samedi 7 septembre 2013

VOLKSMETAL - VOLKSMETAL

(2012)


  Tout a commencé quand une fois de plus je  zonais sur les éternels vers 5h du matin. Et d'un coup je vois "Volksmetal". Mein Gott. Ça devait arriver un jour (en fait c'est déjà arrivé par le passé plusieurs fois, mais c'était avant Internet, alors j'ai fermé mes oreilles et oublié fissa). Et bien sûr des métalleux français sont tombés dessus, tout comme un métalleux américain le fera fatalement. Comme il n'est pas possible d'écrire un petit commentaire, ce que je ne fais jamais d'habitude, et que la "chro" que j'ai lu était vraiment trop merdique, je vais mouiller les manches et inaugurer mon premier article-réponse. Rien que pour toi Lucificum. Au début ce post était rempli d'insultes, mais maturité et  relectures aidant, il sera plus posé qu'initialement prévu.


  Déjà,Volksmetal n'est pas vraiment un groupe allemand, c'est une formation de l'espace culturel alpin et pré-alpin germanophone. Et alors ça change quoi ?
Ben ça change pas mal la donne si on veut bien comprendre l'origine de cette "chose", au-delà simplement de "C'est des Boches qui ont craqué" ! Étant moi-même alsacien, je peux prétendre voir un peu plus loin que les accordéons, étant donné que les Autrichiens, les Bavarois et les Alsaciens on est comme les Croates et les Serbes : exactement la même merde ! Les trois-quarts d'entre nous ont plus de sang alpin dans les veines que de sang "français" (penchez-vous sur la guerre de Trente ans, vous verrez, toutes les racines du mal alsacien y sont)...  Du coup on partage le même folklore casse-couilles que les gens des Alpes, et les vieux alsacos ont toujours la larme à l’œil quand ils parlent de l'autre pays cher à leur cœur, le Grand Tyrol.

  On est forcé quand on a plus de 20 ans de s'être vu imposé à chaque truc traditionnel de village la volksmusik et ses tubes, les schlaegers, importés droit d'Autriche ou de Bavière. On se sent comme les Brésiliens de Sepultura face à la samba : bien sûr que ça craint comme zik, mais rien à faire, c'est notre culture traditionnelle, elle fait partie de nous. La volksmusik c'est notre dunkle Seite, notre truc à nous, notre fardeau. Il est important pour nous les "jeunes", un jour dans nos vies d'exorciser tout çà. Volksmetal c'est exactement ça : mélanger le métal standard à la volks. Pour la rabaisser d'un certain côté, pour qu'elle aille se faire foutre une bonne fois pour toute, mais paradoxalement aussi pour enfin pleinement l'assumer. Parce que oui même si ça nous emmerde, parfois on aime les géraniums, le cor des Alpes, les Wiener schnitzels, la Rivella, les colombages, les chalets, la bière et les saucisses. Parce que c'est notre putain de façon de vivre, notre putain de culture !

  Bon et blabla mis à part, c'est comment Volksmetal ?
Tout d'abord, c'est un massacrage/repompé second degré des chansons populaires autrichiennes ou sud-allemandes de la fin du XIXè ou du début du XXè ET du hard rock ou du heavy allemand des 80s. Les paroles sont souvent en dialecte, avec des refrains en allemand standard heureusement, mais elles ne parlent plus tant d'amour et de campagne que de mort et de brutalité ce qui est vachement plus metal. Enfin pour ce que j'ai capté, ne parlant que mal le dialecte (hochdeutsch rpz).
Le groupe m'a personnellement fait pensé de façon très appuyée à J.B.O., autre formation allemande de metal "marrant", qui n'en demeure pas moins agréable la plupart du temps. Les J.B.O. sont des légendes (plus populaires qu'Ultra Vomit, vous voyez le genre), rien d'étonnant donc à ce qu'on cherche à copier la recette et aller un poil plus loin dans le délire de mauvais goût. Car au final ce disque est bien l'aboutissement d'un délire, à ne surtout pas prendre au premier degré. Les 12 pistes ne sont qu'une application de l'idée-concept de base évidemment explicitée par le  nom de l'album. Ainsi la production est très bonne et soignée, présentant des moments métal/hard rock parfois bien foutus, même si pour l'originalité on repassera. Quant aux instruments volks, hé bien ils jouent de la volks, ce qui veut dire ce que ça veut dire... Et après avoir écouté du metal pirate, du metal troll, du metal viking, du metal slave, du metal taïwanais, honnêtement j'en suis plus à ça près...

  Les paroles sont bien entendu complétement connes et jouent des clichés à mort. L'alcool et les Fräulein ont une place importante, tout comme l'humour gras et l'attirail métallique type squelette, Satan, Slayer, sang. Le ton est joyeux et taillé pour l'Oktoberfest, ce qui fait chier les puristes à la con pour qui le metal doit FORCEMENT être triste et maléfique, mais ne m'a pas fait gerber tout comme la plupart des autres "chroniqueurs" ayant abordé l'album, que ce soit en France ou en Allemagne/Autriche. Moi je suis pour qu'il existe du metal joyeux, car ce serait trop idiot de n'exploiter que les sentiments négatifs avec cette musique géniale. Bien sûr il ne faut pas être dupe, c'est aussi un plan marketing pour faire le buzz, comme il en existe tant dans la pop ou le metal.

  Au final, pas facile d'approcher ce disque bien particulier, surtout pour une personne non germanisée. Celui-ci nous renvoit en effet toute la problématique musique traditionnelle versus musique moderne dont on cherche toujours une échappatoire potable à l'heure actuelle. Mais surtout, ouais Lucificum t'es un gros peine à jouir de merde. Retourne donc te branler sur du death metal, ou du suicidal black et s'il te plaît quand tu sors de tes plates-bandes, ferme ta gueule.



Pour une fois pas de recommandations particulières, tout se valant à peu près. Vous verrez bien par vous-mêmes.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Articles aléatoires

Blogger