mardi 26 février 2013

ALLES IST VERGÄNGLICH - ALARMSIGNAL

(2012)


 
2012 fut pour le deutschpunk  une grande année, sans vouloir me répéter. Une des meilleures cuvées depuis le tournant du millénaire. Tous les groupes, des plus commerciaux aux plus intègres ont sorti leur galette. Sauf Wizo, toujours au stade de réanimation hasardeuse.
Et le pire de tout étant que celà valait quasiment toujours la peine de se pencher dessus. Il fallait donc un temps certain et un certain temps avant de pouvoir aborder sereinement ce 'Alles ist vergänglich' par Alarmsignal. Qui n'a rien à voir au passage, avec ce gros bouffon de Fler (rappeur plutôt fier de son héritage allemand post-WK2)...

  Jusqu'à présent la formation de Basse-Saxe avait fourni quelques hymnes solides à l'image de 'In Frankreich brennt der Himmel' ou 'Wir leben' mais surtout pas mal de bon gros bouzin pas très original ou simplement pas terrible. C'est donc avec une appréhension toute naturelle que l'on aborde cet album lors de la première écoute.

  Au niveau purement technique on reste certes sur du punk rock (ou plutôt du deutschpunk, ce qui commence à se différencier assez sérieusement du "rebel-mainstream US") très classique : c'est-à-dire pas très difficile à exécuter. Mais d'emblée ce qui frappe ce sont les changements de tempo et la structure à proprement déglinguée des morceaux. Cette succession de courts moments s'enchainant parfaitement et sans aucun arrêt, procure un sentiment d'urgence et d'énergie assez impressionnant dans le genre. Et c'est dur à jouer dans son intégralité, putain !

   Les compos sont donc 'abwechslungsreich' au niveau de leur charpente, mais aussi des styles utilisés et des émotions instillées par la guitare. Il n'est pas impromptu que dix secondes de ska s'invitent ('Revolte, Revoluzzer, Fernbedienung') ou que du rock plus classique sous formes de solis fasse irruption au milieu de la disto. Et les moments qui balancent la purée sont fort nombreux, c'est quand même ce qu'on vient chercher, mais ils ne sont pas tous dans le même registre. Les influences variées et diverses sont bien là : productions US modernes, des années 90s ('Front X' sonne clairement Casualties) mais surtout le made in Germany. Et là on s'en prend plein la gueule. Le son brut des années 80 se mélange aux versants plus pop et mélos actuels sans oublier les classiques du deutschpunk du début années 90s totalement kaputt. Ils sont tous passés à la moulinette et digéré par le groupe.

 On pourrait croire qu'on a droit à un ensemble rapiécé et décousu en lisant tout celà. Oui mais non.
Ce qui unit l'ensemble est le chant du nouveau frontman, Bulli. Rien à voir avec le bonhomme de neige. Relativement puissant il ne verse jamais dans le hardcore pourri ou le mélo chiant. Il reste âpre mais n'en est pas irritant pour autant. Exercice délicat. Il est accompagné par des chœurs judicieux et nombreux, signature ancienne d'Alarmsignal.

 Et le fond, hein ?
Le groupe aborde ici des thématiques elles aussi très variées, tantôt personnelles ('Zeig mir den Weg', 'Herz trägt Trauer') tantôt ouvertes sur le monde. Ils traitent ainsi de la filière alimentaire, de la politique des frontières de l'UE, de la supercherie du punk, de révolte contre le système et des "puissants" qui nous font bien chier au quotidien. Des thèmes standards, mais avec un éclairage plus intéressant que ce que les Américains proposent en la matière (trop de Bible) ou encore pire les Français (trop de Parti Socialiste). Comme beaucoup de membres de la scène punk allemande le message est pragmatique, anti-raciste, révolté mais ne tombe pas des les pires clichés et les pires conneries qui sont véhiculées de ce côté du Rhin sous couvert d'être de gauche. Mais là on s'égare...


 Au final, à l'image de ce soldat soviétique sur le Bundestag, Alarmsignal porte haut les couleurs d'un punk rock dur et intègre mais facile à écouter. Ils sont prêts à planter leur étendard au sommet avec un son varié, riche, synthétisant tout ce que les sales gosses de Germanie ont fait depuis 30 ans. Cet album va rentrer dans mon top 10.




Tout l'album étant bien et sans parent pauvre, je vous recommande son écoute intégral. En une fois ou pas, vous êtes aptes à choisir par vous-mêmes.

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