samedi 8 décembre 2012

DEUTSCHRAP HOOLIGAN - JOE RILLA

 (2008)

 

Disclaimer : Avant de lire tout ceci pose toi la question, que cherches-tu avec cet album ?  Franchement ?


  Il y a des concepts comme çà, on est obligé d'y jeter une oreille tellement ils sont graves. Heavy metal old school chinois continental, hardcore punk turc, rap de hooligan allemand. Tellement contre-nature, tellement "falsch", que forcément il y a quelque chose de lourd à la clef.

  Quand j'étais gamin, le hip hop c'était quand même définitivement un truc américain, de noirs américains, dont certains bien craignos portés sur le suprémacisme noir et le misérabilisme ghettoique.
L’Allemagne de l'Est c'était la terre où les néo-nazis refaisaient parler d'eux et où il n'y avait quasiment que des Allemands "pure souche". Une terre où le rap n'avait pas sa place. Quant aux hooligans, c'étaient bien souvent des apparentés aux skins, avec une fâcheuse tendance à la Oi! et au salut hitlérien alcoolisé. Des types qui ratonnaient les proto-weshs de l'époque. Le prototype du fan des vieux albums des Onkelz. Le mélange des deux semblait bien hypothétique et pourtant...

  De l'eau a coulé sous les ponts, le rap s'est instillé comme un poison aux quatres coins de la planète. L’Allemagne a pris sa place au sein de la nébuleuse hip-hop sous l'influence de labels comme Aggroberlin, qui présente des productions parfois excellentes, aussi bonnes que le son d'Outre-Atlantique et qui n'ont rien à envier aux merdes francophones qui pullulent. Ça choque toujours les puristes, mais ouais, les Allemands et les Russes sont des chauds en rap. Dans l'ancien Reich de 1000 ans celà passe parfois encore mal, mais Bushido, Fler, Sido, et d'autres ont ouvert la porte à toute une génération de jeunes, à la différence de "chez nous" pas obligatoirement d'origine exogène. Joe Rilla appartient à la génération de Sido, celle qui a fait explosé le marché, juste après les fondateurs. On reproche souvent à ces rappeurs leurs idées sexistes, leur apologie de la violence et au final leur adhésion à l'extrême droite, point sur lequel ils sont très lucides en général et sur lequel quelques punchlines bien senties balayent vite les soupçons.

  Cet album n'est pas une ouverture sur "l'Univers du rap allemand". Il enfonce le clou et va plus loin en l'associant à celui déjà bien connu des hools. C'est donc un espèce de crossover. On connaît la réputation des hooligans de l'Est, tout y est transposé sur des instrus typiques du hiphop germanique.
Un son froid, descendant de la Neue Deutsche Welle, avec parfois guitares électriques, et sans concession comme les blocs de l'Est. Les samples sont minimalistes, on peut oublier les productions pompeuses US. Froid, sombre et dur. Les rythmiques primaires viennent renforcer ce sentiment d'écouter de la musique brute, presque simiesque, sans vouloir être offensant. Et c'est bien dans ce créneau que l'efficacité est au rendez-vous.
  On retrouve beaucoup de repères du hip-hop : l'egotrip, la fidélité au quartier et à l'Ostgebiet revenant comme une incantation, le rapport au père, les dédicaces, l'apologie de la force. Mais c'est bien l'aspect violent et "no future" qui fait de ce rap de blanc un truc vrai. On surprendra même le hool à se livrer sur sa propre condition, éloignant le spectre d'un autre rappeur avec un pois chiche dans la tête.

  Accompagné en featuring de valeurs sûres, Joe Rilla ne déroge pas à l'esprit de clan si casse-couille chez "nos amis" les rappeurs. On trouvera de même les inévitables biatchs de service. Le flow de Hagen alias Rilla est lent et pesant. Lourd c'est le mot. Les punchlines sont comme des coups de poings dans la face, le lourd succède au lourd, à l'exception des horribles pistes "décontractes" qui virent à la farce. Sur les 19 pistes dispensées ici, une petite sizaine sont assez dispensables voire pénibles, le reste étant vraiment fat.


  Au final, si jamais vous vous êtes déjà demandé à quoi pourrait ressembler du vrai rap de blanc, ben voilà la réponse. Ce serait intéressant qu'un francophone du genre émerge (et pas Goldofaf, hein), ça changerait du paysage stupide et inauthentique du rap français rempli d'immigrés hypocrites et de musulmans qui ont trop de liens avec les fachos verts pour être écoutés.




