samedi 10 novembre 2012

ENTSCHULDIGUNG FUER NICHTS - BETONTOD

(2012)

 

   Aujourd'hui c'est samedi et il pleut. C'est donc le moment de lire un super article sur un super groupe. Plusieurs fois sur ce blog -ici et ici- vous avez pu entrevoir le nom de Betontod. Enfin peut-être, j'en sais rien en fait. Vous êtes mieux informé que moi sur le sujet.
Betontod c'est comme ton grand amour du collège, tu y repenses souvent mais t'oses pas trop prendre des nouvelles tellement le résultat est incertain. Ainsi en 2006, leur album était génial de bout en bout, en 2010 plutôt décevant, alors qu'en 2011 c'était beaucoup mieux, presqu'au niveau de 2006 pour dire. Et en 2012, année où tous les groupes du Merkelreich se sont donné le mot pour sortir tant de tueries que je ne sais plus où donner de la tête, comment est-ce ?

   Autant le dire le résultat est pas mal du tout, mais bien moins catchy que 'Antirockstars' et 'Schwarzes Blut'. Les Westphaliens continuent donc dans la même logique depuis 2006, à savoir tschüss le deutschpunk pur jus, hallo le rock dur à la Frei.Wild, Broilers (eurgh) et compagnie.
C'est donc bel et bien un album de rock mainstream que l'on a entre les mains et c'est en tant que tel qu'il faut le considérer.

  Sur les 13 pistes on a ainsi son lot de moments rapides et passablement énervés mais aussi des ballades posées avec guitare acoustique, et même une chanson tirant sur le pop metal avec 'In Sekunden' (j'ai pas trouvé mieux pour la décrire). Le titre éponyme, 'Entschuldigung für nichts', présente également un espèce de ska, assez indigeste, partiellement rattrapé par un refrain rock plus efficace. Bref, le groupe tâtonne et cherche ses limites.
Mais le plus gros se concentre sur le fameux rock explosif allemand tout droit hérité des Böhse Onkelz, même si plus teinté punk ici que chez d'autres groupes. Ce style 'fusion', est particulièrement efficace quand il est pleinement utilisé. Les pistes guitares secondaires sont intelligemment employées et le côté maidenesque parfois, vient judicieusement compléter la rythmique bien punk en général. De même, on peut louer le batteur qui arrive à jouer du D-beat sur des morceaux sentimentaux et grand public. Respect.

  La voix de Meister, toujours aussi rauque et grosse, a été cette fois-ci mise un peu plus en retrait que sur les précédents opus, laissant ainsi un peu plus d'espace aux instruments mais aussi aux chœurs, ce qui est une bonne chose selon moi.
De même, les effets sonores tels que l'ajout de piano et de sons plus éléctros sont utilisés avec parcimonie, étoffant agréablement la production. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il s'agit du 'Days go by' de Betontod mais on en est pas loin.

  Au niveau des textes on retrouve les trois grands thèmes du groupe : l'amour, l'intégrité et  les convictions, que l'on devine ici plutôt anarchisante ou du moins de gauche. A l'image de l'immense majorité des groupes de rock, les textes sont désabusés mais empreints d'émotivité et parfois même un peu gnangnan sur les bords (sur 'Halt mich').
Les Westphaliens ne changent donc pas leur fusil d'épaule et restent dans l'optique de leurs productions précédentes.
Enfin, l'inévitable chanson à boire est également présente avec 'Hömmasammawommanomma'.
Cette piste, pas terrible,  et quelques moments pas très heureux, révèlent que le groupe n'a pas toujours complétement coupé les ponts avec les rythmiques allemandes traditionnelles. Allez savoir pourquoi, mais ils aiment vraiment ça là-bas...

  Au final, en cette année 6 de l'ère post-Onkelz, beaucoup de formations se battent pour le trône vacant, alignant toutes un rock pêchu un tantinet marketé qui a bien intégré et digéré les leçons des Américains, mais aucune ne s'impose véritablement. Betontod occupe une place très haute dans l'ordre de succession, mais leur passé de punks pourrait bien les désservir pour la conquête du grand public. Mais pas auprès de ceux qui les suivent depuis longtemps et ont accepté leur virage mainstream (quoi qu'ils en disent).




Recommandé :
-Weltverbesserer
-Alles
-Gute Reise
-Virus
- pour les plus mélos d'entre vous, 'Himmel' et 'Dagegenstehen'.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Articles aléatoires

Blogger