mercredi 20 mars 2013

FOR THOSE WHO WAIT - FIREFLIGHT

(2010)

 

  La véritable ouverture d'esprit est quelque chose de difficile à atteindre et pour ceux qui ont déjà lu un ou deux de mes "supers" articles, vous devez savoir que ce n'est pas mon fort. Mais parfois on peut être vraiment surpris. Jamais de la vie, je n'aurais pensé kiffer à fond un album d'un groupe de rock chrétien. Mais alors jamais de la vie. Et pourtant c'est arrivé. Près de chez vous ou pas celà dépend.

  So, Fireflight quid ? Sans vouloir copier Wikipedia, on peut déjà avancer que c'est le genre de groupe que normalement on hait sans même avoir prêté attention à leur discographie. Ils cumulent tous les handicaps : ils sont chrétiens-blancs-classe-moyenne-anglo-saxons, jouent du rock US type, sont bien commerciaux et enfin sortent de Floride, l'équivalent américain de la Beauce en terme d'importance culturelle. Mais n'empêche, ils ont un truc qui fait que celà n'a pas d'influence.

  Musicalement on s'inscrit dans un rock américain très années 2000, à savoir ayant digéré intelligemment la révolution grunge et le passage au numérique. Cette espèce de rock pêchu ne tombant pas dans le métal, est un des courants à mon sens produisant le meilleur son "mainstream".
La construction des morceaux et la maestria de chaque instrumentiste n'est pas extraordinaire mais suffit à être agréable et intéressante dès la première écoute. Pour pousser un peu, c'est la même recette que Frei.Wild ou Betontod appliquent de ce côté de l'Atlantique, et ça le fait. Chaque piste a sa propre personnalité tout en gardant l'ensemble cohérent. On alterne généralement les refrains qui envoient le bois (avec modération, hein, le rythme est toujours bien carré et sans D-beat) et les intros ou breaks plus posés. Rien à redire, ce sont des bons zikos qui oscillent entre rock FM, hard rock et (post-)grunge .
  Seule 'Name', une des deux ballades de service, se vautre en plein dans ce que le cliché du rock chrétien veut qu'il soit. Et c'est bien baveux comme on aime pas, à la façon d'une mauvaise chanson Disney. L'autre, 'All I need to be', fait mieux.

  Si la musique évite grosso modo les travers classiques du mauvais rock christianisé que l'on a tous déjà croisé, les paroles sont un peu moins abouties. Elles ne sont pas au-dessus du lot et se cantonnent à faire passer le message de l'Evangile. Sur les 10 pistes présentées, toutes sans exception sont donc une ode à Dieu et à son seul et unique Fils, Jésus-Christ. Le tout est servi avec une certaine force, une espérance et une joie de vivre affichées, typiques des vrais chrétiens et le contraire de ce que je présente habituellement. On savait où on mettait les pieds, aucune tromperie sur la marchandise.
Les textes sont cependant plutôt bien mis en valeur par la chanteuse et frontwoman, Dawn Michele, qui opère dans un registre plutôt classique mais toujours efficace tant dans les refrains nécessitant du coffre que dans ceux plus intimistes. Si le son est bien en soi, comme souvent, le chant fait la différence.

  Enfin détail qui a son importance, la production est excellente et variée. Le mixage est juste terrible, mettant chaque élément à la place qu'il fallait et sans qu'aucun ne prenne trop l'ascendant. De même l'usage de sonorités variées, comme les violons ou le piano, est bien géré, hormis l'intro de la piste numéro un , 'For those who wait', un peu too much.


  Au final, le rock chrétien est perçu généralement comme le parent un peu trop gentillet, pour ne pas dire neuneu, ainsi que pleurnichard de la famille large du rock. Et la plupart du temps c'est vrai. Mais si on passe un peu au-dessus des paroles (ou non ?), on pourra trouver de bons trucs. Et dans le cas présent un super bon truc. Et même la présence de violons n'a pas réussi à tout gâcher, c'est pour dire.




Recommandé :
-'Desperate', mais ça c'était avant Jésus
-'Fire in my eyes'
-'Core to my addiction'
-'New Perspective', grâce au Nouveau Testament

A fuir :
-'Name'

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