mardi 20 août 2013

THE AMERICAN DREAM - WALLS OF JERICHO

(2008)

 

 
  Si vous avez fait un peu le tour du blog, vous savez que je suis un de ces mecs un peu pourris sur lequel on ne s'arrête pas trop dans la vraie vie, parce qu'il a l'air d'être un gros naze qui a pas vraiment fini sa crise d'ado. Ainsi comme beaucoup de losers ayant pris l'option "anarchie" au bac à sable, j'ai mon propre classement des disques de l'été, très différent de celui du top 50. J'ai déjà abordé  ces albums estivaux comme 'Fuck the System' (été 2003) ou 'Punkista!' (été 2005), mais il y en a un troisième dans la même veine. 'The American dream' par Walls of Jericho, vous l'aurez compris.

  La formation originaire de Détroit, une ville respirant la joie de vivre, jouant du hardcore US banal à ses débuts puis du metalcore actuellement, n'a jamais été une quelconque source d'intérêt pour moi. "Encore un groupe ricain plus ou moins à la con", telle était mon image d'eux. Il se trouve qu'à l'époque j'avais la vingtaine bien affirmée et jouais par interim dans un groupe de punk hardcore. Le guitariste, qui a fait ma culture punk US et que je remercie pour celà, avait balancé un jour ce CD, disant que ça allait trop loin. Venant d'un gars comme lui, ce geste venait de conférer un tout nouvel intérêt à cet album. Et du coup, 'The American Dream' est devenu LE disque que je m'écoutais aller et retour pour aller taffer à l'usine cet été-là. Il m'a fait tout juillet 2008 à lui seul. Je le connais par cœur, sans toutefois beaucoup l'aimer, et c'est un peu ce qui me donne le droit de faire cette critique/chronique (appelez ça comme vous voudrez).

  Premièrement mon pote a raison : ce disque est celui du trop et de l'exagération. Les Américains en foutent plein la tronche durant 11 pistes d'affilé, l'outro étant quant à elle très mielleuse. On sent la réelle maîtrise du groupe sur ses compos, ainsi que l'assimilation des différents courants majeurs du metal et du punk hardcore, dont les différents apports sont constants et variés tout au long de l'album.
  Les morceaux sont complexes et ressemblent à un exercice de style pour avoir le son de metalcore parfait, tout en faisant étalage de nombreuses démonstrations techniques. Ainsi le batteur et la guitare rythmique s'en donnent à cœur-joie et multiplieront les adresses et variations de registre. Le résultat est certes impressionnant mais perd en spontanéité et parfois en efficacité à mon sens. Les changements de tempo ou dans les lignes mélodiques ont beau être là, efficaces et travaillés, l'impression de mur sonore se perpétue malgré tout à chacune de mes écoutes.
Il serait injuste, par contre, de ne pas faire mention de l'excellente production qui rend l'ensemble encore plus percutant, à l'aide d'une qualité d'enregistrement optimale et des discrets effets de mixage aboutis jusque dans les détails.

  Au niveau vocal, Candace Kusculain se démène et offre une belle performance de screaming collant idéalement au reste. De même les chœurs tout encore empreints d'un fédératisme hardcore sont bien exploités, permettant aux morceaux de gagner en hargne.
L'unique problème est l'impression de monotonie monolithique que procure cette demie heure de cris, somme toute forts semblables. Tare que partagent nombre de groupes de metalcore ou de death metal, genres que je n'aime pas vraiment, voire conchie pour le metalcore, en règle générale, mon avis valant donc ce qu'il vaut...
  Un autre souci commun à la vague metalcore, est le contenu même des paroles. Outre le fait qu'on y parle de psychopathes, ce qui est le comble de l'originalité pour un groupe US, la déception est manifeste quand on se penche sur les textes tant leur vacuité est palpable. Certes on sent de la colère, de la rancoeur, une envie d'en découdre et de la tristesse mais  le tout exprimé de façon si vague que celà en devient presque inconséquent. Hormis pour 'Fuck the American dream' et 'Famous last words', se rapprochant respectivement de l' "american gothic" et du hardcore old school des aînés, qui elles se montrent bien plus vibrantes que le reste de la galette.

  Au final, Candace Kusculain a beau posséder une voix exceptionnelle, celà ne parvient pas à compenser le fait que cet album était celui du too much, de l'orgiaque métallique finissant par se rendre indigeste. Pourtant il est techniquement hyper abouti, mais simplement quelque chose ne le fait pas, malgré les nombreuses fois où on se surprend à se replonger dedans, pour mieux s'en détourner à nouveau par la suite.




Recommandé :
- 'The New Ministry' juste glaçante et malfaisante
- 'The Slaughter begins', même si elle ressemble sur les bords à un ersatz d'Evanescence
- 'Fuck the American dream' mais alors bien profond
- 'Feeding frenzy'
- 'Famous last words'

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