mercredi 9 janvier 2013

TAAKE - TAAKE

(2008)


   J'étais seul, avec la grippe pour seule compagnie, pensant à la misère de ma vie, à la haine que j'éprouve envers la société contemporaine, pensant à ma solitude, quand ma main, mon ineffable main agrippa ce qui restait là, dans sa tombe, depuis l'an 2009, l'éponyme trace de Taake. Là où autrefois je me serais simplement contenté de punk hardcore ou des premiers Burzum, plus rien n'avait la même saveur. Il fallait quelque chose de plus méchant, de plus noir ... et d'audible ! Ou dit normalement, j'ai ouvert ce fichier moisissant sur mon PC depuis 2009, des Belin Monaco plein la bouche, et me suis passé cette galette de 7 pistes bien longues.

  Précédent l'excellent Noregs Vaapen, cet album est lui aussi de très bonne facture, bien que beaucoup plus traditionnel et conventionnel. Mais après tout quand on veut du black metal, c'est rarement pour l'ouverture d'esprit du genre. 'Atternatt', première piste donne le ton pour la suite.
On est dans le BM de haute facture, bien carré, on sait où on met les pieds. Énergique, nerveux et agressif, tout ce qu'on peut chercher dans la musique pour se sortir de sa léthargie. Mais avec des breaks planants, tristes et désabusés, des déchirements misérables de riffs.

  C'est donc un black metal classique, mais et c'est ce qui me plaît chez Taake très rock, très primaire avec un soupçon de punk hardcore. Et de la double pédale plein la tronche. Les morceaux, longs, sont d'une facture complexe mais cohérente instillant la haine, le grotesque, le bruitiste et l'épique dans les proportions nécessaires. On a même droit à un solo à la fin de 'Motpol' des plus sympas.

  Moins varié et "frais" que son successeur la production est cependant très léchée ici aussi. Le mixage est exemplaire et rend justice à l'ensemble de riffs tournant en boucle qui vient se planter dans l'esprit. La succession des ambiances, de la volonté de se battre de façon épique à un certain désespoir apathique, y est donc encore une fois très réussie. La grandiloquence qui m'avait marqué sur 'Noregs Vaapen', est également de la partie, bien qu'à un degré moindre.

  Quant aux paroles... Ah les paroles de ce bon vieux BM. Toujours les mêmes rengaines. Satan, les runes, la Norvège, la mort, l'Enfer, les trucs pourris, la mort, les tombeaux, la mort, la mort et la mort.
Les paroles ne servent donc toujours à rien à part faire genre-c'est-trop-dark. J'adore.

  Au final, si je dois être chevauchant une rosse fantôme sur une crête de fjord et vêtu de la cape des Nazguls, j'aimerais bien que ceci soit la bande son de ma cavalcade.




Les tubes de cet album :
-'Velg Borg Livet', passant par tous les états
-'Unmenske', génial riff d'accroche
-'September Omsider'

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