Fat :
-'Sound des Betons'
-'Deutsch Rap Hooligan'
-'Hart und stolz'
-'Zeig mir was du hast'
-'Fremder Bruder'

Gros bouzin :
- 'Heb die Faust hoch'

Note 1 : Honnêtement, toutes ces histoires de hip-hop d'extrême droite, celà coule de source. La mentalité de gang est crypto-fasciste et a un très fort potentiel raciste. C'est toujours la même chose que les noirs américains qui ont la haine. Certains franchissent ouvertement le Rubicon, d'autres s'en abstiennent. Seulement ici, ce sont des Allemands qui ont la haine, alors forcément ça fait chier les bien-pensants...

Note 2 : Comme je sais que le rap nazi c'est mine de rien assez recherché, et sans faire l'apologie de ce genre, ne vous cassez pas la tête avec les types du label Aggroberlin, ils sont tous cleans.
Pour ce genre de merde, il y a n.Socialist Soundsystem....
Un phénomène qui mériterait un article et qui quand on fait le parallèle avec les productions "nationales" montre bien que toute la merde de weshs dont la France dégouline n'est qu'un ramassis de propos nationaux-socialistes venant d'horizons plus lointains que le Rhin... 
Gerbant et à gerber avec pignon sur rue. Liberté d'expression à géométrie variable ?

19 commentaires:

  1. Mais vraiment tu mériterais que personne ne lise ton article tu as une tel violence dans tes paroles et de plus tu es raciste

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  2. Je te remercie vivement pour ce commentaire constructif à plus d'un titre.
    Non seulement tu es le/la premier(e) à émettre un commentaire de type "c'est nul" mais tu cumules avec le premier commentaire de type "sale raciste". Tu as en conséquence gagné un gâteau fait maison pour ton investissement personnel.

    Plus sérieusement, un album de rap "hooligan" allemand, c'était sûr que celà n'allait pas être Candy au pays des Bisounours...
    Pour la violence, tu repasseras, le monde a toujours été et sera toujours violent.

    Pour le racisme, je suis tellement anti-raciste que je ne supporte pas les différences de traitement entre "groupes ethniques". Trouves-tu celà normal qu'on ne présente que des rappeurs, d'origine parfois lointaine, africaine ou arabe au sein du hip-hop français ? Dans les années 90, ce n'était pourtant pas le cas.
    Trouves-tu normal ce double langage adopté par certaines grosses pointures de la scène, à propose des "souchiens", des "Chirac", sans compter les homosexuels ou les Juifs ?
    Trouves-tu celà bien ce culte du "Nous" contre "Eux", véhiculé par le gangsta rap et ses dérivés ?
    Moi, non.

    De plus, me semble-t-il, il y avait au moins 3 indications claires de ma part sur ce point dans cet article.
    Enfin, le reste du blog présente volontiers de la musique avec un propos gauchisant voire anar.

    Je m'attendais à ce type de réponse un jour ou l'autre. C'est ce qui m'a toujours énervé chez les bien-pensants français. Vous vivez dans le déni des faits les plus élémentaires.


    Bien joué, sarouche, non ?

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  3. De la merde "ost berlin" comme l'analyse de l'auteur

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    1. De la merde "anonyme" comme l'analyse de l'auteur

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  4. Probable cela n'en reste pas moins la vérité

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    1. Ah ah. Donc tu n'es pas un troll.
      Très sérieusement peux tu étayer un peu ton propos ? Celà m'intéresse d'avoir un avis contraire, quel qu'il soit. La critique est généralement constructive. Sans propos injurieux, je peux accepter la plupart des commentaires négatifs et même changer.

      Merci d'avoir répondu posément.


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  5. Premièrement c'est un "rap blanc" donc l'éthique devrait jouer hors c'est faux puisque musicalement et son style vocal reste identique a un "rap black" , il chante en allemand certes cependant à part un look "tuning gabbers' d'après rilla c'est des hools , il n'en reste pas moins un rap normal avec variante très légère....

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  6. Ton point de vue est intéressant. Je n'avais pas envisagé ta critique sous cet angle, je l'avoue !

    D'un point de vue strictement musical, l'album n'est pas en effet très original, surtout pour le paysage de l'est de l'Europe.
    Je te rejoins complétement donc sur ce point, la variante n'est que légère. Comme la plupart des albums hip-hop/rap d'ailleurs, genre qui ne m'intéresse pas plus que Céline Dion à l'ordinaire...


