mardi 7 janvier 2014

MANU CHAO - CLANDESTINO

 (1998)



  Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas payé un de ces bons vieux disques de merde, préférant dans une optique positiviste présenter ce que j'aime vraiment sur ce blog. Mais après une soirée au milieu de riches pré-trentenaires blancs élevés chez les cathos et votant à gauche, je me suis souvenu brutalement que les bobos à la con existaient pour de vrai, et leur musique de merde aussi. Il se trouve que Manu Chao est un classique de ce répertoire et qu'on se farcit à l'occasion ses grandes oeuvres. Brutalement je me suis souvenu de mon été 1998 et de l'album qui l'a pourri. Plongeons si vous le voulez bien aux sources du mal.

  Commençons par les points forts de l'album, car points forts il y a tout de même. La production est très bonne, chaque sonorité est bien balancée et sonne de façon limpide. Les différents effets de mixage, samples, ou autres ajouts sonores sont tous ici bien exploités.

  Musicalement on se retrouve avec un ensemble plutôt homogène de 16 pistes à tempo lent et présentant toutes des structures simples et linéaires. Ça ne casse pas trois pattes à un canard techniquement mais elles ont le mérite d'être d'une facture disons honnête pour de la musique world/latine mâtinée de reggae. Des ambiances dansantes ou plus intimistes d'inspiration principalement sud-américaines voire africanisantes se dégagent de l'ensemble et sont bien installées le long de l'album. A la même époque la hype s'enflammait pour le Buena Vista Social Club, on reste donc dans le truc du moment pour la caste boboïde. La musique est très posée, et se nourrit de genres qu'un rageux de mon genre abruti par l'anarcho-punk décrirait volontiers comme "craignos, snobs, ou pour les vieux débris", mais elle n'en demeure pas moins légitime pour ce genre de productions, et peut se révéler même agréable à suivre.

  Le chant par contre laisse plus à désirer, mais ce n'est en rien une surprise avec l'ami Manu. Très basique, un brin chevrotant ou larmoyant, on reprend la formule des albums de la Mano Negra, mais on se foule un peu moins. Cependant, on peut assez facilement faire abstraction de cette faiblesse, en pointant que ces lignes mélodiques faciles s'accordent à la musique sous-jacente. Ce défaut n'est donc que très mineur si on le compare au contenu lyrique de chaque piste.

  Car le point le plus faible de l'album ce sont les textes, d'une pauvreté affligeante tant pour la qualité, où l'honneur n'est sauf peut-être qu'en espagnol, que pour le fond digne de Britney Spears lors des passages les moins inspirés. Sous couvert d'aborder la misère du monde au cours d'une itinérance bohème doublée d'une adhésion supposée aux préconçus de la gauche con-con (qui n'a rien à voir donc avec la VRAIE gauche, soviétique), on se retrouve à nager bien vite en pleine soupe bien-pensante formatée au possible. Entre un marketing bien pensé, un peu d'honnêteté béate et une attitude de social-traitre, Manu taille son chemin sur les différents continents, guitare sur le dos, déblatérant un bon lot de conneries post-hippies de la Fête de l'Huma. Si tu n'es pas un petit blanc riche de pavillon, passe donc ton chemin. L'autre thématique très présente sur l'album est celle de l'amour, malheureux et mélancolique semble-t-il, abordée de façon tout aussi naze, mais le sujet étant plus consensuel, disons que c'est un brin guimauvesque et arrêtons-nous là.


  Au final, bien qu'ayant ardemment haï cet album lors de sa sortie et du matraquage radio qui s'ensuivit, je ne peux m'empêcher de reconnaître qu'il possède certaines qualités. Immersif à défaut d'être subversif, on se retrouvera parfois à ressasser une ligne de basse ou fredonner une mélodie simple et plaintive, presque malgré soi. ' Fait chier Manu Chao.





Je ne vous recommande aucune piste en particulier, démmerdez-vous !

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