jeudi 21 février 2013

POP ART - TRANSVISION VAMP

(1988)


  Le concept de "la Belle et la Bête" est un sous-genre en soi du metal contemporain, qui m'a toujours fait penser, personnellement et dans les grandes lignes, à un produit marketing pour adolescentes. Mais il n'y a rien de bien neuf là-dedans, oh non.

  Déjà par le passé on pouvait avoir droit à notre flot de clips débilisants avec des vilains garçons et une fille au physique avantageux. Seule la musique en elle-même différait.
C'est en fouillant dans la merde des années 80, qu'est revenu ce vieux groupe oublié des internets : Transvision Vamp. Le son, pour qui passait sa vie devant la télé allemande ou british de l'époque, vous sera sans doute familier sans que vous arriviez à mettre exactement un visage sur les interprètes.

  Difficile à croire mais ce groupe connut un grand succès dans les pays de culture rock -donc pas la France-  jusqu'aux balbutiements du grunge et représente par bien des aspects le côté aseptisé et commercial jusqu'à la moelle du rock de l'époque. Celui qui énervait tout le monde vers la fin.
Durant 10 pistes vont donc s'étaler tous les gimmicks pop les plus éculés des 80s, claviers et sons électros inclus, mêlés à une guitare se voulant furax mais au final elle aussi tellement pop.


        Le concept est encore plus flagrant sur la pochette du single : la belle et les voyous.

  Le propos des chansons est plutôt inintéressant et sans grande profondeur, mais c'est ce qui rend l'ensemble si marrant aujourd'hui. Tout comme la musique, c'est une succession de clichés et de gimmicks faciles mais néanmoins accrocheurs. La chanteuse, Wendy James, disposant d'une voix chaude et de réelles aptitudes fait cependant vivre à merveille ce fatras lyrique un peu neuneu, passant sans complexes du putassier au mièvre. Et c'était pensé, marketé pour faire effet.
Comme dans bon nombre de disque pop, le groupe est très secondaire et c'est elle qui est la véritable star, c'est elle qui doit focaliser l'attention de l'auditeur.

  Musicalement, l'album est écrasé par son tube génialissiment cliché 'I want your love' qui fait de l'ombre à une petite moitié de titres délicieusement kitschs et de haute facture tel 'Trash City' ou 'Sex Kick'.
Les guitares et back vocals sont assurés par le petit ami d'alors de Wendy, oeuvrant dans un registre plutôt rock FM mais avec des solis et des solides influences rock'n'roll, voir blues rock. A titre de comparaison sa sonorité est proche d'Afterburner des ZZ Top, autre succès de l'époque.
 Cette double influence de rock pour mauvais garçons et de rock rétro est retranscrite tout au long de l'album sous une couche de synthé parfois épaisse.
On pourra noter que la basse est assurée par un ex-membre du groupe punk plutôt pas mal, The Partisans. Un beau retournement de veste.

  Pour ce qui est des rythmiques et des effets électroniques, on nage en plein paroxysme eighties. Ils ont suivi le truc à la mode et l'ont balancé sur chaque piste sans pitié. C'est risible en 2013, mais c'était ce qui marchait à l'époque de Billy Idol et autres. Là encore c'est un choix délibéré de produire quelque chose de formaté pour faire "des tubes". En témoigne l'horrible 'Sister Moon', la ballade de service.
Car ce qui m'a le plus choqué est l'aspect furieusement marketé et propre de cette fusion de rock'n'roll, hard rock et pop pensée pour plaire au plus grand nombre à l'époque. Un pur produit de la phase post-Adrenalize de Def Leppard coupé avec du vieux Madonna.

  Au final, bien que la production soit kitsch, il n'en reste pas moins quelque chose laissant perplexe à l'écoute de cet album. Terriblement daté le son reste pourtant même au premier degré efficace sur certains morceaux, alors que pour d'autres on sombrera aisément dans le pire des années 80. La personnalité (comprendre par là le physique) de la chanteuse et l'attitude des blousons noirs l'accompagnant méritent le détour mais ne sont pas toujours très convaincants. Un vrai produit MTV,un pur, un dur.
Un des rares albums dont je ne sais vraiment pas quoi penser.



   Et bien sûr le tube avec le clip de l'époque et une blonde dans une robe rose des plus douteuses.



Recommandé pour se la péter en société  genre "la pop c'est rien de nouveau" :
-'Trash City' qui vaut vraiment le détour
-'I want your love', très putassier et très pop à la fois
-'Sex Kick', toujours aussi putassier mais plus hard
-'Tell that girl to shut up', super pop là aussi

Si vous aimiez 'Take my breath away' vous pourrez aussi vous pencher sur les pistes plus posées comme 'Wild Star', si vous étiez plutôt 'The Loco-Motion' il y a 'Revolution Baby'

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Articles aléatoires

Blogger