samedi 12 octobre 2013

COME CLEAN - PUDDLE OF MUDD

 (2001)


  "Tu n'es plus au Kansas !" Nous savons tous d'où vient cette petite phrase, ce qui démontre bien que nous sommes à des degrés variables confortablement américanisés. Mais c'est surtout la phrase qui pourrait le mieux résumer cet album.

   Puddle of mudd ou "la flaque de boue" (...) est en effet  un de ces groupes ricains qui a le mérite d'avoir été sincère, à ses débuts au moins. L'histoire est toujours la même, et personnellement je m'y retrouve. On parle d'un groupe monté par des potes dans une ville située dans un désert culturel (Kansas City est d'ailleurs jumelée avec Metz, comme c'est drôle). Puis le groupe splitte après deux démos pas mauvaises. Quatre ans passent et là, comme par magie, la bonne fée du nom de Fred Durst -oui le mongolito de Limp Bizkit en personne- invite une partie du crew en Californie, l'Eden rock mondial,  avant de sortir l'album et bam!, un carton national. Scénario de film archi-connu, sauf qu'ici c'est la vraie vie.

   Autant briser le tabou tout de suite, oui Puddle of mudd ressemble beaucoup à Nirvana, mais possède néanmoins son propre son. Et il est beaucoup plus sympa et moins torturé que feu le groupe à Cobain. Le radio-friendly épuré sonne mieux par moments que le "génie" originel. Sacrilège des Internets.Musicalement flotte un doux air de 90s sur cet album (en même temps certains morceaux sont issus des premières démos...). On retrouve du groove, des ambiances légèrement dissonantes ou glauques mais jamais trop pour pouvoir passer à la radio. Les mélodies sont accrocheuses et se superposent bien, même si les évolutions des morceaux sont convenues et parfois prévisibles. Les alternances énergie/apathie sont respectées même si les transitions sont bien plus fluides que pour les pionniers de ce non-style que fut le grunge. La technicité est  ainsi d'un niveau acceptable sans être une préoccupation majeure du groupe, il y a en fait juste ce qu'il faut. De ce côté le travail sera plus important encore, et le résultat meilleur  sur leur album suivant, 'Life on display'.
   La Flaque est un des rares groupes américains qui a réussi à me convaincre depuis les années 2000, mais c'est parce que leur son est très américain justement, cependant sans l'excès et l'attitude de frime communs à une myriade de groupes d'outre-mer.

  Au niveau des paroles, on retrouve une vague rébellion apathique grunge doublée d'un mal-être léger, les textes n'allant jamais trop loin ni dans le fond ni dans l'écriture. Les bouseux parlent aux bouseux et c'est bien comme ça.  Ce qui est le plus important ici, c'est le son, et le chant de Scantlin, très adapté, même s'il est évident qu'il est cobainesque jusque dans les tons.  L'Américain reste dans les grandes lignes classiques de son pays et on ressent des influences variées, tirant sur la country régulièrement. Sans cette voix les morceaux ne seraient pas aussi percutants. On peut remercier les collaborateurs de Durst qui grâce à un bon mixage et une bonne prod l'ont mise largement en avant.

  Au final, un bon album de rock bien produit, bien fait et qu'on aura plaisir à écouter tout simplement, servi par la très bonne voix de Wes Scantlin. Alors oui, c'est pas génial, ça révolutionne pas le truc, mais j'en avais carrément rien à foutre lors de l'écoute. Je ne m'explique pas la dureté des critiques contre cet album, tout comme celles contre Nickeback. Le rock c'est aussi ça.



Recommandé :
- 'Nobody told me'  Same old shit indeed
- 'Control', leur premier single
- 'Said'
- 'Out of my head'
- dans une moindre mesure 'Drift and die'

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