    Mais ce qui m'a intéressé dans cette "chose", c'est bien ce que pouvait raconter ce gros hooligan rappeur. Le fond si l'on peut dire, même si le fond dans le hip-hop c'est rarement transcendant.
    Comment un "hooligan", truc typiquement "blanc européen", pouvait adopter les codes du gangsta rap né chez les "noirs américains" ? C'est quelque chose d'assez fascinant comme processus.

    Ce n'est qu'en ce sens que je l'ai traité de rap de blanc.
    Comme un produit d'un type qui n'est pas issue d'une vague migratoire, qui ne vit pas dans un environnement où les minorités ethniques sont majoritaires mais qui reprend les codes des gangs US (à la différence d'Orelsan par exemple, qui rappe plutôt mal certes, mais ne s'inscrit pas dans une logique de gang de rue fictif ou réel).

    Sans vouloir entrer dans une longue discussion, je ne vois pas ce que tu veux dire à propos de l'éthique. Encore une fois sans aucun sous-entendu ici.

    Désolé pour le pavé.








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  7. LOrsque je parle d'éthique c'est par rapport au fait qu'il ne soit pas issue d'un "US black gang " , si on prend son clip par exemple "Hooligan rap" on voit très bien que hormis le contexte qu'il montre est différent ( tuning , bombers , que des blancs...) c'est de çà dont je voulait parler. Pour finir çà n'en change rien au code d'un rap black ( belle caisse , vetements de caïd et qu'une ethnie visible avec 150 types dérrières....). D'où le pourquoi ton analyse de joe rilla est fausse (pour moi) dans le sens où il n'en reste pas moins un rap typique

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  8. Hé bien celà sera le mot de la fin. Merci d'avoir donné ton avis, beaucoup plus intéressant que ce que ton premier commentaire laissait entendre.

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  9. Alors par ou commencer...
    Bonjour tout d'abord,

    « Contre nature »…vraiment ? Je pense que l’emploi de ce terme est inadapté, mais après cela est mon simple avis. Je ne pense pas que le paradoxe soit contre-nature au contraire la nature même pullule de paradoxes. Mais là est un détail contrairement au reste de votre analyse.

    « N’ont rien à envier aux merdes francophones qui pullulent » ; ce jugement est dénué d’objectivité et de réalisme, car il existe bien des rappeurs français qui artistiquement sont excellents…mais bon la demi-mesure n’est pas votre fort apparemment. Quand j’entends un Lucio Bukowski qui sur son N°66 expose une culture littéraire assez dense, un Hippocampe fou qui joue avec les sons et les mots avec une truculente frivolité déconcertante, un Fuzati qui attaque le papier au vitriol, Gaiden qui cogne durement avec ses punchlines, les svinkels et leur rap de comptoir…votre avis me fait sourire, à défaut de pleurer.

    L’apologie, ou pour nuancer la mise en avant du sexisme et de la violence ne sera jamais un trait de lucidité, mais au contraire une médiocrité lancinante. Ces répertoires ont été épuisés ad nauseam...rien de lucide là dedans, bien au contraire.

    « Ça changerait du paysage stupide et inauthentique du rap français rempli d'immigrés hypocrites et de musulmans qui ont trop de liens avec les fachos verts pour être écoutés. »…vraiment ?! Soit vous ne vous intéressez qu’au rap underground surmédiatisé ce qui serait bien triste, et votre commentaire semble le confirmer, soit vous regardez un peu au-delà de ce qui passe sur les ondes hertziennes ou la TV et vous découvrirez d’innombrables rappeurs « blancs » revendiquant des valeurs bien chauvines, loin des clichés que vous-même vous nourrissez.
    Inauthentique ! Le rap français est l’une des plateformes rap les plus variées de la scène mondiale ! Entre le Rap : Ghetto, bobo, geek, commercial, ricain, franchouillard, punk, electro, jazz, reggae,…la France se place dans le TOP 5 de la diversité musicale au niveau du rap.
    NB : Orelsan n’a rien d’innovant ! Le rap geek, de loser existait bien avant lui, donc penser à lui pour exemplifier souligne une connaissance de surface de l'univers rap. Donc je n’adhère pas du tout à vos propos dans la mesure ou ils sont limites et les démanteler ne relève d’aucune difficulté…il est facile de décrier des clichés en utilisant des clichés…
    Mais peut-être que je me trompe et que l'intégralité du Rap français est de la daube, inauthentique, identique, et je ne sais quoi encore, mais étant encore loin d'avoir épuisé la discographie du rap français, je ne peux affirmer de telles aberrations.

