samedi 9 février 2013

THE SERENADE IS DEAD - CONFLICT

(1984)

 

  Quand on cherche sur YouTube la meilleure chanson punk de tous les temps, un aimable Néerlandais nous donne une réponse des plus intéressantes : 'The serenade is dead'. Si la question est forcément soumise aux débats et autres prises de positions, il se pourrait bien que notre sujet de Beatrix van Nassau ne soit pas si loin du compte.

  Pour ceux qui l'ignoreraient, aucune honte à celà, Conflict fait partie des pionniers de l'anarcho-punk et a de très nombreux liens avec les aussi mythiques sur le plan politique que mauvais musicalement Crass. Cette mouvance qui n'est toujours pas morte aujourd'hui, représente le côté radical d'extrême gauche de notre bon vieux rock, et certains diront le seul "vrai" punk. Le présent EP de 3 pistes est paru en 1984, date très symbolique et qui marque surtout la fin de l'âge d'or du punk british. Rien de surprenant à ce que ce disque sonne comme un testament audio de la mouvance, au moment où les Pistols et les Clash étaient définitivement des vendus et que le futur du punk britannique allait s'appeler uniquement The Exploited ou G.B.H....

  Les paroles de chacune des trois chansons sont complexes, longues, et décrivent bien cette ambiance de fin :le groupe hésite entre continuer ou abandonner dégoûté, on le sent.
Le propos très conscient aborde d'une façon presque romantique (oui, vous avez bien lu) bon nombre de thématiques. La guerre, comme aux Malouines, l'Etat et l'Eglise -deux facettes d'une même pièce au Royaume-Uni-, le système "capitaliste libéral", l'évolution de la scène et surtout le sentiment que rien ne changera jamais même si on braille très fort.A titre personnel, je trouve celà encore plus cruel comme constat, quand on se dit que 30 ans après peu de choses ont bougé, si ce n'est en pire...
L'Etat ne pouvait que gagner et le "système" est bel et bien le plus fort, tel est le constat.

  Musicalement la première piste, 'The serenade is dead' est plutôt posée et débute avec une basse rondouillarde bien sympathique. Sa construction plutôt standard et presque pop, parvient malgré tout à très bien illustrer le propos du collectif. Les deux suivantes, 'The positive junk' et 'The system maintains', par contre repassent aux choses sérieuses et s'ancrent complétement dans l'anarcho-punk acide, vénère et déglingué que l'on aime tous (...). Ces deux morceaux  un brin primaires balançent bien la sauce, mais en conservant un minimum de mélodicité et en réussissant l'exploit de ne pas sans verser dans le hardcore aneuronal. Le chant y est rapide et relativement puissant, et le flot important des paroles  que l'on pourrait apparenter même parfois à du rap (mais pas complétement non plus, faut pas abuser) ne vient que renforcer ce sentiment mitigé de désillusion encore teintée de colère.
Bref Conflict a des choses à dire, et ça débite.

  Au final, bien que très court, ce petit EP sans prétention est un bijou direct "from the eighties"et comme dit plus haut, le plus alarmant est que ces mecs avaient raison à l'époque, mais encore plus maintenant, ce qui en dit long sur l'état assez merdique des nos sociétés occidentales. Et les autres aussi d'ailleurs.



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