dimanche 9 septembre 2012

TOKYO ASSAULT - RISE OF THE NORTH STAR / GEGEN.KULT - EMPOWERMENT

   Le punk hardcore, ou hardcore tout simplement (à ne pas confondre avec son homonyme éléctronique), c'est pas trop ma tasse de thé à l'ordinaire. Certains s'y retrouvent complétement, mais moi ça me laisse toujours un peu perplexe... Ça gesticule beaucoup et çà se veut tellement méchant, qu'au final on tourne un peu en rond et que toute cette violence auditive ne sert plus à grand-chose. Pour paraphraser une de mes connaissances : ' c'est au rock ce que le son des weshs est au hip-hop'. 
Cependant il faut reconnaître que certains groupes, new-yorkais surtout , n'ont un son pas trop rebutant. En Europe on essaye toujours de faire comme les Ricains mais 50 ans après et souvent on s'y prend comme des manches. Il se trouve que je suis tombé sur deux productions européennes le mois dernier. Une tout pourrie et une beaucoup mieux. On va donc inaugurer l'article groupé aujourd'hui.

Tokyo Assault de Rise of the North star (France)

 (2011)


  Depuis un bon moment ce nom revient régulièrement sur le Net. Je devais de m'y mettre un beau jour. Le choc a été violent, mais pas dans le sens où 'Fury-o' et ses copains l'entendaient.

  Cinq pistes c'est court pour juger la qualité d'un groupe. Mais parfois ça suffit. On a le droit ici à quelque chose qui aurait pu défoncer du bonnet mais qui se rétame comme une bonne grosse merde. Et pourtant il y a du potentiel, c'est dommage !
Les compos n'inventent rien malheureusement, j'ai l'impression d'écouter du sous-Madball tournant paresseusement en rond. En soi ce n'est pas très grave, mais les breakdowns et les chœurs sur ce skeud sont juste dégueulasses, abominables et malheureusement présents sur chaque putain de morceau. Et c'est bien à eux qu'on juge un groupe de hardcore. C'est bien simple, en général on a droit à une suite de notes simples et isolées sensées faire peur mais rien à faire toute impression de puissance ou de haine est remplacée par une couche de son mal faite ô combien ridicule. Pour aggraver leur cas la production est super cliché et celà n'amène aucune plus-value aux morceaux. Mais vraiment rien. Prévisible au possible. Les solis ne sont pas mauvais isolément, mais sont souvent trop décalés par rapport à la musique sous-jacente. Trop softs, trop métalliques, ils ne collent pas avec le reste. Ils manquent de méchanceté, de hargne. De même les compos sont décousues au point que çà en devienne vite chiant. Dans ma région on a un groupe minable qui s'y croit, j'ai juste l'impression de les écouter...

  Ensuite passons le propos abymesque des paroles à peine intelligibles. Furyo, qui se rêve des airs de bad boy ultime cumulant New-York Hardcore et East Coast Rap, a juste une voix de merde trop présente et assez mal mixée. Il se la joue trop gangsta, vraiment. Klik Klik Klok, oui, oui, c'est bien. Il hurle, il tente de faire son vilain teneur de pavés mais rien n'y fait, il pue toujours du cul. Le pire étant sans doute son accent français (putain çà fait pas bad boy, vous devriez le savoir, learn some english properly !) et quand il nous sort des pseudos phrases en japonais. Mon Dieu...
J'ai rien contre lui, mais on dirait juste un caniche après une après-midi de Club Dorothée qui s'excite sur la banquette de mémé, mec arrête d'être pathétique s'il te plaît.

  Visuellement enfin le groupe est une catastrophe. Quand vont-ils imprimer que les fringues ne font pas tout ? Et qu'est-ce que c'est que ces références nipponnes sans arrêt ? C'est un truc bien français de croire que le Japon c'est trop de la boulette. Dans un autre registre, Gojira ont eux aussi tendu dans cette direction durant leurs premières années... Pour mémoire, le Japon est un putain de pays de fachos révisionnistes pédophiles anti-écolos et qui marchent sur la tête (tous les clichés ont été faits là je pense). Pas trop l'anarchie hein ?


