lundi 1 juillet 2013

WIDERSTAND DEM TEUTONENLAND - VORKRIEGSJUGEND

(1998)


  Aujourd'hui on va parler d'un petit EP de quatre pistes tout bonnement excellent dans son registre.
Il est l'oeuvre de Vorkriegsjugend (VKJ pour les intimes), un des groupes cultes de la scène ouest-berlinoise des années 80. Une formation à la durée de vie courte qui a bien impressionné son monde avec le mythique et parfois dur d'approche 'Wir sind die Ratten'.
Si l'oeuvre-manifeste du punk berlinois "von den Achtzigern" est reconnue ici et en Allemagne, elle étouffe le petit EP anecdotique dont on va parler. Et c'est dommage, vous vous en doutez.

  Jürgen Heiland, le batteur de VKJ, décide en 1998 de se remettre à la musique, et reprend le nom qui lui a apporté la reconnaissance du milieu. Les autres membres originaux sont, eux, dans la nature et on ne sera rien de plus d'eux. Plus jamais. Ne les cherchez même pas. Du coup on peut voir 'Widerstand dem Teutonenland' comme un EP d'un nouveau groupe, gardant tout de même un je ne sais quoi du VKJ d'antan.
 Et première source de réjouissance : exit les années 80s et la porosité avec new et dark-waves, bienvenue dans les années 90 post-grunge,  où règnent sans partage guitare, basse et batterie.
On a en effet droit à un album de rock dans les clous, ne cherchant pas à expérimenter et s'éloignant des instruments électroniques ainsi que de la sale ambiance Béru les accompagnant.

  Chacune des pistes dispensées ici a son caractère propre mais toutes gardent cette urgence, cette noirceur écoeurée par la société de consommation. Heiland ne se borne pas à singer le passé, il sort un album de bonne facture, alliant des discrets apports de styles éloignés et en vogue dans l'underground d'alors avec son héritage propre.
  Le chant, haineux, rapide, râpeux, est dans la lignée du deutschpunk berlinois bas du front des 80s, tout comme les paroles, acerbes et prônant des bonnes vieilles valeurs punk comme la cleptomanie. Mais au niveau de la musique en elle-même, on retrouve plus de mélodie, plus de boulot dans la composition. Et le résultat est au rendez-vous. Si on aime VKJ pour sa brutalité minimaliste, on est ici surpris par le virage délibérément plus peaufiné. On appréciera les lignes de basse particulièrement sympas ainsi que les petits solis à la guitare se faisant plaisir et la présence d'un D-beat véritable à leurs justes valeurs.

  Au final, quatre pistes c'est peu, on aurait aimé un album complet, mais il faudra s'en contenter.
Chacune est une petite démonstration de maître entre radicalité européenne et la vague pseudo-punk de la fin des 90s.

Pour les allergiques au rentre-dedans primaire, passez peut-être tout de suite au deuxième morceau.


Et tant qu'à faire voilà 'Wir sind die Ratten'. Deux pour le prix d'un.




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