mardi 11 février 2014

LES 10 ALBUMS DE PUNK LES PLUS INFLUENTS (ENFIN SELON MOI...)

  C'est à force d'écrire mes petits articles, d'écouter tout ce qui traîne à droite, à gauche et de me renseigner pas forcément sur Wikipédia, que j'ai songé à écrire ce top 10. Il est le fruit de plusieurs années de réflexion latente, et je ne pense pas être capable d'en écrire un autre du même acabi sous peu, alors profitez-en.
  J'ai essayé d'être honnête, et surtout d'offrir une vision que je juge plus réaliste des choses, ne donnant  pas 8 groupes américains sur 10, juste parce que tout le punk US connaît une surexposition depuis l'utilisation du Net. Les albums présentés ici, sont ceux qui parmi les albums jugés punk sont les plus influents à la fois sur le courant musical, mais aussi sur les autres styles, et non ceux que l'ont peu désigner comme les meilleurs. Enfin, il y aura des gros mots, des idées avec lesquelles vous ne serez pas d'accord, et des moments où vous vous direz "il exagère, il n'est pas ouvert d'esprit". Faîtes avec !

10. London Calling - The Clash (1979)

 
 D'après les classements lambda que l'on peut trouver un peu partout, The Clash est l'un des deux plus importants voire LE groupe punk de référence. Hé bien à force d'écouter du punk, je peux vous dire que The Clash, ce n'est qu'une putain de hype. Leurs premiers titres sont très bons, il faut le leur laisser, mais avec 'London Calling', on atteint le point de non-retour. Mou, rock'n'rollesque à souhait et comme on dirait actuellement "boboisant" de la façon la plus horripilante qu'il soit. The Clash a été très influent mais ce ne fut peut-être pas pour le meilleur. Vous voulez de vrais vendus, de vrais opportunistes ? Prenez The Clash ! Il y a une chose qu'il ne faut jamais oublier avec Joe Strummer, c'est que c'était un mec qui a joué du pub rok et trainé avec des hippies avant de "voir la lumière" dans le punk, et que quelque part il a toujours gardé ça au fond de lui. Dégueulasse. L'album transpire ces influences "non-punk" et les critiques qu'il émet sur la société sont loin, bien loin, des autres groupes de l'époque plus undergrounds mais ô combien plus sincères. The Clash c'est le punk pour les Jeunesses du Parti Socialiste. A gerber.


09. Dookie - Green Day (1994)

 

  Quand on discute avec un gamin de 14 ans "normal" et qu'il a la chance de connaître le mot punk, en général il vous sort : "Ah ouais, comme Green Day". Si je conçois tout à fait que celà gonfle sévère les plus vénères et les plus puristes, il faut tout de même être capable de reconnaître que Green Day ne nous aura pas forcément marqué plus que ça, nous les plus vieux -encore que...-, mais que leur influence est malgré tout très forte chez les plus jeunes. C'est avec 'Dookie' que le pop-punk va faire son apparition graduelle dans les charts et c'est avec le pop-punk des 90s que la scène a réussi à se ressaisir pour atteindre une nouvelle vitalité. Certes avant 1994, il y avait des précurseurs comme Bad Religion ou Rancid qui jouaient déjà les prémices de ce style plus léger, festif, adolescent et commercial mais il étaient encore marqués par leurs années 70 ou 80 et leur radicalité. De même il y eut par la suite toute cette vague cataloguée comme "musique pour skateurs", avec The Offspring ou Pennywise, que les anciens punks ont trop vite rejeté comme étant du "corporated punk", particulièrement ici en Europe où on aime les choses auto-produites et morbides. Mais c'est bien cet album qui a pavé leur chemin dans les charts US et donc mondiaux. Au niveau du style, Dookie contient les ferments de tout ce pop-punk mou et markété que l'on a pour beaucoup aimé.

Nota bene : pour les plus rageux d'entre vous, estimez-vous heureux pour le moment, dans dix ans vous lirez partout qu'American Idiot était le troisième album le plus influent de l'histoire du punk ;).

 

08. Ramones - Ramones (1976)


  Difficile cas que celui des Ramones. Généralement crédité comme le groupe fondateur du punk, je n'ai jamais été d'accord avec cette étiquette tout en leur reconnaissant une influence majeure sur le style musical. Cependant on peut considérer qu'a posteriori le rock simple et basique qui est leur marque de fabrique est punk de par sa structure. Mais alors un punk bien carré et plan-plan. C'est un bon album à n'en pas douter, même si je ne l'ai mis ici que parce qu'à la FNAC (référence musicale bien connue) ils sont avec tous les autres de la liste, et parce qu'ils ont été un des groupes préférés de bien de punkeros du dimanche, et enfin parce que la scène même vers ses penchants les plus hardcore leur attache une indéfectible affection.


