samedi 7 septembre 2013

BASTARDE VON MORGEN - TOXPACK

(2011)


  Pack. Ce mot sonne décidément super bien. Pacman. Tupac. Six-pack. Ça claque quand on le dit et ça donne tout de suite la notion de groupe. Les Suédois par exemple ont les méchants et effrayants Wolfpack, devenus Wolfbrigade aujourd'hui. Et les Allemands ? Ben, ils ont Toxpack. Alors oui c'est moins glamour que les loups, mais après tout les toxs ont aussi le droit de se mettre ensemble pour faire de la musique, non?

  Toxpack est un de ces groupes originaires de Berlin qui connaissent un certain succès, notamment en Russie. Fondé en 2001, la formation a pour seule ambition de faire de la musique de "rue" puisant tour à tour dans le hardcore, la Oi!, le punk tout en tentant des incursions vers le metal. Vaste programme résumé par la devise "Von der Straße, für die Straße" . Faisant pas mal de bruit depuis une paire d'années, leur dernier album était plutôt attendu avec circonspection, les gaillards étant capables du mieux, comme du plus balourd.

   Musicalement le groupe poursuit son étrange mélange à la recette motorheadesque et cherche à innover avec parcimonie. Bien que généralement classé comme punk, cet album est pour moi plutôt un album de hard rock avec des relents punk, bien plus porté sur le heavy que chez ceux se réclamant du même mélange, Betontod ou Troopers en tête. Ainsi la guitare lead fait ressortir fièrement des influences old school : thrash, blues, et heavy (très bon solo sur 'Wunden der Zeit' ou 'Was uns verbindet' notamment). Celle-ci est très présente, et viendra former une véritable deuxième voix officiant au côté du frontman. Le second guitariste, présent depuis 2006, est complétement intégré et semble avoir trouvé sa véritable place dans le groupe. Le reste est carré et sans trop de fioritures, mais assez bien exécuté pour ne pas se révéler ennuyeux.
Par contre autant le dire de suite, le tempo général n'est pas très élevé et les amateurs d'agressivité primaire seront sûrement déçus. Vous trouverez bien plus extrême ailleurs.

  On notera également que le quintet a globalement peu changé sa façon de jouer et nombre de plans des instrumentistes, hors guitare lead, se retrouvaient déjà sur 'Cultus Interruptus', ce qui n'est pas une surprise en soi, mais ne fait jamais bondir de joie.
Enfin, il faut de tout de même saluer les plutôt bonnes intro et outro instrumentales aux noms latins, très catchys et efficaces, avec présence de discrets leitmotivs disséminés de par l'album. Nouveau palier de franchi dans la composition pour les Berlinois.

  Cependant  le plus surprenant chez Toxpack ce sont bien les textes. A priori, vu la tête des mecs, on imagine facilement des morceaux sur le foot ou la bière. Que nenni, que de vilains préconçus ! Le propos est largement introspectif, parfois très réfléchi et aborde souvent notre condition de mortel ici-bas, bien plus que les thèmes sociétaux. On pourra apprécier à sa juste valeur l'utilisation d'un allemand académique de très bonne facture, riche en vocabulaire, avec une syntaxe de fer et en un certain sens, ouais, presque poétique. Par ailleurs, les refrains le plus souvent sont solides et entraînants, formant les véritables piliers des morceaux et généralement leur meilleure part.  Les Toxs n'en sont pas à leur coup d'essai, celà se ressent.
  Les textes sont en décalage avec le son, mais aussi avec le chant qui n'est pas finaud et colle pour ainsi dire bien, lui, à la tête du chanteur. Grosse voix allemande typique, le phrasé est très classique et un peu lourd, sans trop de mélodicité. On nage bien dans le bon gros cliché du chanteur de hard rock teuton. Celà passe sur certains morceaux mais pas sur tous. On soulignera comme mes collègues germanophones, la présence parfois gadget de guests anglophones, venant de formations plus ou moins réputées.

  Au final, le bilan est plutôt mitigé, malgré mon envie de croire en eux. Le groupe se réclamant du streetcore est à coup sûr un de ceux qui bougent le plus ses frontières musicales, n'hésitant plus depuis belle lurette à lorgner franchement vers les territoires métalliques. La maîtrise du propos et du son est là, mais il reste un certain conformisme et une certaine façon de faire traditionnelle un peu lourde qui peut venir gâcher la fête. Dommage, dommage, les Toxpack ont le potentiel de faire bien mieux, de devenir un "grand" groupe,  mais il ne faut pas pour autant bouder les quelques excellents morceaux parsemés de-ci de-là.





Recommandé :
-'Bastarde von Morgen, car le futur c'est nous, n'écoutez pas les (autres) extrémistes.
-'Heute so, morgen so'
-'An all die Dämonen'
-'Das Problem sind wir selbst'
-'Libertas', instrumentale

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Articles aléatoires

Blogger