jeudi 11 avril 2013

MED IS I MAGEN - ASTA KASK

(1985/1991)


  Si le Royaume-Uni et les États-Unis se partagent en maître depuis 30 ans les meilleurs groupes punks du moment, il n'en reste pas moins des scènes très fertiles dans tout le Nord et l'Est de l'Europe. Parmi les pionniers du punk rapide on trouve une nouvelle fois ces brigands de Suédois. Ils sont de tous les mauvais coups et de tous les styles musicaux, décidément, à croire qu'on se fait bien chier les nuits d'hiver là-haut.

  Au mitan des années 80 la question est la même partout : devenir adepte du nouveau son hardcore ou continuer à l'ancienne quitte à être taxé de "trop pop" ? A cette épineux problème la plupart des grosses pointures nordiques ont répondu par la première solution et se sont lancés pêle-mêle dans le crustcore-suédois-de-la-mort. Mais une poignée de groupes, au demeurant très obscurs de par nos contrées (même pour moi), ont choisi de rester légers, rapides et un peu mélos, donnant naissance au "trallpunk", spécialité locale, à l'esthétique à la fois old school et tolérable pour un fan de Blink-182. Tout en conservant un fond très critique, à la différence de cess méchants Américains, tous vendus au Capital. Et c'est pas compliqué, dans le trallpunk Asta Kask sont les rois, les patrons inimitables.

  Musicalement, on a droit à du rock très abordable, plutôt linéaire, et rentre-dedans. Le dynamisme est clairement le maître mot. L'énergie et la vitesse de jeu, notamment du batteur et du bassiste cimentent les morceaux pour l'essentiel, déroulant un D-beat à la fois simple et bien carré. Les guitares sont plus en retrait et moins consistantes que la basse, très alerte et agréable à suivre. On peut de plus être satisfait que la seconde guitare, osant le solo sur certains morceaux, apporte avec parcimonie sa touche  de façon judicieuse, sans alourdir l'ensemble. Le tout est donc plutôt homogène voire monolithique, mais reste sympathique au fil des écoutes succesives. Bref, pour l'époque c'est relativement novateur et au-dessus du lot, et même si depuis la fin des années 90 cette façon de jouer n'a plus rien d'exceptionnel, ça fait toujours plaisir à entendre.

  Le son presque positif est par contre en décalage complet avec les textes exposés ici, qui s'ils ne vont pas souvent trop loin, sont très critiques, désabusés et ont une forte teneur morbide ( "je ne vois pas de lumière, je ne vois pas d'espoir" sur 'Inget Ljus' entre autres). Les "ennemis" habituels des punks y sont pointés du doigt : l'Etat et surtout sa politique d'aliénation du citoyen, l’Église protestante nationale, l'armée -suédoise ou américaine-, et dans un certain sens la monotonie voire la morosité d'une vie de lambda en Occident comme sur 'Robotar lever'. C'est donc encore au niveau des paroles que le groupe reste le plus proche du magma punk du début des années 80, alors que ses morceaux se font plus accessibles, plus "cools" ou comme on dit en terme pseudo-journaleux, entrant dans la catégorie "easy listening".

  Dernier point : au niveau du chant, il ne faudra pas vous attendre à trop de sensiblerie. La musicalité ne prime pas et les mélodies sont très basiques même si les refrains typiques du punk font toujours leur petit effet. On trouvera ainsi plusieurs vocalistes, dont un "gros gueulard" et un "teenage punker", ainsi que de très solides choeurs et sing-along.
Pour les frileux aux langues germaniques, on peut ajouter que le suédois est plutôt fluide à l'oreille et ne vous fera pas pleurer comme de l'autrichien ou du néerlandais. Un amateur inconditionnel de productions anglophones peut y jeter une oreille sans risques, promis, juré.


  Au final, si vous aimez la musique qui bouge bien, dans la vague des premiers Damned mais en un peu plus célère, et que les parlers grummeleux du Nord ne vous embêtent pas, ce groupe est pour vous ! Les Allemands de Rasta Knast, ne s'y sont d'ailleurs pas trompé, reprenant beaucoup des codes édictés par les rois du "trallpunk". C'était le genre de disque très frais fin des années 80 et qui reste toujours sympa à se passer de temps à autre.

 

Recmmandé particulièrement :
- 'Sexkomplex' bien rentre-dedans
- 'Välkommen Hem' ou une enième histoire entre Amérique et Vietnam
- 'För Kung Och Fosterland', pour le Roi et la Patrie, ben oui
- 'Dom Får Aldrig Mig'
- 'TV'n' ou une vie avec cette chère télévision.

Note : la version présentée dans la vidéo n'est pas la plus parfaite qui soit et présente des pistes en double ('Sexkomplex'), dans le désordre ou encore que je n'ai pas pu identifier ! Le Cd datant de 1991 est en effet légèrement différent du vinyl de 1985 au niveau du contenu... De plus la vidéo a dûe être fabriquée à partir de plusieurs sources, voire plusieurs versions différentes..Néanmoins, c'est déjà pas si mal de pouvoir écouter ces morceaux sans payer, en attendant de trouver et d'acheter le CD de vos rêves.

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