07. The Feeding of the 5000 - Crass (1978)


  Si vous avez lu jusqu'ici, vous savez déjà ce que je pense de The Clash. Je ne suis de loin pas le premier à formuler les critiques que vous avez lu plus haut. Le collectif brittanique Crass a carrément pris un nom pour se foutre de leur gueule. Autant je trouve la musique trop bordélique, trop déstructurée, trop pleine de speech partisans accusateurs fatiguants pour pouvoir réellement l'apprécier, autant le message, l'approche anarchiste des plus radicales s'en prenant à l’État (brittanique), la religion (chrétienne) et au modèle de société toujours d'actualité fait de cet album une putain de référence. Si les Pistols parlaient les premiers d'anarchie dans leurs chansons, Crass est le point de départ de l'anarcho-punk, genre qui doit tout à ces Anglais pas si fêlés que ça. Hai de la mouvance nationaliste, inspirateur de tant de bons groupes comme Conflict, Rudimentary Peni ou de celui jouant dans le squatt le plus proche de chez vous, le collectif ne peut pas laisser indifférent, parce qu'il a été plus loin que les autres à l'époque et a essayé d'appliquer ce en quoi il croyait (échec pitoyable par ailleurs). Bref, total respect.



06. The scream - Siouxsie and the banshees (1978)


  J'ai vraiment hésité avant d'inclure cet album dans la présente liste. Mais à force de réflexion j'ai pu surmonté ce problème existentiel, et finalement je me suis dit que le chef d’œuvre qui fut le premier acte du post-punk, alors que le punk originel n'était pas encore tout à fait mort, pouvait bien figurer dans le présent classement. La voix assez captivante de Siouxsie Sioux est ici posée sur une musique encore toute empreinte du Londres punk de l'époque, chose qui ne tardera pas à changer à mesure que le groupe s'orientera vers d'autres sphères musicales. Il n'en reste que 'The Scream' est à la fois punk et à la fois autre, mais que à la différence de Killing Joke ou P.I.L. on y retrouve encore de façon prépondérante les relents de l'énergie de 1977. C'est de plus un excellent album, sombre mais pas trop, qui reste apprécié dans les cercles gothiques, "depro-punk" ou juste un peu bizarres des amateurs de rock ou de pop depuis trois décennies.



05. Punk's not dead - The Exploited (1981)


  Dans les années 80, je n'étais pas bien vieux, mais dans mon esprit s'est imprimé pour toujours le cliché du punk à crête. Or il se trouve que le cliché a commencé avec Wattie Buchan. Régulièrement oubliés des tops, tout le monde connaît pourtant The Exploited, de près ou de loin. En 1981, la révolte de 1977 est retombée comme un soufflé et tel un rappeur francophone de Niors déçu que Rohff vende son cul aux majors pour faire de l'électro, les Exploités décidèrent de donner un second souffle à tout le fracas musical qu'ils avaient tant aimé. Quitte à être une caricature, n'en finissant jamais de ressasser le même ethos, un brin plus débile que celui des pionniers. Ne vous méprenez pas, the Exploited serait une des choses que je révérerais si je réverais des choses, parce qu'ils sont d'une géniale simplicité et que sans 'Punk's not dead', le punk serait sans doute effectivement mort de sa belle mort, encore plus dilué et détruit par le système des bobos et du patronat. De plus il faut les remercier parce qu'ils n'ont jamais abandonné le son de 1977 et ont permis à celui-ci d'évoluer vers quelque chose de méchant mais restant hors du metal.



04. Damaged - Black Flag (1981)


   Le hardcore américain me fait chier dans les grandes lignes, vous le savez. Mais je ne peux pas nier le fait qu'il existe et que beaucoup (trop) de monde en écoute sur cette planète. Si les groupes actuels sont des putains de blague, les pionniers que les djeunz révèrent qu'ils soient de New York, de Californie ou du Midwest-le-trou-du-cul-des-vaches-consanguines ne sont pas aussi inintéressants. Et parmi eux sont cités de façon quasi-incantatoire les Minor Threat, Dead Kennedys et Black Flag. Des trois Black Flag est sans doute la formation qui a le plus contribué à l'émergence du son hardcore, dur , lourd et beuglé, s'éloignant en celà très loin des réflexions anglo-centrées pour devenir plus frustre, moins porté sur la politique et plus sur les drogues dures ou la connerie pure du mode de vie de Suburbia en perte de pouvoir d'achat. Les germes malfaisantes du hardcore sont tous dans Damaged.



