mardi 2 juillet 2013

NEW YORK, RIO, ROSENHEIM - SPORTFREUNDE STILLER

(2013)


  Soyons sérieux quelques instants et parlons d'un groupe complétement mainstream, dans les premières places des charts et qui pourtant produit de la vraie musique. Quittons un instant les rivages ténébreux de l'underground haineux pour nous diriger vers ceux de la pop, la vraie, celle qui peut résister aux années. On ne rigole pas avec Sportfreunde Stiller.

  Ces Bavarois comptent parmi les formations allemandes qui font de la musique taillée pour les rassemblements et la radio sans pour autant prendre les auditeurs pour des cons. Habitués des succès commerciaux, ces aficionados de foot ont été exposés au monde notamment lors de la Coupe du Monde 2006 avec leur single ' '54,'74,'90, 2006', pas très représentatif du reste de leur disco. Le groupe est populaire, à la façon dont Coldplay est/était populaire, sans éclaboussures, sans buzz, sans scandales, et sort d'une relativement longue pause.
Autant dire que la pression était là.

  Le Palmashow disait que pour les Allemands les années 80 c'était hier, et ils n'avaient pas vraiment tort. L'empreinte de cette période kitschisée par ici empreigne encore bel et bien la culture mainstream germanique contemporaine, parfois pour le pire, parfois pour le meilleur. Ici on retrouve des sonorités catchys de synthé qui s'assume, et une basse bien structurée. 'Lets did it!' ressemble ainsi à un pot pourri de la Neue Deutsche Welle façon 1981-1984, la grande époque. Ironique et bien tourné.
 Les productions le plus souvent posées et calmes peuvent s'avérer à l'occasion plus énergiques ('Lederjacke') ou gnan-gnans  ('Festungen und Burgen'). Oui, attention, c'est un album de pop dans les règles de l'art. On y trouve logiquement bien des marqueurs et des repères intemporels du genre, mais aussi des cassures rythmiques ou des ponts sortant légèrement des sentiers battus, cependant avec moins d'ambition que sur 'La Bum'.

   Au niveau purement vocal on note peu de changements comparé aux précédents efforts du groupe. Florian Weber assume toujours le rôle de lead-singer, et son timbre de voix fait de chaque morceau ou presque, un produit SFS authentique.
Les lyrics sont généralement optimistes, un peu critiques mais à peine, avec un certain humour -pas évident pour des Allemands- et vont de pair avec la musique sous-jacente. Et oui, c'est un groupe à texte, encore un, maniant des rimes parfois bien senties, parfois sombrant dans la teutonade facile.
Mais l'attitude positive et espiègle des trois compères fonctionne bien sur la plupart des titres proposés ici. Et c'est pas mal des fois la musique avec de la joie et des histoires d'amour dedans.

  Au final, l'attente a été longue mais les Sportis livrent un bon album pop-rock, un de ceux que j'ai eu plaisir à écouter sur la durée et qui trainera un bon moment dans ma playlist. Une place dans les charts amplement méritée, des rotations radios agréables, c'était donc comme çà quand on avait pas que de la merde dans le mainstream ?




Recommandé :
-'Lederjacke', la plus énergique du troupeau
-'Let's did it !', kitschement bien foutue, NDW ein Leben lang.
-'Einmal Du'
-'Eine Hymne auf dich', AKA venez comme vous êtes
-'Wenn Pferde schlafen'
-'Applaus, applaus', le gros single commercial du skeud

Note : comme bien souvent divers titres bonus sont inclus, n'amenant comme bien souvent rien de bien transcendant à l'ensemble.

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