dimanche 13 janvier 2013

EARTH AND SUN AND MOON - MIDNIGHT OIL

(1993)


  Il y a des groupes avec lesquels on vit pendant quelques années, avant de laisser un peu tomber, et de s'y replonger à nouveau plus tard. Midnight Oil est de ceux-là.
Leur discographie étant très vaste, complexe et variée, on trouvera forcément de quoi se sustenter selon l'humeur du moment.

  Earth and sun and moon fait partie de ces disques à écouter en période de vache maigre, bien à l'abri, pour avoir un truc de décent au milieu de l'invasion médiatique de la musique de merde.
Passé largement inaperçu à l'époque, à cause de la vague grunge balayant tous les grands groupes des 80s, il s'inscrit paradoxalement dans la même démarche. Fini les superproductions, les Australiens voulaient revenir aux bases, avec un son plus organique et moins synthétique.
Ce disque est le point de départ du processus les menant à leur son de fin de carrière.

  Le propos est toujours aussi dur dans la bouche de Garrett et se centre, comme l'indique la très belle pochette, sur des problématiques à la fois australiennes et universelles. Les mêmes sempiternels thèmes reviennent : le consumérisme, l'écologie, les Aborigènes (sur 'Truganini' spécialement) et l'état de leur pays suspendu entre capitalisme US, démocratie et colonialisme britannique. Il faut dire que l'évolution des choses n'était pas très satisfaisante...
 Cependant l'écriture est toujours d'une bonne qualité, plus que standard, le texte n'étant jamais le parent pauvre des compositions.
De même le chant du futur politicien est toujours aussi atypique et recherché, même s'il entame un assagissement qui aura son apogée sur l'album suivant, Breathe.

  Musicalement, le groupe continue à faire de la musique rock plutôt calme et posée, la mélodie prenant le pas sur l'énergie. Les compositions sont très travaillées et faussement linéaires, les lignes secondaires de guitare plus qu'efficaces le disputant au clavier/piano faussement à la Doors quand il se lâche ( sur 'Renaissance Man' entre autres). Le retour aux bases se sent, la formation reste dans les grandes lignes une formation rock classique, sans expérimenter plus que celà. On est loin des grandes heures du son tortueux des Oils du début des 80s, on évolue plutôt dans un pop-rock très nineties fortement marqué par le blues et les grands anciens du rock.

  Là où Diesel and dust, et ses prédécesseurs offraient une vision très sombre, le présent album est plus positif et dans un certain sens solaire. Le groupe se paie même le luxe de flirter avec la world music bobo avant l'heure, avec l'apparition de bongos, guitares sèches, des chœurs incantatoires (sur 'Bushfire', 'Now or neverland' notamment), mais sans que celà en devienne rédibitoire ou neuneu.
Une seule réserve, enfin, 'Tell me the truth', lancinante et un peu molle. Il faut être dans un certain état d'esprit sans doute pour apprécier.

  Au final bien que pleinement inscrit dans le paysage musical anglo-saxon de son époque cet opus n'en est pas moins toujours appréciable selon les critères "contemporains". Il ne sortira jamais des limbes de la pop-culture, et sans doute seuls les vieux gars l'écouteront encore d'ici peu, mais en attendant profitons-en.




Recommandé :
-'Earth and sun and moon'
-'My country'
-'Feedin' frenzy'
-'Truganini'
-'Drums of Heaven'
-'Now or never land'

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