03. Hear nothing, see nothing, say nothing - Discharge (1982)

 

  Le punk "bête et méchant" a émergé dans la première moitié des années 80, peu de temps après The Exploited, mais en beaucoup plus "couillu" et sans crête.  Flirtant déjà avec le proto-thrash, l'album est un manifeste pour chaque batteur voulant s'essayer au D-beat sec et agressif. Avec leurs petits copains de Charged G.b.h., ils furent parmi les premiers en Europe à s'orienter vers un son dur mais toujours relativement célère, ayant beaucoup en commun avec l'honni heavy metal sans toutesfois renier pleinement l'attitude de défi et de critique bileuse propre au punk.
Plus encore que G.b.h., Discharge est responsable de l'émergence de certains des meilleurs groupes de punk, ceux de D-beat, de crust ou de "krangpunk", provenant à l'origine surtout de Scandinavie et du Royaume-Uni. Groupes qui à leur tour influenceront des styles bien plus éloignés comme le grind, le death voire même le black metal des premières années. C'est pour ça que ça me fait rire les blackeux ou les fan de death qui ne supportent pas le punk.



02. Damned, damned, damned ! - The Damned (1977) 


  Pour le moment, seuls des groupes aigris et agressifs voire dans le meilleur des cas dépressifs sont apparus dans le classement. Mais il y a une facette nettement plus légère dans ce fatras de rock à trois cordes. L'un des premiers albums historiques de punk est celui-ci, largement sous-estimé par les critiques qui écrivent des trucs sur le Net, essentiellement d'obédience nord-américaine. Pourtant avec leur son empruntant à la pop et au rock des années précédentes, les Damned comme les Pistols ont réussi à faire quelque chose de nouveau et de bourré d'énergie le plus souvent. Moins bien produit que l'album des protégés de McLaren, celui des Damned a réussi à introduire des paroles plus personnelles et teintées d'un humour très second degré que l'on retrouvera des décennies plus tard notamment chez The Offspring ou Terrorgruppe. De plus, ne perdons pas de vue que le single 'New Rose' a grandement aidé à populariser la mode punk au Royaume-Uni, mode sans laquelle nous ne pourrions jamais nous gargariser aujourd'hui sur YouTube de toute cette musique.



01. Never mind the bollocks (Here's the Sex Pistols) - The Sex Pistols (1977)


  Je n'aime pas les révisionnistes, ni les réécritures de l’Histoire. Mais alors pas du tout. Remettons les choses au clair : les Américains sont allés sur la Lune, les nazis ont gazé plein de Juifs, les Arabes ne nous ont jamais apporté la science ou les maths et enfin plus important Michael Jackson est mort. Et la musique punk vient du putain de Royaume de putain d'Elizabeth II ! Les Anglais ne pouvant partir ex nihilo, des emprunts à des précurseurs ont dû être fait, c'est certain, mais rien avant eux n'a réussi à mettre équation un son agressif et restant léger, une attitude de défiance et de provocation anarchisante, ainsi qu'une bonne dose de "j'en ai rien à foutre de vos conneries".
En plus de modifier la matrice blues rock des 50s, le boys band de McLaren a permis à un nombre incalculable de gens comme moi de découvrir qu'il existait quelque chose entre Mozart, les Beatles, ou tous ces autres trucs dégueulasses de vieux/hippies/Motown/world music.
Vous l'aurez compris, c'est cet album qui pour tout un tas de raisons est venu à définir le mot punk dans le champ musical et son influence dépasse largement le cadre de ce style. C'est un des monuments du rock, qui vient boucler la boucle, et poussa les groupes du monde entier à aller dans de nouvelles directions.


Mention spéciale : Slime - Slime (1981)



   Je ne pouvais pas passer à côté de Slime, moi qui parle beaucoup de punk allemand ici. Il faut rendre à César ce qui est à César, le punk rock s'est construit dans l'espace anglophone, plutôt au Royaume-Uni, et n'a atteint l'Allemagne que comme la vague qui se brise sur le récif. Cependant si les Allemands, comme dans tous les styles musicaux et comme beaucoup de peuples, cultivent l'ambivalence se nourrissant des productions mainstream anglo-américaines tout en suivant leurs développements propres, peu de scènes ont affecté aussi durablement la société ouest-allemande. Seuls les hippies 68-ards, écolos, gauchos, dégueulasses et xénophiles ont bouleversé plus encore la société ouest-allemande que les punks de RFA. Et le point de départ de toute cette folie punk in West-Deutschland hergestellt fut Slime. Ne réinventant pas la poudre, Slime arriva à dégager un son typiquement allemand ainsi qu'une attitude anarchiste des plus virulentes, qui a passablement servi de moule à tous les autres groupes ayant eu la bonne idée d'arrêter de singer les anglophones et de se (re)mettre à chanter en schleu. On pourrait aussi parler de Schleim Keim leur équivalent de la DDR, tout autant censuré, mais leur son est vraiment trop moche pour avoir été aussi influent. Contentons nous donc de ce groupe qui resta complètement intègre jusqu'à il y a peu, c'est déjà pas mal.

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