jeudi 22 août 2013

SCHWARZES BLUT - BETONTOD

(2006)


 
  Quand on est petit(e) la musique c'est rarement notre tassé de thé, on préfère à cette période les Legos ou les dessins animés. On ne comprend généralement pas bien pourquoi nos parents ressortent de temps en temps un de leurs vieux disques, l'écoutent sans rien dire, avec une expression étrange sur leur visage. Puis on devient plus vieux ou vieille, et on se surprend à faire comme nos parents.
Ainsi 'Schwarzes Blut' m'est revenu à un moment tendu, et le réécouter a été une vraie plongée en 2006, faisant remonter une foule d'images, de sensations floues que l'on appelle communément souvenirs. Comme l'autre mec avec sa madeleine Pasquier.

  En 2006 Betontod n'était déjà plus un petit groupe local mais pas encore le groupe puissant qu'il est aujourd'hui avec concerts au Wacken et albums dans les charts, ressemblant de plus en plus à ce que furent les Onkelz. Le quintet sortait tout doucement de sa phase "punk 90s" et commença à sortir de l'attitude underground pour se poser comme un groupe sérieux, travailleur, et surtout proposant un son réfléchi. C'est bien simple en 2006, Betontod m'a mis une telle claque dans la gueule, au niveau de celle infligées par Terrorgruppe, Wizo et les méchants oncles, qu'il est devenu le premier groupe allemand actif dont j'attendais avec impatience les sorties et les lives. C'est avec eux que j'ai définitivement plongé dans le deutschpunk, laissant les Américains sur le bas côté de la route du rock, comme sont abandonnés les chiens en août.

  Quasiment les douze morceaux de la galette valent le coup, propulsant ce disque au panthéon des albums clés du deutschpunk de la décennie 2000. Dès les premières notes de 'Generation X', la première piste, ça tape fort, et celà ne s'arrêtera pas. Les compos sont intelligentes puisant tant de le deutschpunk de l'ère pré-Internet que dans le vieux son classique, type Maiden. Le groupe arrive ainsi à placer des plans clairement metal old school sur du deutschpunk basique, tout en gardant un son bien pop et du D-beat. Pas mal non ? A l'époque, j'avais été skotché par le fait que des Européens sortent un truc aussi bien produit que les Amerloques. et j'ai eu du mal à décrocher. C'est surtout la guitare soliste et le jeu du batteur qui m'avait marqué, tous deux étant résolument rock et punk à la fois, conservant la technicité du premier et l'énergie du second, sans jamais verser dans le R.A.C des fonds de bar ou le psychobilly à la con.

  Le chant de Meister est bien mis en valeur et sa grosse voix fait vivre les textes de façon convaincante. Les lignes mélodiques plutôt joyeuses et entraînantes évitent l'écueil classique de la volksmusik pour ne garder que les bons apports du rock teuton des décennies précédentes. Cette voix particulière, du genre "gros Frei.Wild", vient le plus souvent compléter les lignes plus aiguës de la guitare lead et est très bien servie par une excellente production, donnant une âme à l'album et un cachet reconnaissable entre mille au groupe. Le chant véhicule parfaitement les idées des textes, plutôt incisifs et adressés à l'auditoire. S'émancipant de la matrice deutchpunk par laquelle nombre de groupes respectables ont débuté, les Westphaliens s'affichent en trentenaires bien conscients de l'état du mouvement punk. Et de son certain non-sens, mais tout en continuant à respecter ce qu'il y ont trouvé. La crise d'ado est finie, reste la maturité sans l'apathie.
Le groupe a une fibre très émotive également,même si ici il ne verse pas encore dans les excès romantiques que bon nombre de formations germaniques connaissent (Scorpions, Rammstein, etc...) et que lui même va pratiquer dès l'album suivant 'Glaubeliebehoffnung'.

  Au final, deutschpunk + Iron Maiden mais en moins chiant + pop = un des meilleurs albums allemands rock de la décennie. D'ailleurs le public ne s'y est pas trompé, 'Viva punk!' et 'Kinder des Zorns' devenant des classiques encore chantés aujourd'hui, alors que Betontod est en passe de ravir le trône déchu des Onkelz.




Recommandé :
tout l'album sauf 'All die Jahre', ballade au feu de camp en allemand, pas forcément le meilleur des mélanges.

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