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    1. Salut à vous cher ami et merci tout de même d'avoir gaspiller un peu du temps de votre vie pour me répondre. A moi de faire de même.
      Je vous remercie d'avoir posément donner votre avis et je comprends votre réaction. Je l'attendais même, et quelque part je suis rassuré de voir qu'il y a des gens pas forcément bas-du-front pour aimer le rap. D'ailleurs vos remarques sont tout à fait fondées et justes.

      Vous aimez le rap, tant mieux pour vous. Moi personnellement hormis un cercle très restreint de productions, je le hais viscéralement. Je n'aime pas ses beats en règle générale, ses instrus peuvent avoir du cachet mais c'est si rare. De plus je déteste les sonorités de la langue française et la culture littéraire française, rien à y faire malgré tous mes efforts. C'est un genre qui porte une certaine lourdeur, la même présente dans une frange étendue du metal, empêchant le sentiment de « décollage, d’agressivité célère et le dégagement haineux de stress » que je recherche la plupart du temps dans la musique. Il y a aussi très souvent le fond qui me rebute, puisque le plus souvent une partie des paroles est porteuse d'un message que je ne cautionne pas. Ayant tendance à juger par album, une petite phrase sur la piété ou trop conciliante avec les criminels -par exemple-, peut faire basculer tout l'album dans le camp des « contre-révolutionnaires », porteurs de valeurs contraires aux miennes.

      (suite à la suite)

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    2. Certes, il y a des exceptions (les merdes francophones pullulent mais il n'y a pas qu'elles), cependant je ne suis pas incliné à aller les chercher et je me contente, il est vrai, de ce que les médias 'mainstreams' diffusent, y jetant un œil parfois au hasard, ou parce que je ne peux pas y échapper.
      Il faut aussi que j'ajoute que le rap est la musique avec laquelle se gargarisaient les personnes m'ayant plusieurs fois passé à tabac dans ma jeunesse. Certes ils n'écoutaient pas Oxmo Puccino (ou remplacez par votre meilleur artiste que je ne connais pas), et ils ne comprenaient pas la moitié de ce qu'ils écoutaient, mais ça bloque toujours un peu ce genre de choses.

      Écrire un blog pour certains c'est pouvoir 'dire' ce que l'on ne peut pas dans la vie réelle, sous peine de n'intéresser personne, d'être taxé d'intolérant au bout de 2 secondes, ou de se heurter à un plus gros braillard que soi. Les trois mélangés en général.
      C'est une dimension essentielle de l'écriture de chronique : la mauvaise foi et le parti-pris règnent.
      Si vous avez lu un peu le reste du blog, vous avez sans doute entrevu mes réels goûts musicaux, bien loin du rap. Grand amateur de punk, et surtout de punk allemand, style qui place la provocation parmi ses valeurs phares, c'est donc tout naturellement que je me suis amusé sur cet article à choquer les amateurs de hip-hop.
      On passe pour un con, mais c'est assez drôle tout de même.
      Il semble que j'ai réussi cet aspect-là au-delà de mes espérances.

      (suite à la suite)

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    3. De plus, il est de bon ton dans la sphère publique de ne dénigrer aucun genre musical, tous se valant in fine, puisqu'étant tous des expressions artistiques. C'est un bonne approche, en même temps une approche hypocrite à mon sens. Aimez-vous tous les styles de musique possibles et imaginables, sincèrement ? Peu sur cette planète y parviennent et si vous êtes faites partie des heureux élus, vous êtes des plus chanceux. Pour ma part, j'essaye de gérer ma part d'intolérance. Et vous avez lu, un des ces articles « défouloirs » où je ne le fais pas.

      Par ailleurs enfin, pourriez-vous me libérer de ma tourmente, en me donnant quelques noms d'albums que vous jugez bon, histoire de faire ma culture ?

