mercredi 14 novembre 2012

NO GODS, NO MANAGERS - CHOKING VICTIM

(1999)


  Aussi connu que soit 'No gods, no managers' il y a peu de critiques francophones à son sujet. Étonnant. Et pourtant c'est un de ces disques d'une intensité rare que les Internets aiment bien  mettre en avant pour faire trop genre on est in.

  Le bon côté avec Choking Victim, c'est que leur discographie n'est pas très étoffée, et que cette galette est à peu près son seul centre d'intérêt. Fondé par des New-Yorkais "qui ont des problèmes", le groupe joue une musique assez improbable et difficilement descriptible, qui ne peut pas laisser de marbre.

  Musicalement c'est un fourre-tout assez éclectique mais diablement efficace. Il s'agit d'un ska punk qui sent le bon le déclin de la civilisation, mixé avec des musiques latines ou afro-américaines. Le tout recouvert d'une bonne grosse dose de drogue. Ainsi, les rythmes et les gimmicks qui nous cassent si bien les couilles avec les artistes mainstreams de la Caraïbe ou de la Grosse Pomme sont détournés dans une vision plutôt cauchemardesque. Et qui correspond mieux à la vie menée dans les ghettos urbains que ce que le hip-hop laisse penser. Le punk purulent et dégueulasse vient se mêler à tout çà et rendre le tout plus puissant, plus désespéré. On pourra de plus trouver disséminées sur l'album des interventions, des speechs gauchistes, dont je vous laisserais seuls juges du propos.

  La basse est très dansante, groovy et la guitare très saturée, très destroy quand elle n'offre pas une base ska (et encore...). De même la batterie, avec un son assez particulier est bien utilisée et donne un touche bien déglinguée au tout. Le chant est sale, très sale, mais conserve une mélodicité des plus accrocheuses malgré tout en parfaite adéquation avec le reste. Bref, un mélange des plus détonants mis au service de compos pas franchement linéaires. Dissonant et dansant.

  Niveau lyrics, c'est une œuvre d'une noirceur assez affolante, surtout quand on sait que les mecs ont tendance à parler de ce qu'ils vivent et à vivre ce dont ils parlent. L'anti-capitalisme, la critique du système américain des si glorieuses années Clinton, mais aussi bien évidemment la drogue (surtout le crack) et les squatts, et la mort voilà le programme. Le moins que l'on puisse dire c'est que les paroles illustrent bien le son. La religion chrétienne, enfin surtout ses dérives US, en prend également plein la gueule et les références sataniques, à ne pas prendre à la lettre -on est pas chez Dimmu Borgir tout de même hein-, sont assez présentes. Mais personnellement je trouve que le côté anar est bien moins marquant, même si le propos est radical, que l'emprise que la came semble avoir sur les 13 pistes de l'album. Limite ils l'ont enregistré une pipe à crack dans les mains. Et ça c'est le plus déroutant, voire dérangeant.

  Les New Yorkais ont su se démarquer de l'ennuyeuse et redondante scène punk de la Côte Est et offrir un unique album qui se détache de plus ou moins tout ce qu'on a pu entendre avant. Mais la principale force de cette musique est sa noirceur malsaine savamment distillée au travers d'influences variées et tirant bien souvent sur les sons dansants des scènes ska et latino ou même hip-hop.
Ou dit de façon moins classe, si vous avez toujours rêvé en secret que Blink 182 finisse comme putes à crack enculées par Satan.




Le mieux du pire :
- 'Five fingers discount'
- 'In my grave'
- 'Fucked reality'
- '500 channels'
- 'Hate yer State'
- le reste est quand même pas mal non plus !

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