samedi 12 janvier 2013

UNSTILLE - DER WEG EINER FREIHEIT

(2012)


  En voici un disque qu'il est sympa. Du black metal sans truc satanique ou nazi, et même avec pas trop de mort dedans. Bref l'inverse de Taake. Comme si c'était possible de faire quelque chose de posé avec ce style de metal, finalement.

  Der Weg einer Freiheit, ou en VF la voie d'une liberté  -ne vous fiez pas à la mauvaise traduction de la grosse radio en première page Google- est un projet jusqu'à récemment bicéphal. Fondé en 2009 par deux Bavarois avec des têtes de geek à claquer, il ne reste en effet depuis la sortie de l'album plus qu'un des deux membres fondateurs, Nikita Kamprad, et un batteur recruté en 2011.
 Contrairement aux albums précédents du groupe on a droit à une vraie prestation à la batterie, loin des sons électroniques moyens que l'on pouvait connaître par le passé.Et la qualité s'en ressent d'emblée.

  Si le chant est tout à fait blackeux, aucun doute là-dessus, le fond du propos est pour le moins "original". Introspectif, se questionnant sur la réalité de ce monde ou de nos vies, on est loin du 'Heil Satan' ou du 'True Pagan' qui ont longtemps dominé la scène. Non les textes, même si ils sont toujours criés comme dans un abattoir, sont définitivement loin d'être complétement cons. Disons même plutôt intello sur les bords.

  Mais la force du groupe, c'est bien en entendu sa musique. Restant dans les standards du genre, elle présente son quota de guitares déchirées dissonantes et d'agression sonore, mais on a envie de poursuivre l'écoute tant certains passages sonnent "comme il faut". Parfois très aérien et fantômatique  (l'intro de 'Zeichen' ou les riffs d'outre-tombe de 'Lichtmensch'), le groupe parvient à instiller le sentiment de Sehnsucht métaphysique avec brio.
Je ne sais pas si c'est parce que l'album a été produit loin du grand Nord, mais on est loin de la froideur et de la rudesse des créations scandinaves.
Loin de sonner défaitiste ou lourd, le son  peut même s'avérer plutôt optimiste par instants, entre deux moments contemplatifs ou méditatifs. Une chose que l'on attend pas forcément d'ordinaire dans ce registre.

  Ensuite, oui, il y a du clavier. Mais en quantité infime, et pour une fois joué d'une manière plus qu'adéquate. Discret, il fait écho à la ligne de guitare secondaire, plus obsédante et mise en avant.


  Au final, si vous vous posez les grandes questions de la vie, êtes un peu blasé sans trop de raisons et que vous ne supportez pas les trucs satanistes, jettez-y une oreille.
Je ne suis pas spécialement féru de la scène BM, bien que j'en sache plus que le profane apparemment, mais c'est là un des meilleurs albums du genre que j'ai pu écouter. Tout en étant le moins malsain.
L'émergence d'une forme plus léchée de ce bon vieux black metal ?




Sur les 6 pistes toutes bonnes, le meilleur :
-'Zeichen'
-'Zu Grunde'
-'Lichtmensch'

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