samedi 5 janvier 2013

III - DER W

(2012)


  Très chers frères, très chères soeurs, bénis soyons-nous. Le Messie est de retour. Pour la troisième fois.  Alors qu'il pourrait se contenter de se reposer sur ses lauriers des plus amplements mérités, ou sur sa marque de fringues -chères-, Stephan Weidner, la Paix Soit sur Lui, nous offre dans sa générosité transcendantale 12 nouvelles pistes.  Mes très chers frères, mes très chères soeurs, la parole contenue dans ce troisième effort mérite-t-elle d'être entendue, ou simplement considérée comme hérétique à l'image des deux premiers albums solos du W ?

 Vous n'êtes pas sans savoir que ma religion est "Boehse Onkelz" depuis mon dernier article traitant de la nostalgie pour les "dieux d'autres dimensions" (enfin surtout de Francfort jusqu'à présent).
Pas facile de se démarquer de son lourd passé, pour Stephan Weidner. Et pourtant, depuis le début de sa carrière solo, il se démène pour faire quelque chose de différent. Et pour cette présente galette, il est allé loin dans l'évolution et la transformation, s'entourant ainsi d'un batteur américain, issu d'un petit groupe de campagne nommé Pro-Pain. Rien que çà.

  Pas étonnant qu'on ait droit à un album très américain, présentant un hard rock d'autoroute pour camionneurs et citadins décomplexés avec le rock gras et méchant typique de l'Outre-Atlantique.
La basse est, on s'en doute bien, l'élément structurant le plus souvent des morceaux groovys, puissants et surtout bouffants à tous les rateliers. Hard rock, blues, stoner, pseudo-grunge, thrash metal, Boehse Onkelz, Foo Fighters, les influences sont multiples et digérées dans une synthèse des plus abouties au mitan de ce que chacune peut apporter. Les morceaux présentés ici ne sombrent pas dans l'excès et semblent se poursuivre naturellement de cassures en cassures mais sans toutefois se révéler répétitifs. Pas facile à écrire.

  Le tempo général n'est pas très élévé, l'approche étant plutôt stoner, même si l'agressivité nécessaire est présente sur les trois quarts des pistes. Des solis de guitares, vraiment pas dégueulasses, sont répartis un peu partout (ceux de 'Vergissmeindoch' ou 'Lachen steckt an' entre autres sont très bons) ainsi qu'un très bon jeu de basse.
On aura de même droit à la power-ballade de rigueur, 'Kafkas Träume', aux accents tragiques avec son piano lent, en accord avec les paroles plutôt dures.

  Au niveau du texte, Weidner ne trahit pas son univers personnel, très sombre et légérement torturé mais le propos est plus léger, plus grand public, plus introspectif que celui des Onkelz.
Il faut reconnaître que s'il n'est pas un très bon chanteur, se contentant de parler ou d'utiliser les deux mêmes lignes mélodiques la plupart du temps, c'est un très bon parolier, et il parvient à faire passer l'émotion souhaitée au moment souhaité.
 Les textes sont très loin d'être une accumulation de gimmicks automatiques, ils sont réfléchis et témoignent là encore d'une grande maîtrise (même si c'est pas du Goethe, on est d'accord).


  Au final, oui, c'est un très bon album de rock. Il est à mettre à côté la disco des Onkelz, mais se construit de façon totalement indépendante. Pari réussi au troisième essai, pour celui qui fut la tête pensante d'un des meilleurs groupes de tous les temps.
Energique, mélancolique et stoner à la fois, "Drei", possède de multiples facettes, en faisant plus qu'une simple galette bouche-trou. C'est le genre d'album sur lequel on se serait tapé un fixe pendant des années avant Internet. Amen.



De quoi vous remplir la tête utilement :
-'Operation Transformation'
-'Herz voll Stolz'
-'Kampf den Kopien'
-'Kafkas Träume'
-'Lektion in Wermut'
-'Stirb in Schönheit', avec sa super intro !

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