      NB : pour votre paragraphe sur l'apologie enfin. Je suis contre la violence lorsqu'elle est inutile et toute forme de sexisme (machisme ou machoféminisme). On accuse ces rappeurs d'être les deux. Bien sûr que c'est mal d'être ultra-violent et machiste, il n'y a pas lieu d'en discuter.
      Par contre on les accuse de liens avec l'extrême droite, et c'est uniquement sur ce point-là que leurs punchlines sont bien senties. La syntaxe de mes phrases est parfois un peu hétérodoxe, vu que j'ai des vieux germanismes dans ma façon de m'exprimer, mais c'était ce que je voulais dire, dans cette phrase là.

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  10. Il est tout naturel de prendre du temps lorsque l'on décide de répondre à un texte relativement conséquent. Puis j'apprécie les joutes verbales. De plus, je ne vois comment on peut gaspiller de son temps du moment que l'on apprécie ce que l'on fait...bref.En effet on ne peut pas apprécier toute musique, quoi que le rejet en bloc d'un genre (qui est à mon sens extrêmement vaste) est un peu grotesque. On peut ne pas aimer un rappeur, un album, mais de là à détester un genre, c'est assez incohérent objectivement parlant. Après il est vrai qu'il faut prendre en considération les démons du passé qui bien souvent ne nous permettent pas d'être objectif. Cependant je me bats chaque jour contre eux pour apporter quelque chose de constructif et non simplement subjectif. Je n'aime pas spécialement le rap, je sais reconnaitre la recherche artistique dans n'importe quel genre musical quand elle me saute aux oreilles. Puis se cantonner à un seul genre est d'une profonde tristesse (selon moi) quand la sphère musicale apporte tant de diversité. J'apprécie énormément le punk au même titre, qui est surement le genre musical le plus proche du rap sur bien des aspects. Puis j'ai été bercé par les Bérus, les rats, les garçons bouchers,...ce qui laisse de fortes traces affectives. Ne maîtrisant que trop peu l'allemand, je suis un néophyte dans le punk allemand...surtout que le rap et le punk sont des chansons ou la partie texte est extrêmement important, car ce sont avant tout des musiques naissant d'un cri, donc je considère qu'il faut maîtriser un tantinet la langue avant d'apprécier à sa juste valeur la culture du pays visé).
    A la question rhétorique "Aimez-vous tous les styles de musique possibles et imaginables, sincèrement", je vous répondrai que oui sans aucune difficulté(même si je pense bien que je suis encore loin de connaître l'intégralité des styles musicaux)...car comme dit au dessus, un style de musique est si divers et varié que le détester serait affirmer que j'en connaisse les moindres recoins, ce qui n'est pas le cas. C'est tellement vaste que je suis persuadé qu'on peut trouver son bonheur dans n'importe quel style si tant est que l'on soit un peu ouvert d'esprit et que l'on y mette de la bonne volonté. Puis ça coule tellement de source que je suis bien plus facilement outré que l'on pense autrement car c'est juste logique comme façon de penser ?! Nan ?
    Je peux aussi bien apprécier une symphonie baroque, un mix d'electro hard, un freestyle de rap, un riff de guitare, un cri indicible,une timbale africaine,...selon le contexte, l'envie du moment, etc.
    Savez vous que "détester les sonorités de la langue française et la culture littéraire française" est absurde (dans son sens initial). Bien des sonorités françaises viennent du latin, du grec, de l'anglais,...donc détester l'intégralité des sonorités française reviendrait à dire détester au même titre les sonorités slaves, latines, nordiques,...ceci est très réducteur. Puis chapeau bas, car la culture littéraire française à près de 1000 ans et je pense qu'en 1000 années il y en a eu des choses, des changements, de la diversité, etc. Une fois de plus je trouve cela aberrant de rejeter en bloc quelque chose de si vaste et donc si inconnu...se nourrir de stéréotypes n'est pas spécialement la meilleure façon de construire une pensée cohérente et non limitée. Mais bon, au moins vous reconnaissez être biaisé par votre intolérance, ce qui est déjà pas mal dans une société ou l'aveugle règne en maître.

