samedi 8 décembre 2012

LE PUNK HARDCORE US : UNE HISTOIRE SANS FIN

   Derrière ce titre plutôt neutre se cache en fait un pamphlet contre une des dérives les plus nuisibles  de la musique contemporaine, à mon humble sentiment. Plus le temps passe et plus le punk hardcore américain m'emmerde. On dépasse le simple stade du "je sais que ça existe, mais je vais l'ignorer".
Cette forme de punk, ou plutôt le punk poussé dans ses derniers retranchements et abâtardi avec l'honni heavy metal de jadis (souvenez-vous les jeunes, au départ le metal c'était pour les tâches tout de même...), se répand partout grâce à notre aimé réseau World Wide Web.

   Contrairement à son petit frère chétif, le pop punk US de la fin des 90s qui a mes faveurs, ce gros balourd de HxC, n'est ni agréable, ni intéressant dans ce qu'il nous offre. A court terme, il faut reconnaître que son aggressivité et surtout ses breakdowns peuvent être plaisants, mais à long terme on se rend compte que comme avec les tristes punks brittaniques et allemands de la fin des 80s, on a affaire à un genre stérile en soi, n'amenant rien et ne proposant rien. Quelque chose de très américain en somme, du "reprezent da hood" à l'état pur. Une mentalité de ghetto directement pompée de celle des quartiers noirs.

  Mais là où les punks originaux, c'est-à-dire soyons bien d'accord les Anglais, présentaient au final une révolte contre l'establishment post-victorien plutôt arty et avec une démarche pseudo-intellectuelle, les Américains nous étalent de la culture pop américaine de télévison, déjà en soi horripilante, de la bière, de la baston et du "j'ai trop la haine, je suis trop un chaud". Super. C'est ce qui a plombé les scènes oi! en Europe, à peu de choses près... On pourra trouver bien sûr, des variations du discours en fonction des groupes, mais le fond commun c'est bien celà. D'une profondeur typique des anciennes colonies...

  La différence majeure c'est que nos groupes Oi! européens se sont retrouvés relativement cloisonnés sur leurs "marchés" nationaux pendant près de 20 ans, ce qui doublé de la réputation de nazillons des skins a contribué à la marginalisation de cette scène. Pas de soutien, des langues différentes, ont maintenu ces scènes dans leur ghettos. Hormis les skins et quelques punks, personne n'en avait rien à foutre de la oi! avant l'ère numérique.
Mais les scènes nord-américaines étaient en contact, et ont pu se maintenir et devenir de plus en plus connes avec le temps, prospérant jusqu'à envahir l'espace numérique. Combien l'Amérique a-t-elle enfanté de groupes de kékés qui ont mal digéré Charged G.b.h ? Des centaines. Et le meilleur est que cette scène est devenue indépendante, s'auto-référençant à coup de "Oh my God, when I was a kid this sound just blown me away !" et blablabla.
Bien sûr c'est le plus couillon qui l'a emporté, et au-delà de la médiocrité assez générale du son, on perd surtout le fond et c'est bien là que celà devient vraiment dommage. Le hardcore est devenu un bruit qui peut se perpétuer sans risque tel quel pendant encore des décennies, sans fin.

  Aujourd'hui quand on joue du hardcore à l'américaine, on ne fait que se comporter comme un gangsta wannabe mais version white trash. C'est donc bel et bien de la pop merdique mais adaptée à un public en rut au mieux, au pire la classe préparatoire à Blood and Honour. On est bien loin des critiques et de la radicalité anarchisante, du conflit de classe et donc de l'extrême gauche de notre cher Vieux Continent...

  Alors ouais, il faut reconnaître que de temps en temps un trip régressif avec certains de ces Ricains est sympa. Mais quand on me parle de l'histoire du punk, surtout via médias US, et qu'on ne cite qu'à peine les Pistols et les Clash pour me parler pendant 107 ans des Dead Kennedys (fuck Jello Biafra) ou des Gorilla Biscuits, celà m'insupporte. On fait l'impasse sur tout un pan de la culture rock. Pour parler du punk, il faut parler de ce qui l'a précédé, le prog rock majoritairement brittanique, le soft rock, et le disco. On ne peut pas passer sous silence 1977 à Londres et au moins les 5 ans qui suivirent...  Crass, Conflict, G.B.H., Damned, UK Subs, Varukers, Discharge, à négliger ?
Sûrement moins qu'un tas de coloniaux mal dégrossis et mal dans leurs Converses.
Sans doute que ce qu'il manque à ces Américains c'est une société sclérosée par une morale laïque de merde, un politiquement correct du quotidien assommant la liberté d'expression, et l'ingrédient magique de l'époque, un bon vieux mur barbelé avec de l'autre côté tout un empire hostile. L'URSS c'était bien plus hardcore comme pays que les Etats-Unis (et je parle même pas du Canada).

  Ouais ça fait chier cette réécriture de l'Histoire par les nerds US....

Note : Dans un registre proche mais pas tout à fait, le punk rock N'EST PAS né aux Etats-Unis dans les années 60. C'tte connerie... Certes il y avait de sacrés allumés là-bas en ce temps-là mais pas de punks. Et non, les Ramones n'ont pas été le premier groupe punk. Leur attitude était proche peut-être, mais leur style est bel et bien rock. D'ailleurs on blâme les Pistols pour n'être qu'un boys band à la solde de McLaren (ce qui n'est pas si faux d'un certain côté), mais durant les 80s qui a été le premier groupe "underground" à se comporter comme une franchise, hein ? Qui s'est gavé de ces putains des Beatles de merde jusqu'à plus soif ? Los Hermanos Ramones !

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