samedi 8 juin 2013

HERZ FUR DIE SACHE - ZSK

(2013)

Note : cet article a été écrit peu de temps avant ce que les journalistes ont appelé "l'affaire Méric", un fait divers dont vous serez seuls juges.

 Sept années auront été nécessaires à la reformation de ZSK et à la parution d'un nouvel opus, qui depuis quelques jours, hasards malheureux du calendrier, a une résonance bien particulière de ce côté-ci du Rhin. Pour tout dire mon analyse tout aussi bien faite que les autres (...) et la rédaction de cet "article" remonte à un bon mois, seule la flemme de le peaufiner a retardé sa parution. Ce n'est donc pas une réaction à chaud ou un prétexte pour traiter sous l'alibi musical de thèmes sociétaux, non c'est une vraie critique comme les autres, comme celles où je parlais de Terrorgruppe ou d'Avril Lavigne.

  Sept ans c'est long, nos anciens présidents seront bien d'accord, et durant ce laps de temps il peut s'en passer des choses.  Heureusement au niveau de la technique et du son, les "skateurs" berlinois n'ont rien perdu de leur superbe, malgré un premier titre un brin caduc. Le rythme est toujours soutenu à la batterie, les guitares sont toujours légères même si un peu plus empreintes d'une touche émotive que sur leurs premiers albums. Et surtout les breaks et les refrains sont toujours aussi bien menés. Le son est proche de celui de leur début, soit  moins pop ou planant que sur 'Discontent hearts and gasoline', mais l'expérience de la formation rend les morceaux efficaces sans être clichés. A noter que le mixage et l'utilisation parcimonieuse d'effets sonores sont rondement menés.
La marque ZSK n'est donc pas en perte de vitesse, ils font bien du skate punk de qualité.

  Quelques bémols cependant, qui sont en fait eux aussi toujours les mêmes : les pistes en anglais m'ont toujours l'air un cran en-dessous (la faute à la langue sans doute) et les rares moments où les Berlinois flirtent avec la joie, comme sur 'Was wollt ihr hoeren ?', tombent à plat. Les happy melodies c'est pas leur truc, tout simplement.

  Au niveau du chant, on note que les choeurs ont une place bien plus importante et qu'ils sont utilisés à bon escient. On remarque aussi d'emblée que le chant est direct, puissant, voire gueulard et surtout qu'il a perdu ses sonorités parfois nasillardes. Un gros effort a été fourni de ce côté et on le ressent tout de suite sur les morceaux peu mis en avant par la promo.

  Si tout l'emballage est bien, voire très bien, venons-en au sujet qui fâche comme bien souvent : le fond. ZSK souffre depuis ses premières démos du syndrôme de l'artiste engagé. A savoir que tout ce qu'il fait est présenté sous un angle politique et bien entendu manichéen : "moi gentil/ eux méchants bouh ouin ouin". Leurs hymnes à l'unité, à friter du nazi, casser du fasciste, c'est comme ils le disent sur 'Punkverrat' plus punk, ni même cool. Ça fait juste chier. L'impression d'écouter les fantasmes de guerre civile espagnole d'un CGTiste est particulièrement lourdingue, de même que les descriptions des situations désespérées à venir.  De la pure merde antifa typique qui cache des relents débilisants loin des idéaux communistes originaux, man. "C'est antifasciste man, donc c'est cool man". Bé non. C'est tout aussi facho que Goldofaf, mais en même pas marrant.
Ah oui, il y a tout de même à signaler deux morceaux qui ne sont pas tout à fait des branlettes communistes : 'This fight is far from over' traitant de la chasse à la baleine et 'Punkverrat' étrangement lucide comparé au reste.

  Au final au niveau musical ZSK est toujours un excellent groupe, à la pointe de ce qui se fait de mieux dans le punk rock européen. Le son est d'une facture rarement égalée avant la grande année que fut 2012. Mais il me reste une sale impression à l'écoute de cette galette et ce qui n'était qu'un pressentiment que l'on pouvait ignorer sur leurs disques précédents est ici particulièrement dérangeant : le discours est politisé, au-delà de la provocation gratuite, et sert une cause bien différente de l'anarchie gentillette de pavillon qui m'avait plu dans le punk. Ce disque pue les organisations d'extrême gauche "antifascistes" qui ne sont que les soeurs ennemies de celles d'extrême droite. Ce disque véhicule donc de la haine, et je ne cautionne pas cette mouvance qui cherche à récupérer le punk pour l'inféoder à un quelconque mouvement politique structuré. Allez vous faire foutre, bande de cons braillards et aveugles, le punk n'est pas à vendre à un parti. Il ne se vend qu'aux maisons de disques. 


 

Recommandé au niveau purement musical :
-'Soll das alles gewesen sein ?', la ballade du skeud
-'Bis jetzt ging alles gut', le single commercial bien fait
-'Punkverrat' feat. Bela B.
-'Lichterketten'
-'Before we go', super bon au niveau musical, moins au niveau de l'anglais.

 



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