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  11. Un point encore ou je ne suis pas d'accord avec vous (oui ça commence à en faire pas mal) "C'est une dimension essentielle de l'écriture de chronique : la mauvaise foi et le parti-pris règnent. Je ne pense vraiment pas que ceci est gravé dans la roche...c'est certes la solution de facilité, mais pas une fatalité. On peut tout à fait écrire des chroniques sans cette dimension "essentielle" qui donc ne l'est pas tant que ça. Mais il est dans l'air du temps un mode de l'avis tranché, extrême, anti conventionnel par PRINCIPE qui me dérange dans la mesure ou bien souvent un extrême (comme son étymologie le confirme) n'est pas raisonné mais seulement nourrit d'affect...s'il y a bien une chose que l'histoire nous a prouvé c'est que l'affect ne permet pas de développer des relations saines alors que le raisonnement si.
    Mais bon je digresse, je digresse. Pour en revenir à la musique, et plus particulièrement le rap qui est la thématique centrale de cet article. Vive la vie de Fuzati (klub des loosers) est un album vraiment intéressant au niveau des paroles, déjà bien moins au niveau de la musicalité. Sinon Keny Arkana qui sur l'intégralité de ses albums reste fidèle à ses revendications altermondialiste et prône un humanisme universel (utopique certes mais plus agréable à écouter que le verbiage myso, raciste, homophobe,...du rap grand public diffusé sur les ondes).
    Voila je vais arrêter mon verbiage ici, et désolé si certaines phrases peuvent sonner comme condescendantes, moralisantes,...là n'est vraiment pas mon but ! J'ai arrêté de croire il y a fort longtemps que je serais le prochain moise, et je me contente de partager, échanger des avis, de la culture avec qui veut bien. Je m'acharne un peu sur vos propos car je pense que vous avez une réelle capacité de réflexion qui me plaît bien au final. Puis personne n'est parfait, et je parle en connaissance de cause. ça serait bien trop triste et ennuyeux en même temps. En tout cas vous avez de la rhétorique et donc c'est avec plaisir que je "gaspille" de mon temps sur votre blog. J'irais voir vos autres articles maintenant que vous avez éveillé ma curiosité.
    NB : Je vous recommande un artiste français que j'ai découvert il y a peu (rien à voir avec le rap pour le coup) qui selon moi est aux confins du génie et du vomis...la 1er impression est la cacophonie (car l'oreille n'a pas forcément l'habitude d'être sollicité autant pour bien des gens) puis à force d'écoute, cela devient un met auditif assez jouissif je dois l'avouer.
    l'artiste se nomme IGORRR et son dernier album Hallelujah.
    Dans l'attente de vous lire et de partager vos connaissances en terme de punk allemand qui pourquoi pas me permettrons peut-être de développer un autre attrait pour la langue allemande me forçant à l'apprendre un peu plus rigoureusement.
    Bien à vous.
    Vraiment désolé des messages à rallonges, je suis assez prolixe et c'est là un bien gros défaut.

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    1. Ah ah, j'attendais, je l'avoue, votre réponse !
      Outre le fait que vous aimez discuter, parfois vous raccrochant trop aux mots, il est évident que vous aimez la Musique, ce qui n'est pas mon cas puisque je n'aime que « ma » musique.
      C'est là une différence de taille. Je suis incapable de me projeter dans des styles trop éloignés de la matrice rock, sauf bien sûr exceptions car exceptions il y a.
      Je vous invite à chercher sur Metalsucks.net (excellent webzine américain) les allusions au « rockisme » dont je suis un pur produit. Les goûts musicaux levant d'autres fascinantes questions vis-à-vis du Soi, de sa construction mais aussi de la Culture.
      Questions auxquelles votre serviteur, serait bien incapable, d'apporter plus qu'une esquisse de réponse structurée et cohérente.

      Concernant la langue et la culture française, je serais par contre une fois de plus obtus.
      J'ai conscience de ce que je dis quand je dis que je rejette la culture française dans son ensemble, là aussi hors exceptions.
      Certes la langue française est un mélange de diverses influences. Mais elle possède des traits qui lui sont propres et que je n'apprécie globalement pas (peut-être parce que je l'utilise au quotidien), préférant celles des autres. Je me suis rendu compte à quel point la langue et les sous-entendus conférés aux mots modifient la perception du monde, à force de fréquenter des non-francophones. Singulier pays que la France, différente des autres nations européennes, certes plus plan-plan et moins créatives au niveau culturel, mais tellement plus «naturelles» ou « simples » et avec beaucoup moins d'ambitions universelles.


