ces deux sphères, et l'un des seuls groupes matraqués qui ne faisait pas rire ou gerber. Certes, le côte rap ne m'intéressait pas du tout, les paroles larmoyantes, les renforts d'effets japonisants post-mangas, rendaient le tout un peu bancal, mais l'énergie et la qualité du son comparé au reste, les rendaient agréables à suivre le long de l'exploitation commerciale de 'Meteora', qui me semble-t-il a duré une plombe. 'Numb' est ainsi un des rares morceaux que j'ai vu sur une chaîne grand public et tout simplement aimé. Aujourd'hui Linkin Park sont légitimes même pour les gros métalleux à la con, mais ce ne fut pas toujours le cas, et parmi les ennuyeuses années du lycée Meteora était un petit rayon de soleil qui écrasait Limp Bizkit bien profond. Léger tout en dégageant de l'émotion, porté par la voix exceptionnelle de Chester et de bonnes lignes au clavier, cet album en puisant à droite à gauche, a réussi justement, à plaire à droite et à gauche.






12. Fuck the system - The Exploited (2003)


  Au lycée j'étais "angry, white and poor' comme on dit et j'avais les nerfs sévère contre l’État (et sa filiale la plus moralisante, l’Éducation Nationale), la corruption généralisée des mentalités façonnées par un consumérisme bon-teint crétinisant et le sentiment croissant que je ne connaissais décidément pas les bonnes personnes pour pouvoir prétendre  un jour, sans en chier un maximum, avoir un poste où je pourrais gagner assez de fric par moi-même et m'extirper de cette mer de chômeurs toujours plus étendue qu'est la France socialiste. Les paroles d' 'Angry, Young and Poor'  par Anti-Flag, je les ai pensé et vécu mot à mot de façon croissante au cours du lycée. A cette époque, je serais devenu sans doute encore plus fan du groupe de Pittsburgh si jamais j'avais eu la chance d'avoir Internet. Cependant, Anti-Flag et the Offspring étaient bien gentils, mais parfois il me venait l'envie d'un son plus méchant. C'est à ce moment qu'est arrivé The Exploited dans ma vie.
  Tout commença avec une petite recherche au CDI ( ah, cette brave bibliothécaire qui ne comprenait rien à rien...) sur les mots magiques d'anarchie et de punk, le genre de combinaison avec laquelle on ne peut pas se tromper. Je découvris ainsi 'United chaos and anarchy', issu de leur EP de 1988 intitulé 'War now', d'un ridicule consommé et symbolisant à merveille le gros coup de mou du punk anglais de cette époque, précédant sa mort clinique. Technicité à chier, paroles risibles, répétitivité, tous les défauts du monde sont sur cet E.P. Cette auto-parodie sonore eut cependant le mérite de provoquer une fascination légèrement malsaine pour ce son frustre et cheap suivant exactement le même processus que pour le Roi Heenok : d'abord on se moque, ensuite on kiffe.
 'Fuck the system' arriva donc à point nommé, juste avant le bac et mes premiers ennuis sérieux dans la vie, devenant de ce fait la bande-son de mes pires années. Colère primaire, agressivité revendiquée contre les autres et surtout contre cet État hypocrite et manipulateur, haine tout simplement. Cet album c'est bien celà, haine et colère à l'état pur. Anti-mélodique, anti-intellectuel, solide et rapide, les Exploités livrent ici un chef d’œuvre ni plus ni moins, à deux solis slayeresques près, à écouter une fois avant de mourir. Oubliez vous réticences, pourtant ô combien fondées sur Wattie Buchan, et laissez-vous porter par ce déluge simpliste de fureur.









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