jeudi 14 mars 2013

PUNKISTA - AVSKUM

(2003)

 

   2003 en France, est pour le grand public généralement associée  à DJ Bobo et son chihuahua, Diam's et son DJ, Florent Pagny et sa liberté de penser ou encore Lorie et son air latino. Pour ceux qui ont un peu plus de goût à Placebo, Kyo, Linkin Park et Evanescence (lolilolol). Mais 2003 c'est aussi la date de sortie d'un des skeuds qui a marqué à mon sens l'ensemble de la scène vénère :  'Fuck the system' par The Exploited. Peu de productions peuvent rivaliser avec ce monument de riffs bourrins et crétinisants. Peu, oui, mais il y en a, et 'Punkista!' est de cette trempe.


   Avskum fait partie d'une scène qui reste pour moi encore nimbée de mystères : le D-beat blackened crust suédois. Ou quelque chose comme çà. Pour la petite histoire ces Suédois, littéralement subjugués par le nouveau son et le nouveau rythme surtout de Discharge, se sont lancés au cours des années 1980 dans une vaste campagne d'inspiration/pompage, reprenant à leur compte des riffs gras et agressifs ainsi qu'une imagerie noire, morbide et nucléaire, qui j'en suis sûr a dû inspirer quelques temps plus tard les premiers des blackeux du coin. Bref alors qu'Abba et la pop merdique du Nord rivalisaient encore avec les 'raggares', cette vague plus que punk, pas encore hardcore, donnait naissance au pire son européen disponible à l'époque. On citera volontiers des grands noms comme Anti-cimex, Mob 47 ou Totalitär pour mieux illustrer cette scène. Par ailleurs, on peut retrouver plusieurs membres de ces groupes dans une sorte de supergroupe nommé Wolfbrigade, grosse référence dans le genre. Avskum est donc une de ces formations typiques du punk suédois des années 80, qui comme beaucoup d'autres a continué à sortir des LP tout au long des décennies suivantes. Pour quel public, je me demande parfois.

  Au niveau du son, on pourrait dire de façon très parisienne que le groupe a gagné en maturité sans toutefois perdre de vue ses racines. En effet la base est toujours la même qu'en 1984 : un riff méchant tournant plus ou moins en boucle, une basse vrombissante, du D-beat et un type qui beugle dans un micro, tantôt en suédois, tantôt en anglais.  Mais les finitions sont exemplaires. Les quelques effets de manche du batteur sont bien placés et évitent toute monotonie de s'installer pendant que des solis décousus et apocalyptiques se greffent à la trame principale. Les pistes sont toutes d'une durée très courte, bien évidemment. Dans ce registre cloisonné, du grand art aux frontières du hardcore, du punk originel et du metal.  L'ensemble est donc très homogène et pourtant plus on l'écoute plus on s'approprie chacune des pistes. Seule 'I hate your fuckin' war song' dénote un peu par son côté plus désespéré et moins énergique. La ballade du CD en somme.

  Le chant puissant, rauque et mauvais pour les cordes vocales s'accorde à merveille avec le reste. Il reflète tout à fait ce sentiment de colère habituelle et de rejet inconditionnel du système capitaliste et militariste dans lequel nous vivons toujours. La piste d'intro 'Fight back capitalism' vous donne une idée du ton au bout de 1 minute : ça va chier. Au menu critique de la guerre (contre le 'terrorisme' menée par Bush surtout), du consumérisme, du capitalisme, de la société qu'ils engendrent ainsi que d'autres prises de position anarchistes du type. Mes notions de suédois étant imparfaites, et le chant n'étant pas très clair, je ne peux me prononcer sur leur contenu exact, mais les pistes en VS présentent des textes apparemment tout aussi primaires et agressifs que celles en anglais. Mais tout de même un peu plus intelligents que ceux de Wattie Buchan.

  Bref, c'est pas content, c'est suédois, c'est débilisant, à l'ancienne mode mais en mieux joué. Le fusil d'Avskum n'a jamais changé d'épaule, leur topo est toujours le même, ils n'en ont rien à faire, et c'est rudement bien comme çà. Une invitation à se plonger dans une scène régionale au final passionnante. Carrément, ouais.



Recommandé : globalement tout mais les meilleures pistes sont à mon sens :
- 'Ingen manniska ar illegal' au texte soigné et restant dans le crâne
- 'Girigbukar' très subtile
- 'Sla Tillbaka' toujours aussi subtile
- 'Losers union' qui réveillerait un mort
- 'Fight back capitalism' AKA 'Ça va chier grave'

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