  Au final, une bonne grosse daube à oublier.  Il faudrait que les zikos de ce pays arrêtent de se branler sur les mangas et Wall of Jericho en même temps, çà fait pas de beaux rejetons.
Tu aimes Shaka Ponk ? Voilà sa version trop méchante de la mort qui tue avec un nom issu de Ken le Survivant - youhou la grande classe ! -. Détruisons toute la pub autour de ces bouffons, camarades, pour que le nom de hardcore reste respectable. Et j'éxagère à peine.





Quelque chose à sauver du naufrage ? Nan, que dalle.


                                                                              ***
Passons chers lecteurs, au second groupe.

                                                                              *** 

Gegen-Kult d'Empowerment (Allemagne)

(2012)


  Là aussi, c'est bien Internet qui m'a amené ce groupe. Tout simplement parce qu'ils sont présents sur  l'excellente plateforme qu'est blogger (n'est-il pas ?) sous le doux nom de deutschpunk.
C'est donc d'un œil goguenard que j'ai regardé leur production mais j'ai beaucoup accroché à certains de leurs morceaux. Pas tous mais beaucoup.

  Ici encore, la musique n'est pas différente de celle des précurseurs new-yorkais. Le groupe ne s'en cache pas, dixit son 'New York umsonst nix !', et a bien intégré les leçons d'Outre-Atlantique. Les éléments classiques du genre sont très bien exploités et vous donneront quelques vers d'oreilles. Solis, lignes mélodiques,  et breakdowns sont  tous ici bien menés. Les solis de guitare s'éloignent raisonnablement de la ligne principale (notamment sur 'Nicht mein Gott' ou sur 'Stuttgart Asozial') et ce de façon très judicieuse. Bref, le son est massif, brutal, fat et taillé pour le mosh.

  C'est méchant oh oui ! Ça a la haine, oh putain que oui ! 10 (sur 12) pistes de haine nous sont étalées ici avec brio. Le propos est le même que celui de Sick of it all et autres : haine de l'autre (parfois bien mystérieux), de l'autorité, de Dieu, fierté d'être bête et méchant et surtout solidarité et fidélité sans faille à leur ville, en l'occurrence Stuttgart. Les textes à la première personne sont très noirs et brutaux, hardcores dans le vrai sens du terme et sans aucun compromis avec la société et ces mystérieux autres. Connaissant de réputation la ville et les attaques directes contre "l'assimilation" je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il s'agisse de Turcs bien islamisés ou de chrétiens évangéliques sponsorisants la CSU. Ou alors c'est juste moi qui deviens parano.


  Le texte est quasiment en allemand intégral, hormis quelques incartades en anglais ou en hongrois sur 'Szerelem testverem', étrange piste mélancolique. Et franchement c'est LA langue que tout groupe de hardcore devrait employer. Brutale, rocailleuse, dégueulasse, sans trace de joie ou d'amour. Hardcore. C'est le premier groupe que je connaisse qui associe ainsi la langue allemande et le son américain, les autres se contentant de faire des albums en anglais, pour se distancier davantage de la  culture "normale" et du nazisme sans doute. Mais ils passent à côté d'une bonne dose d'agressivité en plus. Pour les germanophobes primaires, pas de soucis, çà passera quand même je pense, vous n'êtes pas venus pour des ritournelles de variétoche, hein ?


  Au final, c'est un excellent album de hardcore prenant le meilleur du son US et le transposant sur le Vieux Continent. Ils ne seront jamais connus, dommage : ils bottent le cul à bon nombre de gros hardcoreux du dimanche.



La maison conseille :
-'90er'
-'Stuttgart Asozial'
-'Konflikt'
-'Gegen.Kult' qui flirte dangereusement avec le métal.
-'Blanker Hass'


                                                                              ***

Voilà vous avez lu une vraie chronique comme les Internets aiment en faire, j'espère que vous me pardonnerez !

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