      C'est en partie ce qui m'a amené à me plonger dans le punk allemand lors de mes jeunes années puisque celui était proche de mes « racines » et loin du bain culturel français que l'on m'imposait alors en cours. Tout en portant des valeurs progressives, allant grosso modo contre l'ensemble des valeurs de mes camarades (ma génération portant en son sein peut-être plus de réacs que les autres nées après la guerre).
      Il est intéressant de noter que l'approche des Allemands en matière de punk est plus crue et plus proche du modèle britannique, l'original, que celle des Français. Je les ai toujours trouvé plus rock que punk, avec des textes plus simples, à cause notamment de la force des langues germaniques, permettant d'exprimer une idée simple sans besoin de fioritures pour atteindre l'efficacité.

      De plus, il y a une longue et riche histoire du punk en Allemagne, qui peut expliquer son ancrage local (opposition au nazisme, influence anglo-américaine surtout des soldats stationnés, positionnement farouchement pro-atlantiste face à la RDA, décrédit de la culture nationale ancienne contrairement à la France), mais surtout il y avait beaucoup, beaucoup plus de groupes allemands que de groupes français. Les Allemands sont très portés sur le rock, bien plus que les Français, et les opportunités pour un groupe de se produire plus nombreuses.
      Les Français se sont coupés relativement vite du magma britannique et l'ont peu imité, créant en réalité le son indé après une phase punk. Il y a toujours des exceptions là encore.
      Mais à mon sens, ceux qui ont tué le punk, du moins musicalement, en France sont bien les Bérus au travers une attitude trop noire, un manque de fun patent, et surtout une technicité trop faible. Les Bérus ont initié la mode alterno, allant piocher à droite et à gauche, diluant ce qui musicalement faisait le punk rock, pour ne garder qu'un esprit contestataire et libertaire. C'est cool, c'est chouette, mais c'est surtout la musique qui m'attire, l'attitude ne faisant que pencher la balance à la fin.

      Ainsi Jean Ferra a beau être un anarchiste, sa musique ne m'intéresse pas franchement... alors que les textes de Blink 182 sont clairement con-cons, mais le son en lui-même permet de passer outre.

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    2. C'est au niveau de l'esprit qu'effectivement rap et punk se rapprochent le plus. Cependant tout comme le punk a été mis en danger par la mouvance Oi!, l'esprit du rap actuel mainstream est clairement "déformé" comparé à celui plus festif des pionniers afro-américains. Le rap français grand public n'est lui aussi que rarement fun et se contente de se plaindre le plus clair du temps. Attitude déjà présente dans les punks anglais et allemands des années 80 qui ont mené la scène à presque mourir, avant le renouveau US du pop-punk. Le rap est devenu plus conservateur, même si celà n'exclut pas la révolte contre le système, et celà fait de l'ombre aux exceptions, par exemple les Svinkels qui doivent être un des rares groupes du registre à traîner dans mes playlists. A ce titre vous citez des groupes, collectifs ou personnalités qui se détachent de cette image, heureusement qu'ils existent, mais ils n'auront jamais le même impact que les bouses commerciales. Toujours la même histoire peu ou prou.

      Vous allez me dire que j'utilise encore beaucoup de clichés et de stéréotypes. Effectivement, ceux-ci permettant de structurer l'imaginaire et le représentatif de l'individu. C'est une première étape, celle de la facilité, qui nous recadre dans un monde où chaque chose est unique et donc inappréhendable rapidement. Il faut savoir les dépasser, certes, mais ils sont rarement complétement infondés et aident à établir le plus souvent une communication concise, voire une communauté de jugements. Le revers de la médaille étant la stigmatisation et la catégorisation outrancière.

      Enfin à titre de conclusion je dirais que j''ai beaucoup parlé de moi, mais je ne connais pas grand-chose de vous. Et je me demande toujours quelle a été la vie de mon interlocuteur pourqu'il en vienne à dire ce qu'il dit.
      Et vous êtes bien plus professoral que condescendant, ne vous en faîtes pas.

      NB : cela prendra du temps je pense mais je me pencherais sur les artistes cités dans votre réponse, hormis peut-être Keny Arkana que je connais déjà superficiellement et dont je n'ai pas trop apprécié le timbre de voix, même si ses idées sont bien mieux effectivement que celles associées généralement par le grand public au rap.

      NB2 : Pour les chroniques, vous n'avez pas tout à fait tort non plus. Cependant je les préfère comme cela le plus clair du temps, car justement basées sur l'affect et pleines de subjectivité.

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  12. Rap de geek? : http://www.youtube.com/watch?v=KMcf2-Ld1yg&list=TLReF-8VX5982h4LvdoTGGfcJ7UtZiUQEl

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