jeudi 6 septembre 2012

THE SPAGHETTI INCIDENT ? - GUNS'N'ROSES

(1993)

  C'est quand on se souvient de trucs que la télé ne répète pas et que les gosses ne connaissent pas qu'on se dit qu'on devient un vieux tout doucement. Pas très agréable comme sensation. Vous savez, on se foutait bien de la gueule de ce vieux paumé resté bloqué dans les seventies. Ah, lui, c'était un putain de bouffon pour sûr. Mouais, sauf qu'en fait notre univers mental, hé ben, il est lui aussi sclérosé, il n'évolue plus depuis les années 90 mes chers "jeunes" nés avant 1989...

  Chaque fois que j'écoute les Guns, c'est pareil. Ça pue tellement la fin des années 80, le tout début des années 90 que je ne sais même pas si je les aime ou je les déteste. Sans doute les deux en même temps.
On aime les détester car oui, ils sont ridicules. Oui, ils incarnent le sommet de l'iceberg du pire du rock à moumoute des eighties et surtout ce sont des grosses putes commerciales. Et pour couronner le tout, leur nom et leurs fringues puent la merde.
Mais c'est difficile de ne pas les aimer. Car ils sont excellents dans leur genre, ce rock'n'roll pour bad boy de teenage movie estampillé "white trash of the year 1988". Ils sont excellents car ils vivaient à fond leur connerie et qu'ils s'étaient chopés le melon sérieux. Ils sont excellents techniquement. Ils ont défini, pour moi et beaucoup, quand on était gamin ce qu'était un groupe de rock. Pas comme ce vieux sac de Cobain. Nan, un vrai groupe, qui tourne partout dans des stades bondés, se la pète, gagne plein de thunes et la claque aussitôt en came ou en chemises pourries (voire en grosses Nike dans le cas d'Axl Rose).

  Les années 90 c'était aussi la fin de l'histoire, les kids. Les vilains cocos s'étaient rétamé la gueule tout seuls comme des grands, les islamistes fermaient encore la leur dans leurs pays daubés, la misère du monde restait à l'autre bout de la planète, la fin du millénaire était là, on pouvait faire un bilan de 1000 années de n'importe quoi. On avait déjà fait tellement (un mec sur la Lune, plus d'Indiens, la bombe nucléaire, la fin des conservateurs de merde qu'on se disait), qu'est-ce qu'il restait à inventer ? Aujourd'hui on me dirait Facebook et l'iPad.Génial...
Bref, pendant les années 90 est apparu le paradigme actuel du "je peux plus rien faire de neuf, alors je mélange du vieux". Et ça a touché beaucoup de monde, enfin surtout les bons gars, genre Metallica et consorts. L'album de reprises, une des plus grosses arnaques des majors et des groupes fainéants, en est un des symptômes. La reprise, c'est comme le reste : point trop n'en faut.

  Tout ceci pour introduire un album qui ne contient que 13 petites pistes par ce qui fut un jour, pour la planète Terre, la plus grosse machine du rock, LE groupe ultime. Les Guns reprennent  ici essentiellement des chansons de formations anglo-saxonnes connues et reconnues, mais pas de premier plan. Damned, T.Rex, Misfits, the Stooges. On imagine aisément que c'est avec cette musique là qu'ils se sont gavés étant jeunes. Des titres des années 70 ou des années 60 majoritairement punk/garage/ rock pour bad boy mais pas que.

  Le spectre est  donc large, mais tout est passé à la moulinette Guns. Les guitares sont omniprésentes et promptes au petit solo qui se fait plaisir,  à la Slash. La voix de Rose quant à elle dégouline et couine toujours autant. On retrouve une assez grande variété d'ambiance entre les ballades ( 'Look at your game, girl', 'You can't put your arms around a memory') et les titres les plus punkers comme 'I don't care about you' juste jouissif, en passant par une magnifique première piste bien cheesy 'Since I don't have you'. Mais les titres les plus percutants restent encore ceux marqués par le sceau du hard rock comme 'Ain't it fun', 'Black leather', 'New rose' ou le très sauvage 'Raw Power' dont Iggy ne devrait pas s'offusquer. Un condensé de ce que le mot "hard-rock" signifiait à l'époque où tous les genres étaient encore super perméables. Punk, heavy metal, rock qu'est-ce qu'on s'en foutait...

   Mon petit Internet, tu ne sais plus quoi pomper sur Rapidshare ?
 Pourtant il y a du choix entre le dernier album de rap de blanc underground, le dernier groupe anarchiste biélorusse, ou la pop star merdique surfaite du moment produite par Jay-Z (on a rien fait de neuf depuis les années 80 sérieux... toujours les mêmes conneries). Tu peux même te prendre l'intégrale des versets du Coran et les hadiths en bonus, si ça te botte (lol excuse moi). A moins que tu sois plutôt du genre Opus Dei, crucifix et nostalgie du franquisme ? Quoi ça ne te plaît toujours pas ?

Alors fait comme moi. Prends ta vieille chaîne Hi-Fi, branche là à de vraies enceintes ou mets ce skeud dans ta caisse à défaut et écoute juste le son, sans te prendre la tête pour savoir si c'est bon ou pas. Écoute le temps où on avait pas tous ces problèmes de merde, où le Bien avait gagné et où on devait tous vivre notre vie pépère. Pense ensuite à ce vieux Axl, tout bouffi d'alcool, dans sa maison dont il n'ose plus sortir. La vie est une salope, c'est sûr, mais elle est assez bonne pour donner des moments vraiment agréables. Dans la tête du type moyen le rock comme celà est bel et bien mort et ce pour toujours. La faute au grunge si tu veux mon avis, à une certaine chaîne de télé, et à ce connard de Kurt. Reste quand même quelques traces de ce qui se faisait quand le rock n'était pas que dépression et satanisme.



A écouter :
comme dit plus haut, je conseille :
- 'Since I don't have you' vraiment
- 'Raw power', 'New rose', 'I don't care about you', 'Black leather'
-'Ain't it fun' si tu dois n'en écouter qu'une, c'est celle-là !


NB : Et putain, cette couverture est vraiment traumatisante. Des spaghettis ressemblant à des vers noyés dans du ketchup. Non mais, des spaghettis avec du ketchup !!!!!!!!

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