dimanche 3 mars 2013

DON'T ASK FOR PERMISSION - ACIDEZ

(2012)


  Vous vous souvenez de Charged G.B.H, les Anglais qui ont été parmi les premiers à faire un punk direct, rentre-dedans, bête et méchant ? Vous aimez The Casualties, le groupe américain qui ressemble très fortement à G.B.H ? Ben voilà le groupe mexicain qui se la joue Casualties. L’Europe c'est mort, l'avenir est en Amérique du Sud.

  Né il y a déjà dix ans le groupe vient de la charmante ville de Guadalajara, deuxième ville du pays, aussi peuplée que Paris intramuros. De par chez nous on est plutôt habitué aux productions de type mariachis ou rap de chicanos, la faute aux médias US et français ne vivant que sur les clichés, mais en Amérique du Sud la vraie musique de la jeunesse c'est bel et bien le rock sous toutes ses formes. L'Argentine a sa scène, le Chili aussi, il fallait bien qu'un pays corrompu comme le Mexique, avec tant de violences au sein de sa société, accouche tôt ou tard d'un groupe de ce type.

  Le son n'est pas original. Il n'y a rien de neuf si ce n'est qu'ils jouent mieux que sur leur opus de 2008, -No hay futuro- plutôt médiocre. Pas de fautes techniques majeures, ni de fautes de goût, juste l'impression d'écouter une version fromage hollandais fade des groupes fièrement arborés sur les T-shirts de ces "punkys de plastico". Ce n'est pas mauvais en soi, mais ce n'est pas inoubliable.

  Au niveau de la technique pure, les riffs se ressemblent, il n'y a pas d'excentricités au niveau des structures des différents morceaux. De temps à autre on aura droit à un petit solo à la guitare plutôt thrash (le guitariste aime arborer des T-shirts Megadeth, il a bon goût) venant agrémenter un son très old school. Quant au tempo et à la section rythmique, on a bien droit à notre dose de rapidité et de nervosité, cependant sans grands traits de génie. Mais ce qui est relativement saisissant et qui plombe l'album est la durée excessive des morceaux. La barre des 3 minutes est fréquemment franchie et on commence à s'ennuyer de la trame simple de certaines pistes. Dommage.

  La plupart des titres sont chantés en castellano, l'espagnol sud-américain débarrassé des sonorités sèches des Ibères et c'est plutôt fluide. La voix du chanteur, Tupa pour les intimes, est en plein registre "sale" mais demeure efficace. Même si son jeu vocal est du 100% copié-collé de celui du frontman des Casualties... On compte à titre anecdotique trois pistes en anglais dont la traduction de 'No pidas permiso'. La diction est carrément mauvaise, mais c'est la preuve que le groupe a une visée plus ou moins internationale. Au niveau des paroles on tombe sur des appels à la "lutte" où la défiance envers le système et ses règles le dispute à une volonté de vivre libre. Le tout saupoudré d'un peu de destruction et de quelques clichés so 80s. Ni Dieu, ni maitre, viva punk, en somme.

  Si on peut être content qu'un groupe qui sera perçu comme punk à cause de ses crêtes obtienne un peu de visibilité, remettant l'image d’Épinal du punk iroquois de nouveau dans le circuit, on peut regretter que celà sonne plutôt moyen le plus clair du temps. Un paradoxe ambulant résumant bien la question des poseurs au sein d'une scène et qui ne manquera pas de polariser l'opinion... Néanmoins tout n'est pas à jeter chez nos amis punkeros, et les fans du street punk direct pourraient s'y retrouver. Laissons le temps faire son effet et on aura peut-être une galette d'exception venant de ces gars un jour, qui sait.




Pistes recommandées parmi un ensemble homogène :
- 'No existen reglas' bien qu'un peu longuette
- 'Fuera de tu ley', la plus rapide du lot
- 'Linea de muerte' contre l'émigration mexicaine et les frontières
- 'Pierdes tu tiempo', fuck les conservateurs de toutes cultures et tous bords.

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