samedi 8 décembre 2012

FOR BLOOD AND EMPIRE - ANTI-FLAG

(2006)

  Anti-Flag est actuellement un groupe que je ne suis plus trop. Non pas parce qu'ils ont signé sur des majors et contredisent leur discours des jeunes années. Ça à la limite, c'est normal. Non, leur son est simplement devenu assez... inintéressant. Un peu comme à leur débuts, où une chanson de temps en temps était vraiment agréable, mais un album entier devenait carrément chiant. Le groupe d'éternels teenagers révoltés a pourtant connu quelques albums de grâce, à la croisée du "punk éthique" de leurs débuts et de la bonne grosse pop commerciale. 'For Blood and empire' est un témoin de cette période particulière.

  Au niveau des paroles on retrouve les thèmes libertaires chers aux Pittsburghiens : dénonciation de la guerre et des politiques économiques ultra-libérales principalement. Pour un groupe américain qui touche aux masses, un appel à la prise de conscience. Pour ceux versés dans les alternatives au capitalisme sauvage, ou dans l'histoire immédiate américaine, un doux ron-ron. Non pas que les textes soient mal tournés, loin de là, mais pour qui n'a pas 14 ans, rien de neuf sous le soleil de la Côte Est.

  C'est donc du côté de la musique en elle-même qu'il faut chercher l'intérêt. Et dans un sens tant mieux. Musicalement, on retrouve la même énergie que le groupe a toujours affiché avec des sections rythmiques solides et entraînantes sur une bonne moitié des morceaux, le tout mâtiné d'une maîtrise certaine des codes musicaux. Moins touffu que précédemment leur style a été revigoré par une tournure pop. Les mélodies bien rocks le disputent aux incartades folks ou aux sections de cuivres. Ainsi 'One trillion dollars' et 'This is the end (for you my friend)', bien plus posées que 'State funeral' ne perdent rien à être devenues des ballades. Cependant il ne faut pas en conclure que le groupe offre une pâle version de "Die for your government". Les influences old school sont toujours bel et bien présentes, simplement ils sont passés un cran au-dessus. C'est la mélodie qui l'a emporté sur la hargne.

  Au niveau du chant, pas de grosses surprises, Justin Sane et Chris#2, se partagent toujours le micro et officient dans leur registre. On a toujours l'impression qu'ils ont douze ans, mais comme ils sont à fond, celà passe comme celà a toujours passé. Les choeurs et les sing along sont à l'honneur, et les lignes principales sont ultra-faciles à retenir. Du bon boulot !

  Au final, un album entraînant et dansant, mais qui ne témoigne pas d'un reniement complet de la scène diy même s'il est très propre sur lui et très pop. Une majorité de pistes excellentes y sont présentes mais pour Anti-Flag ce fut aussi le début d'une phase d'expérimentations hasardeuses et d'un manque de renouvellement. Tiens ça me fait penser aux Clash...




Le meilleur d'un très bon album :
- 'The press corpse'
- 'Emigre'
- 'Confessions of an economic hitman'
- 'One trillion dollars'
- 'This the end (for you my friend)'

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